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Bruno Perroud


Le Roi Lion
Déjà en 1997, à Broadway, l'adaptation musicale
du quarante-troisième dessin animé des studios Disney est un succès impressionnant reposant sur une mise en scène de génie signée Julie Taymor. Mis à la sauce française avec une adaptation brillante de Stéphane Laporte, une belle troupe homogène dont Olivier Breitman, Jee-L et Jérôme Fontanet, "Le Roi Lion" d'une beauté à couper le souffle, remplit tous les soirs un théâtre Mogador rénové.
Stéphane Laporte

Le Violon sur le toit, c'est lui. Panique à bord qui vient de triompher au Vingtième Théâtre, c'est encore lui, associé à Patrick Laviosa. Tous les spectacles auxquels Stéphane Laporte collabore, pour les adapter ou les écrire, sont des succès. Toujours très souriant, il raconte que son goût de la comédie musicale est né aux États-Unis où il a fait ses études. En voyant Nine, il a juré qu'il ferait du musical son domaine de prédilection. Très vite, il se consacre pleinement à ses travaux d'adaptateur et accepte d'attendre dix ans pour en vivre.

Pour la transcription du Roi Lion, il a appliqué ses recettes et, d'abord, une liberté certaine face au texte. Sur ce sujet, il aime à répéter cet aphorisme un peu sexiste mais très parlant : "Une traduction c'est comme une femme : si elle est belle, elle n'est pas fidèle et, si elle est fidèle, elle n'est pas belle !" Les références étant nombreuses, il était essentiel, à ses yeux, qu'elles sonnent familièrement aux oreilles du public venu les entendre. "Mon travail est de faire en sorte que les spectateurs aient le sentiment de voir une œuvre écrite pour eux et non une production made in Broadway qui se baladerait de par le monde." C'est ainsi qu'il ose introduire un french cancan en lieu et place du traditionnel charleston ponctuant la fin de la comédie musicale.

Très vivante, drôle, jeune d'esprit, son adaptation est une indéniable réussite. Modeste, Stéphane Laporte dit qu'il doit ce résultat à Julie Taymor qui a su lui laisser toute latitude dans son travail. Travail, voilà bien un mot qu'il affectionne, lui qui pense maintenant à son prochain grand chantier : l'adaptation de Fame au théâtre Comédia !


Olivier Breitman

Acteur de talent, Olivier Breitman que l'on vient de voir dans Les Prédateurs sur Canal+, enrichit le rôle de Scar au point d'en faire, à égalité avec Zama Magudulela (Rafiki), le héros du Roi Lion. Venu de l'univers théâtral, il a laissé sa griffe dans des domaines très différents.

En apprenant que vous aviez ce rôle, vous avez dû rugir de plaisir ?

(Rires...) En effet, c'est un très beau cadeau pour un comédien. Jouer les méchants, c'est très jouissif. Il faut chercher à comprendre pourquoi le personnage est tel qu'il est. Certes, ici, nous sommes dans un divertissement, mais Scar prend tout de même sur lui toute la partie tragique.

Vous avez eu votre mot à dire sur le personnage ?

Julie Taymor voulait accentuer le côté shakespearien de Scar qui a le complexe de Richard III, il boite, il est laid et il veut le pouvoir. C'est aussi un traître, c'est Iago. La metteur en scène m'a encouragé à jouer sur les fêlures du personnage.

Au moment de passer le casting, vous imaginiez-vous la richesse du spectacle ?

Non, je n'avais vu que de courts extraits et ne m'attendais pas à autant d'inventivité et de finesse. En France, on n'est pas encore tout à fait habitué à ce genre de spectacle où il y a une partie musicale (forcément), mais aussi une partie théâtrale, racontant une histoire. Il ne s'agit pas uniquement de promouvoir une musique sur scène.

Si l'on compare au théâtre, le public réagit-il de façon différente ?

Le Roi Lion est une fresque populaire qui entraîne beaucoup de réactions dans le public. On rit, parfois on entend des commentaires, les gens applaudissent au milieu des scènes. Il arrive même qu'à la fin, je me fasse huer parce que je suis le méchant.

Au théâtre, quels sont vos souvenirs les plus marquants ?

Une carrière est toujours jalonnée de rôles qui marquent et qui vous font gravir une marche de plus. Parmi ceux-là, je pense à un personnage d'une pièce japonaise où j'incarnais un oiseau blessé se transformant en femme. À cette occasion, j'ai joué au Japon où j'ai eu la chance de rencontrer l'un des plus grands noms du Kabuki. Je citerai aussi Don César de Bazan dans Ruy Blas. D'évidence, Scar fera partie de ces grands moments !

