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D.R.


Mireille Laroche
“Ô bonheur des dames”
Fondatrice, en 1982, de La Péniche Opéra, compagnie lyrique nationale en résidence à l'Opéra-Comique de Paris, elle met en scène au théâtre Silvia-Monfort, deux comédies bouffes de Manuel Rosenthal.
En promenade sur le chemin d'une vie consacrée à sa passion, son joli sourire exprime tout le bonheur qu'elle en reçoit. Mireille Laroche est, "une fille du théâtre". À 7 ans, déjà, elle savait... Marquée par l'activité d'un père architecte, cet univers artistique s'inscrit immédiatement pour elle "dans la cité". "Le théâtre est pour moi un espace de débat public où l'on vient vraiment parler et non pas causer." De l'art vivant, elle aime la relation extra - ordinaire qu'il fait naître avec les autres. Celle du jeu inscrit dans les règles strictes de la convention, mais à travers lequel on peut se dire tant de choses ! C'est précisément "pour dire" qu'elle met en scène. Après avoir suivi des études de philosophie et travaillé chez Ariane Mnouchkine, elle assure la direction d'une Compagnie nationale avec Jean-Paul Farré. Là, elle monte Beckett, Dubillard, Brecht... Jusqu'au jour où le théâtre musical entre dans sa vie. Enthousiaste, elle fonde alors La Péniche Opéra. "Quand la dramaturgie est réussie, l'opéra est supérieur au théâtre, il mêle toutes les disciplines et vous pouvez lui faire dire dix choses en même temps. Par exemple, la musique peut dire la même chose que l'interprète, mais elle peut dire aussi exactement l'inverse. Tous les metteurs en scène de théâtre qui ont fait de l'opéra en garde un souvenir extraordinaire ! Ce n'est que magie et bonheur, on ne s'y habitue jamais !"

"Le spectacle vivant reste un lieu d'échange irremplaçable. Dommage que les politiques ne se souviennent pas de cette grande leçon des Grecs..."

Bonheur que la compagnie transporte également dans les écoles réputées difficiles. "Il faut absolument que vous veniez voir ça ! Au bout de vingt minutes, les élèves sont là, la tête appuyée sur leurs deux bras et regardent, écoutent, émerveillés. Le spectacle vivant reste un lieu d'échange irremplaçable, c'est ancestral, c'est la catharsis. Dommage que les politiques ne se souviennent pas de cette grande leçon des Grecs !" Mireille Laroche dit encore son faible pour la musique contemporaine, domaine inconnu, vierge de toute exploration. "C'est comme si nous naviguions vers un phare. On ne sait pas où l'on va, mais on y va. La première fois que l'on a entendu Stravinsky, ça a été un véritable tollé, maintenant c'est un classique... Ces œuvres nous déstabilisent, mais nous permettent de nous interroger sur hier et aujourd'hui, de mettre en perspective, de relativiser. Puis, la création deviendra le répertoire de demain." La Péniche Opéra ne saurait pour autant se réduire à ne proposer que des œuvres contemporaines. Ainsi met-elle à l'honneur au Monfort deux partitions peu connues d'un compositeur-chef d'orchestre qui, en son temps, se battait pour défendre Debussy, Honegger et Messiaen. Ô Bonheur des Dames réunit deux petites comédies divertissantes (La Poule noire et Rayon des soieries) pouvant évoquer Pinter et Courteline dans l'esprit, la musique en plus. Excellente, elle joue les dissonances, lorgne du côté du jazz ou du ragtime. En tout état de cause une soirée divertissante et gaie !
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 22/06/2007

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