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© Richard Melloul


Stéphane Hillel
“le plus passionnant, c’est la matière que sont les acteurs, c’est d’être pour eux un élément libérateur”
Comédien, metteur en scène, il dirige le Théâtre de Paris depuis six ans. Rôle qu'il assume avec passion sans renoncer à travailler à l'extérieur. Ainsi met-il en scène au théâtre de la Madeleine, Cécile de France et Eddy Mitchell dans "Le Temps des cerises", une pièce de Niels Arestrup.
Il est le maître d'un de ces théâtres où l'on vient avec plaisir, certains de ne pas regretter sa soirée. Un de ces théâtres "habités", riches du Paris d'hier et de ses comédiens immenses, mais curieux de la vie qui bouge et des jeunes auteurs auxquels il ouvre grandes ses portes. Lui-même est un homme d'aujourd'hui, heureux dans ses activités. "Ce gros navire prend beaucoup d'espace dans ma vie. Mais je fais ce travail passionnément et ne vois pas passer le temps ! Il suffit de repousser les heures de sommeil." À nous les petites Anglaises signe ses débuts de comédien. "Mais mon envie fondamentale était de faire du théâtre et j'ai eu cette chance de beaucoup travailler en jouant des rôles très divers et intéressants. Puis, en 1990, j'ai voulu passer à la mise en scène et j'ai monté 'Coiffure pour dames'." Coup d'essai, coup de maître, il dirige Rosy Varte, Ludmila Mikaël, Christophe Malavoy, Serge Lama, Gérard Depardieu, Jean Piat et bien d'autres. Un petit jeu sans conséquence, Le Meilleur Professeur et Amadeus sont ses derniers succès. "Puis il y a une troisième marche dans ce parcours : cette proposition que l'on m'a faite de devenir le directeur du Théâtre de Paris, racheté par le groupe Alain Duménil. C'est un travail extrêmement lourd mais passionnant, que j'ai accepté à la condition d'en assumer seul la responsabilité artistique et financière. Ainsi, si je me trompe il n'y en a qu'un à virer, c'est moi ! Mais tout se passe très bien car ils me font une confiance totale."

'Il faut toujours avoir un rapport sain avec ses passions"

Deux salles de 300 et 1 000 places à faire tourner, au milieu de ce Paris en surcharge pondérale quant au nombre de programmations, n'est pas une mince affaire. Soucieux et heureux de veiller à la bonne marche de ce bien fragile et précieux il est là, jusque tard le soir et les jours de fête, veillant à l'accueil, au confort... Sans perdre de vue qu'il "aime tous les métiers du théâtre" et qu'il n'est pas du genre à rester enfermé entre ses quatre murs, fûssent-ils l'objet de toute son attention. Car, dit-il, "il faut toujours avoir un rapport sain avec ses passions". On lui propose de monter Le Temps des cerises à La Madeleine, la pièce lui plaît, les rapports avec l'auteur et les comédiens sont mieux que bons, alors quelle raison aurait-il de bouder son plaisir ? "Je sais, lorsque l'on choisit un metteur en scène, à quel point on lui donne les clefs. C'est une grosse responsabilité et beaucoup de pouvoir. Mais le pouvoir de décider est trouble, pesant, grisant. C'est motivant cette faculté de pouvoir dire oui ou non..." Alors, lucide, il prend de la distance. " Je ne suis pas metteur en scène au sens d'auteur, je ne tiens pas à ce que l'on reconnaisse forcément ma patte. Mettre en scène, pour moi, c'est prendre parti, c'est comme raconter une histoire à un enfant et l'emmener dans un autre monde. Mais le plus passionnant, c'est la matière que sont les acteurs, c'est d'être pour eux un élément libérateur. "
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 19/02/2008

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