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© Bruno Perroud


Jean-Claude Auclair
Un joli théâtre des années 30 dissimulé aux regards, ignoré de tous, et converti en entrepôt pendant longtemps, s’apprête à revivre : L’Alhambra
De lui nous savons peu de choses, si ce n'est qu'il vit le jour au cœur des Années folles au 21 de la rue Yves-Toudic à deux pas de la République, et qu'il fut édifié par l'Association fraternelle des cheminots français. Abandonné par la suite, il servit durant vingt ans d'entrepôt à un célèbre importateur d'objets d'art oriental, avant d'être de nouveau abandonné. Jusqu'au jour où... un homme un peu fou guidé par sa passion décide de réveiller le moribond.
Les grands travaux de Jean-Claude Auclair

On lui doit la réouverture du théâtre de l'Européen en 1988. Aujourd'hui, le producteur de spectacles Jean-Claude Auclair, s'apprête à ouvrir l'Alhambra, du nom de ce célèbre music-hall tout proche, fermé en 1967. Deux années de travaux considérables, pour faire de ce théâtre Art-Déco passé à la trappe depuis des lustres, une salle dédiée à la musique actuelle. Emballé par sa découverte, il signe pour vingt ans un bail d'exploitation artistique. "Regardez, dit-il avec fierté, nous en sommes à 3 millions d'euros de travaux, car malgré le désir que j'en avais, je n'ai pu le conserver en l'état. Nous avons réussi à garder en partie le hall d'entrée, la rampe d'escalier et les toilettes. Mais il n'y avait pas de sortie de secours et tous les décors de la salle étaient en staff, donc pas coupe-feu. Ça a été l'horreur, mais nous avons été contraints de les enlever, ainsi que les parquets et les sièges de bois. La préfecture nous a imposé beaucoup de choses, mais je dois dire que la région nous a beaucoup aidés, et que la ville de Paris a été merveilleuse en accueillant d'autant mieux ce projet, qu'il n'y a pas de lieu équivalent à celui-ci dans la capitale. Je veux dire une salle de 560 places assises, pouvant monter jusqu'à 800 assis-debout, grâce à un système qui nous permet d'enlever les fauteuils à l'orchestre. Et nous aurons aussi la possibilité de faire un espace cabaret avec tables et chaises. Nous avons dessiné la salle de manière à ce qu'artistes et spectateurs soient proches les uns des autres."

Lorsque musique et bruit se confondent

Si la ville de Paris aime la musique et soutient le futur Alhambra, elle tient aussi à ce que les Parisiens puissent dormir tranquilles. Jean-Claude Auclair n'a pas le choix, il faut ajouter aux travaux, d'autres travaux ! Un chantier impressionnant que nul ne pourra soupçonner en pénétrant dans cette jolie salle flambant neuve. "Quand on voit que les Folies-Bergère, par exemple, doivent arrêter les spectacles à 22 h 30 ! Beaucoup de théâtres ne peuvent pas faire de musique à cause de ça. Pour tout insonoriser, nous avons tout cassé, et reconstruit une salle qui est posée sur un gros matelas de ressorts afin d'éviter la transmission des sons aux immeubles voisins. Les murs font un mètre d'épaisseur et pour le son, nous avons utilisé une toute nouvelle technologie. Que l'on soit au deuxième rang ou au fond de la salle, au parterre ou au balcon, on entendra exactement de la même manière."

Des projets fous pour un lieu unique en son genre

Le 19 février, cet Alhambra ouvrira ses portes. La salle habillée de rouge, gris, blanc, et noir affiche un petit air Art-Déco moderne séduisant. Décoration soignée et confort garanti. Jean-Claude Auclair et son directeur artistique, David Hamelin, sans oublier l'indispensable Maria, nourrissent déjà bien des projets pour ce bébé qu'ils couvent de toute leur attention. "Ce que je veux, c'est que cette maison vive 24 heures sur 24 ! Il y aura un bar dans le hall d'entrée, et je l'espère, d'ici à septembre 2008, un restaurant à l'étage, ou au moins un grand foyer pour faire la fête, car qui dit musique, dit fête ! Nous souhaitons aussi, avec la ville de Paris, faire découvrir aux écoles de l'arrondissement des spectacles musicaux et les instruments de musique. Nous travaillons également sur une idée folle avec les Bateaux-Mouches et des sociétés d'autocars, pour les personnes libres l'après-midi : qu'elles puissent prendre un bateau à la tour Eiffel, remonter en déjeunant, la Seine et le canal Saint-Martin jusqu'à l'Hôtel du Nord situé à 200 mètres, puis assister ici à un spectacle. Et ce n'est pas tout ! J'envisage d'organiser le dimanche matin des apéritifs musicaux. Voilà !" Le tout prévu dans le courant de l'année. En attendant, Stanislas, un jeune chanteur qui commence à faire parler de lui, ouvrira le feu, avec à ses côtés, 25 à 30 musiciens ! Heureux et impatient, Jean-Claude Auclair voit déjà dans ses rêves le public applaudir à tout rompre les beaux spectacles de l'Alhambra et adopter la maison...
Interview par Jeanne Hoffstetter
Paru le 04/03/2008

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