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Marc Fayet
© P. Maine


3 auteurs
En bonne place dans la nouvelle vague des auteurs quadragénaires, Éric Assous, Marc Fayet et Jean-Christophe Barc font l'actualité de la rentrée théâtrale. Portrait et interviews.
Éric Assous

Présent sur tous les fronts, il est à la fois scénariste ("Les Randonneurs"), réalisateur ("Sexes très opposés") et auteur de théâtre prolifique. Éric Assous fait sa rentrée avec "Les Belles-Sœurs", une nouvelle comédie mise en scène par Jean-Luc Moreau au théâtre Saint-Georges.

Vous avez besoin d'écrire ?
Oui, tous les jours et tout le temps, que j'ai des commandes ou pas. Pour moi, c'est presque une activité musculaire, une psychothérapie. Quand je ne suis pas devant mon ordinateur, c'est que j'ai des rendez-vous. Ce que je produis est bien ou moins bien, mais l'écriture pour moi est facile. Je n'ai pas l'angoisse de la page blanche, mais celle de la page noire, celle consistant à se relire et à trouver que ce n'est pas toujours aussi bon qu'on le voudrait !

Comment avez-vous tiré profit des expériences qui se sont moins bien passées ?
C'est toujours une leçon. On apprend plus d'un échec que d'un succès, surtout quand on est dans la salle. Je prétends savoir écrire depuis que j'ai vu mes pièces jouées. La confrontation avec le public est un moment de vérité. J'y suis très attentif et j'en tire les leçons, sans incriminer jamais les spectateurs.

De quoi êtes-vous le plus fier au cinéma ?
D'évidence, c'est le film qui a le moins bien marché, le plus sincère, La Femme défendue, interprété par Isabelle Carré. Au théâtre, ma plus grande fierté est d'avoir été joué par Alain Delon ! Je savais que la critique serait mauvaise parce qu'elle avait un formidable a priori contre lui. Mais pour moi, ce qui comptait, c'était que les gens sortent heureux ! La critique peut m'apprendre des choses sur mon travail et m'aider à me remettre en question, mais là, j'ai vraiment laissé couler !

Savez-vous, avant d'écrire, qui va interpréter vos textes ?
Non, mais la distribution est essentielle. Mon écriture laisse une grande latitude de jeu aux acteurs. L'incarnation est importante dans mes textes.

Vous êtes dans la salle le premier soir ?
Le premier soir et les suivants ! D'autant que les premières permettent de fignoler, d'arranger, c'est l'un des avantages du théâtre.

Les Belles-Sœurs sont sur les rails, à quoi vous consacrez-vous maintenant ?
J'ai des activités de scénaristes. J'ai écrit Les Randonneurs 2 dont le tournage vient de se terminer, mais aussi un film qui vient de débuter avec Michel Blanc Nos 18 ans.


Marc Fayet

Il a récemment joué dans plusieurs pièces ayant connu la consécration, dont "Un petit jeu sans conséquence". Avec "Jacques a dit", Marc Fayet livre en 2003 sa première pièce. Son second opus, "L'Un dans l'autre" fait actuellement l'affiche de la rentrée du Petit Théâtre de Paris dans une mise en scène signée José Paul et Stéphane Cottin.

"J'ai toujours beaucoup écrit. Pour le théâtre, tout part d'un sentiment ou d'un événement de ma vie", explique l'auteur. Pourtant, on ne trouvera aucun élément autobiographique dans cette pièce au registre mélancolique et sensible qui aborde le thème de la filiation autour d'une relation père-fils.

L'esprit de famille, il en est aussi question lorsqu'on veut décrire les liens qui unissent Marc Fayet à José Paul et Gérard Loussine à travers, notamment, la société de production qu'ils ont fondée dans le but de monter leurs propres spectacles, à partir de leurs propres pièces ou bien de textes soigneusement choisis. "Le choix se porte toujours sur des pièces façonnées pour des acteurs avec des personnages parfaitement définis, du début à la fin dans des histoires qui, visiblement, parlent au plus grand nombre."
Son travail d'écriture Marc Fayet le partage en partie et volontiers avec ses deux complices. "Je leur soumets toutes mes étapes de travail. Si la pièce n'est pas bonne, je la mets de côté et je travaille sur autre chose, je n'ai aucun problème d'ego. En tout cas, ils savent mettre le doigt sur ce qui ne va pas et je tiens compte de leur avis. Il ne s'agit pas d'écrire de grands textes à messages, mais de s'attacher à des tranches de vie les moins artificielles possible dans lesquelles les spectateurs peuvent se reconnaître. On est arrivé à séduire le public sans perdre notre intégrité et en gardant cet esprit de famille un peu unique dans le théâtre privé." Difficile dans ces conditions, de ne pas être heureux, lorsqu'on dispose du luxe de faire ses propres choix en toute liberté avec, en prime, le soutien du public. "En montant notre société de production, c'est ce que nous voulions faire. On ne peut exister que dans la passion et le public ne s'y trompe pas. On ne s'enrichit pas, c'est une évidence, mais on se maintient et on peut financer les projets qui suivent. On adore le théâtre et ce sera le théâtre avant toute chose, toujours et de tout temps !"


Jean-Christophe Barc

Pas moins de trois spectacles au programme : pour lui la rentrée sera chaude. Les sujets de conversations ne pouvaient pas manquer avec ce comédien-auteur qui jouera dans sa pièce, "On ne choisit pas ses vacances" coécrite avec Dominique Bastien à la Comédie-Caumartin.

Faisons le tour de votre actualité. Que rajoutez-vous à On ne choisit pas ses vacances ?
J'ai réalisé une adaptation de Chat et Souris (la suite de Stationnement alterné, vingt ans après) et, par ailleurs, Chacun sa croix sera montée, sept ans après que je l'ai écrite. J'en suis très heureux car je suis très attaché à ce spectacle prenant des formes d'hommage à Guy Gilbert qui a été prêtre loubard et dont l'expérience m'a marqué.

Le thème des vacances à la rentrée, c'est un bon timing !
On peut le dire mais vous savez que la sortie du film Camping nous a ralentis parce qu'il y avait de grandes similitudes, totalement involontaires, bien sûr. Du coup, impossible de lancer la pièce, on l'a réécrite en choisissant un autre angle d'attaque. Nous n'avons pas voulu brosser une galerie de portraits, mais raconter une histoire sans faire une suite de On ne choisit pas sa famille.

Comment êtes-vous venu à l'écriture ?
Au début, je suis devenu auteur un peu par obligation. Par la force des choses, la mise en scène s'est imposée. C'est devenu un plaisir énorme et même un plaisir vital. Si je devais choisir entre écrire et jouer, j'opterais pour la seconde solution sans hésitation.

Et maintenant ?
J'ai une écriture de pièce en cours, une idée qui me tient à cœur. Je suis aussi sur une série télé, Attachez vos ceintures, ce sera le grand truc de l'année, si les chaînes ne se dégonflent pas ! S'ajoute l'adaptation d'une de mes pièces pour le cinéma. J'ai besoin de me diversifier, d'autant que le théâtre me lasse vite. Le cinéma a, entre autres avantages qu'une fois fait, c'est fait ! Jouer des pièces qui durent deux ans ou trois ans, cela commence à me faire peur !
Dossier par Philippe Escalier
Paru le 28/09/2007

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