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© Terence Johns


Les trois casquettes de Gil Galliot
Auteur, comédien et metteur en scène, il dirige Mathilda May et Pascal Légitimus dans "Plus si affinités", une pièce explorant le thème de la rencontre amoureuse, qu'il cosigne avec les deux comédiens. Au théâtre du Splendid
Essayer de lui coller une étiquette sur le dos serait peine perdue ! Gil Galliot enseigne durant sept ans à l'École du passage avec Niels Arestrup, crée sa propre compagnie de théâtre de rue, joue Le Bourgeois gentilhomme, La Mouette ou Shakespeare le Défi..., monte Orwell, Kafka, Marivaux, Molière et ses propres créations... Quand ce n'est La Flûte enchantée de Mozart. Il passe d'une scène intimiste à un chapiteau de cinq mille places et s'apprête à interpréter le rôle du professeur Choron dans le prochain film d'Antoine de Caunes, en préparant la reprise de sa dernière création Ne nous quitte pas. Alors, pensez ! Les répétitions à peine commencées, l'on ressent déjà son plaisir. "Mathilda est la détentrice de l'idée : ces instants qui marquent une première rencontre. Si elle apporte l'émotion, le public va découvrir qu'elle a également un vrai talent comique ! Pascal, c'est l'une des références en matière de comédie, et moi, je suis l'artisan de cette aventure." Amoureux de cet art éphémère qu'est le théâtre, il l'est pleinement, totalement. Il aime plus que tout "mettre les mains dans le cambouis du spectacle", car "comme, disait Jean Vilar, un metteur en scène, est un régisseur. Je travaille sur la dramaturgie, mais une fois les mains dans le moteur, je dois savoir comment marche le carburateur". Proche de son équipe technique, il aime aussi travailler la lumière et le son, "tous ces outils merveilleux qui participent - on ne le dit pas assez - à faire le théâtre. Mon dada c'est l'esthétique, qui peut aussi apporter une émotion que l'on ne verrait pas, l'esthétique est trop souvent le parent pauvre de la comédie, l'un des arts les plus difficiles".

"Monter Shakespeare avec deux mecs habillés en Reservoir dogs, sur une musique de Queen en off, ce n'est ni de l'invention ni de la modernité, c'est être, comme on dit, 'tendance'"

Jouer, écrire, mettre en scène... Et Gil Galliot d'ouvrir les portes de son monde. De dire son admiration pour Strehler, Benno Besson Peter Stein, et Peter Brook. De vrais novateurs. "Ils ont inventé quelque chose qui n'est ni d'ordre classique, ni dans l'air du temps : un monde et une esthétique au service du théâtre. Monter Shakespeare avec deux mecs habillés en Reservoir dogs sur une musique de Queen en off, ce n'est ni de l'invention, ni de la modernité, c'est être comme on dit 'tendance', c'est de l'avant-gardisme académique ! Les gens n'ont pas besoin que les classiques soient joués en perfecto, pour pénétrer dans cet univers. On a vu de ces spectacles ! Je défiais le public de comprendre la pièce. La vraie modernité c'est l'invention." Le parti pris que défend Gil Galliot est donc de se mettre au service du texte. "Quand je monte un spectacle - et il n'y a aucun populisme là-dedans -, je me demande, face à quelqu'un qui viendrait pour la première fois au théâtre : Vais-je lui donner envie d'y retourner ? Vais-je l'emmener loin, l'emmener haut, ne pas le perdre en route ? vais-je lui apporter le plaisir, la jubilation du théâtre, ou bien vais-je uniquement me faire plaisir ? Voilà la vraie question."
Interview par Jeanne Hoffstetter
Paru le 21/02/2008

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