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D.R.


Mitch Hooper
Auteur, metteur en scène installé à Paris après des études à Cambridge, il œuvre pour le cinéma, la télévision et le théâtre. Mitch Hooper fut en outre l'assistant de Harold Pinter pour "Ashes to Ashes" monté au théâtre du Rond-Point. Il met en scène à l'Essaïon "Le Monte-Plats": deux mystérieux personnages enfermés dans un sous-sol, victimes des allers-retours d'un non moins étrange monte-plats.
Concernant le théâtre de Pinter, nous connaissions les adaptations d'Éric Kahane. Est-ce le fait d'avoir travaillé avec le dramaturge qui vous a poussé, en collaboration avec les acteurs, à réadapter Le Monte-Plats ?

Oui... En quelque sorte. Je voulais parvenir à un texte plus proche de l'original, qui colle vraiment au rythme, à l'humour et au sens très précis du texte de Pinter.

On a coutume d'assimiler ses pièces au théâtre de l'absurde. Le terme "ambiguïté" ne serait-il pas plus juste ?

Absurde est en effet un mot trop vague, qui renvoie à des références qui ne sont pas les siennes. L'ambiguïté, c'est l'ambiguïté de la vie dont il rend compte dans ses pièces.

Votre mise en scène extrêmement dépouillée peut surprendre...

J'ai tenu compte de la spécificité du lieu, une cave voûtée. D'autre part, j'estime que la mise en scène n'est pas là pour distraire, mais pour préciser le sens de la pièce. Je vise la précision du jeu et le respect du texte, je ne veux pas attirer l'attention sur mon travail. Je cherche à faire entrer le public dans l'expérience de la pièce, à le rapprocher des personnages.

Pinter voulait être considéré comme "un poète dramaturge". L'est-il ?

C'est certain, mais c'est un poète qui ne se permet pas beaucoup de lyrisme, qui ne cède pas à la facilité. Ses mots sont ciselés, il en est avare et c'est ce qui leur en donne d'autant plus de poids.

Que diriez-vous de Pinter, l'homme, que l'on ne perçoit pas forcément dans son œuvre ?

C'est quelqu'un de très humain, d'extrêmement loyal et amical. Je pense qu'il est, comme tous les très grands artistes, un "grand humain", mais qu'il maîtrise tellement son art que l'on est d'abord impressionné par cette précision qui peut donner une impression de froideur. Dans ses pièces, le texte est la partie émergée de l'iceberg, en dessous il y a l'océan et encore en dessous, le volcan.
Interview par Jeanne Hoffstetter
Paru le 08/12/2007

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