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Isabelle Siou
D.R.


Marie Stuart
Au Théâtre 13
Pour mettre en scène "Marie Stuart", Fabian Chappuis choisit le plus beau, le plus passionnant des textes inspirés par le destin tragique de la reine d'Écosse : celui de Friedrich Schiller.
Si la pièce débute juste après sa condamnation à mort et se termine juste avant son exécution, elle a ceci de passionnant qu'entre ces deux instants (1586-1587) c'est toute la vie de la reine d'Écosse qui est évoquée. Principalement le conflit humain, politique et religieux qui l'opposa à sa cousine Elisabeth Ire d'Angleterre. Conflit prégnant tout au long de la pièce par l'égale présence de ces deux reines que tout oppose. Plus qu'une reconstitution historique, l'œuvre de Schiller a les couleurs "d'une fable universelle qui met à nu les mécanismes du pouvoir et le conflit entre l'intime et le public", commente le metteur en scène.

Fabian Chappuis,
adaptation et mise en scène


Les répétitions ont commencé depuis peu. Sur le plateau, les comédiens tournent autour de leur personnage sous l'œil vigilant du metteur en scène. Ensemble ils cherchent, prennent peu à peu possession de l'espace et du texte, échangent des idées, proposent, se concentrent ou plaisantent. Lors de la pause, Fabian Chappuis explique qu'il a choisi pour son adaptation de s'appuyer sur une traduction très fidèle et quasi contemporaine de l'œuvre écrite en 1800. "J'avais envie de monter cette pièce, non seulement parce qu'elle est magnifique, mais aussi pour son humanité, et son actualité. Les luttes acharnées pour le pouvoir, le fanatisme religieux qui plus que jamais refait surface..." Malgré son rôle politique très limité, Marie Stuart est entrée dans la légende et a inspiré nombre d'ouvrages... Schiller fut l'un des premiers à mythifier le personnage, prenant au passage quelques libertés avec la vérité historique... "Il prend quelques libertés, oui, quand, par exemple, il fait se rencontrer les deux reines, ce qui n'est pas arrivé dans la réalité. Mais il ne dénature pas les faits, il s'appuie sur la relation épistolaire qu'elles ont entretenue pendant longtemps. Si Marie Stuart est devenue une légende c'est qu'elle en a été la première instigatrice en mettant littéralement en scène son exécution. Vêtue d'une robe rouge comme le sang, elle est morte dignement en reine martyre, construisant ainsi une vengeance post-mortem vis-à-vis d'Elisabeth. En choisissant de m'attacher à l'aspect humain, intime, j'ai privilégié les huit personnages principaux sur la bonne vingtaine existant dans la pièce. Et ce, afin d'être au plus proche de l'action dramatique." Fabian Chappuis a également pris le parti de laisser tout au long de la pièce, les huit comédiens sur le plateau, tour à tour témoins ou personnages, en retrait ou sur l'aire de jeu. Si, précise-t-il, sa mise en scène privilégie rythme et action, elle n'en dédaigne pas pour autant l'émotion.

Jean-Christophe Laurier
est Mortimer


"Mortimer n'a pas existé. Schiller l'a créé pour incarner tous ceux qui ont voulu sauver la reine d'Écosse. Converti au catholicisme, il devient complètement fanatique. Il est aussi fou de la reine, fervente catholique, qu'il veut à tout prix libérer ! Elle est pour lui une icône en laquelle peu à peu il va voir l'être de chair qu'il veut à tout prix posséder ! Je vais essayer de faire de lui un être illuminé et attachant, impulsif, mais sans qu'il devienne un ado attardé ! Ce qui est intéressant, c'est de montrer comment, insensiblement, sa folie se construit, comment sa foi devient fanatisme, comment du spirituel son esprit se laisse envahir par le charnel. Je voudrais montrer ce que son suicide a de magnifique et de pathétique à la fois !"

Marie-Céline Tuvache
est Elisabeth Ire d'Angleterre


"À ce stade des répétitions, j'ai du mal à exprimer la manière dont je vais prendre possession du personnage : une reine intelligente et 'politique', très coquette, apprêtée, qui a toujours protégé son statut, et conservé le pouvoir en se donnant cette façade de 'Reine vierge', jamais mariée. Derrière cet aspect, j'aimerais exprimer une sorte de lâcher-prise, une humanité. Ce rôle me passionne, car Schiller permet à une femme d'endosser un rôle politique, le plus souvent tenu par des hommes dans les pièces politiques de Shakespeare que j'adore. Jouer Elisabeth représente pour moi une continuité avec des rôles que j'ai tenus précédemment travestie en homme. Incarner ce personnage me donne la possibilité de m'exprimer sur le plan du pouvoir et, en tant que comédienne, ça me plaît !"

Isabelle Siou
est Marie Stuart, reine d'Écosse


"Je vois Marie Stuart comme très instinctive, excessive, rêveuse. C'était une femme très cultivée qui a grandi en France et qui adorait le faste, la lumière, la grandeur... Quelqu'un que l'on aimait ou blâmait. Elle avait avec les gens des rapports simples et francs, parlait d'égal à égal avec les hommes, mais se considérait comme le seul maître après Dieu. J'aime cette nature directe. C'est le rôle-titre, mais ce n'est pas un rôle principal. Ce qui est intéressant, c'est ce duel avec Elisabeth, la protestante. Je travaille énormément sur l'instinct, le côté félin. C'est un rôle magnifique et énorme, car on a beaucoup écrit et fantasmé sur le personnage, alors, il ne faut surtout pas penser au mythe, il faut y aller, c'est tout, et ça me fait très peur. On a tous peur, je crois !"

Benjamin Penamaria
est le comte de Leicester


"Leicester est un grand seigneur qui peut prétendre au trône par sa descendance. Il est le conseiller de la reine Elisabeth dont il a été l'amant, et à laquelle il est resté fidèle tout au long de sa vie. Mais il aime aussi Marie Stuart et va sans cesse jouer avec la politique et les sentiments, ce qui le conduit à se retrouver dans des situations embarrassantes. Au fond, c'est un lâche qui ménage ses arrières, et malgré ses sentiments sincères pour les deux reines, c'est son ambition à devenir roi un jour qui le motive. Leicester est très intelligent, réfléchit vite et possède toutes les cartes pour toujours se tirer d'affaire. J'ai l'âge du personnage, mais peut-être pas la maturité, alors je travaille dans ce sens. C'est un rôle jouissif car il est très subtil. Je suis ravi !"
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 15/03/2008

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