Vous sentez-vous rattaché à une famille théâtrale en particulier ?

Je n'ai pas de famille attitrée, je me disperse avec fidélité ! J'ai beaucoup travaillé avec Marcel Maréchal mais aussi avec Jean-Luc Revol. Et pendant plus de vingt ans, j'ai collaboré avec Junji Fuseya, metteur en scène japonais installé à Paris, au Théâtre du Temps, j'étais son assistant, animant des stages de formation à sa technique particulière inspirée des traditions nippones, jouant dans presque tous ses spectacles, plus particulièrement des rôles féminins ("Onnagata"). C'est cette diversité que j'affectionne au plus haut point.


Jérémy Fontanet

Deux ans d'audition et une succession d'étapes au niveau du chant, de la danse, de la comédie auront été nécessaires pour que soit retenu ce jeune artiste né à Cannes, installé à Paris depuis deux ans. "Je fais de la scène depuis longtemps mais la comédie musicale, pour moi, c'est nouveau. Si l'expérience du quatuor de gospels auquel j'ai participé (avec Jee-L) auparavant m'a été très utile, il a fallu apprendre à être juste, vrai et naturel. Le rôle de Simba me va bien et me ressemble avec l'absence du père et une apparence très forte qui cache une grande sensibilité."
Tout est mis en œuvre pour une préparation optimale. Les répétitions ont commencé le 27 juillet et se sont terminées le 3 octobre 2007. Pour Jérémy Fontanet, ses dix ans d'athlétisme à haut niveau sont bien utiles pour faire face à des représentations très physiques : "Déjà, il y a la préparation, très longue, à quoi s'ajoute l'entraînement vocal... Il faut arriver au théâtre de bonne heure !"

Impressionné par la qualité de l'accueil que le public réserve, à juste titre, au spectacle, Jérémy Fontanet souhaite pouvoir continuer dans ce registre. "Je crois qu'avec des spectacles comme 'Le Roi Lion', la comédie musicale peut vraiment s'installer en France." Pour autant, il n'exclut pas de partir travailler à l'étranger. Mais pour l'heure, c'est à Mogador que les Parisiens peuvent venir l'applaudir !


Jee-L*

Après quatre ans passés avec la chorale We are one et son répertoire gospel, soul et R'n'B, la fondation du groupe Essentiel en compagnie de trois autres chanteurs et sa participation à la Star Ac, Jee-L prête sa carrure de rugbyman à Mouffassa.

Qu'est-ce qui a été le moins évident pour vous dans cette nouvelle aventure ?

Au départ je suis chanteur et surtout musicien, ma première formation étant la clarinette. J'ai envie de dire que l'approche de la comédie est ce qui m'a demandé le plus de travail, c'est d'ailleurs un domaine où l'on n'a jamais fini d'apprendre. Pendant deux mois et demi, la troupe a répété à huis clos avec de vrais moyens pour s'améliorer et se préparer. L'équipe créative de Disney nous a très bien entourés.

Avez-vous été surpris par le succès immédiat du spectacle ?

Oui, comment ne pas l'être. Maintenant, l'objectif est de durer pour qu'enfin nous puissions avoir des spectacles musicaux logés à la même enseigne qu'à Londres ou New York où ils peuvent tenir l'affiche pendant des années. Je pense que le défi à relever est de tenir le plus longtemps possible !

Quels sports pratiquez-vous ?

Je fais du basket, du footing et de la musculation. Nous avons la chance d'avoir une belle salle d'entraînement dans le bâtiment. Toutes les conditions sont réunies pour que l'on puisse se sentir bien : avec notre rythme soutenu, être en parfaite forme physique est une nécessité !

Sur le plan artistique, quel serait votre modèle ?

En terme de chant, mon modèle est anglo-saxon et, paradoxe, c'est un acteur, Will Smith, dont le parcours d'artiste polyvalent est un exemple qui me laisse... sans voix !

Combien de temps vous faut-il avant d'être prêt à monter sur scène ?

Quarante-cinq minutes pour le maquillage, quinze ou vingt, ensuite, pour l'habillement et puis, je place ce fameux masque et ce qui va avec, le câblage, la batterie et la télécommande gardée dans la paume permettant de le faire monter ou descendre en fonction de la situation.
*www.jee-l.com.
Dossier par Philippe Escalier
Paru le 10/03/2008

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