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D.R.


Marthe Mercadier
triomphe actuellement dans la reprise de “Tout bascule”
Alors qu'elle s'apprête à fêter la 700e représentation de "Tout bascule", Marthe Mercadier n'a pas perdu une once de l'énergie et de la combativité qui ont fait d'elle l'une des reines du théâtre de Boulevard...
Il n'y a pas un gramme de nostalgie chez Marthe Mercadier. Et si elle revisite avec humour et plaisir sa vie, sa carrière et ses rencontres prestigieuses avec Jouvet, Gabin, Erich von Stroheim ou Michelangelo Antonioni, on sent bien que ce passé ne l'étouffe pas. Car ce qui lui permet de continuer à avancer, à 78 ans, c'est cette énergie farouche, indomptable et infatigable qui la porte en scène tous les soirs pour jouer la sœur toquée et hilarante d'Olivier Lejeune dans Tout bascule, et qui lui fait mener dans la vraie vie des combats essentiels. On la sait militante de gauche depuis toujours, on connaît son amitié avec l'abbé Pierre, on n'ignore pas ses engagements féministes de longue date. La dernière cause qui la mobilise est moins connue, mais peut-être finalement plus intime. Car Marthe Mercadier s'est lancée depuis quelques années dans un combat qui renvoie à sa propre histoire, celle d'une petite fille de 5 ans devenue subitement bègue à la suite d'un traumatisme. Et si elle semble avoir surmonté ce handicap au prix d'efforts inouïs, on sent bien que la peur de le voir resurgir est toujours là. "On ne guérit jamais", explique-t-elle, assise au côté de Christian Boisard, ancien bègue lui-même qui a inventé pour son fils une méthode révolutionnaire pour combattre ce mal, et dont elle est devenue une sorte de marraine médiatique. "À certains grands moments, cette infirmité revenait, continue-t-elle, ce n'était et ce n'est absolument pas gérable, même aujourd'hui. Si je suis submergée par l'émotion, cela se bloque, je ne peux plus parler. C'est pour cela que je n'ai jamais joué de pièces dramatiques, j'aurais eu trop de remontées d'émotions. Vous imaginez au milieu d'un grand texte, devoir s'arrêter trois minutes ! Cela ne peut pas arriver dans la comédie, car il y a dans les pièces comiques et dans le fait de les jouer une jubilation, une joie de donner du plaisir irrésistibles. Même Mère Teresa le disait : rien ne résiste à la jubilation !"
Alors joyeuse, dynamique, enthousiaste, Marthe Mercadier n'en finit pas de faire rire, enchaînant les succès, les pièces au long cours comme ce Tout bascule qui s'apprête à fêter sa 700e : "Quand je joue longtemps, je ne me fatigue pas, bien au contraire : j'ai l'impression de faire des progrès. Et puis, je ne laisse pas mes bébés en cours de route... D'ailleurs ce n'est jamais pareil, car le public est toujours différent, et moi je ne joue pas pour moi, je ne joue pas tournée vers moi, je joue pour eux !" Revendiquant l'âge comme une récompense ("Vieillir, c'est quand même fabuleux !", s'exclame-t-elle), la comédienne qui se verrait bien en centenaire toujours active, n'a pas fini de nous amuser et de nous étonner. La preuve : jusqu'à fin juin, elle s'installe (en compagnie de Gérard Touratier) tous les mercredi et vendredi à la Comédie Bastille pour des rencontres avec ceux qui s'intéressent à l'énergie, au rire et à la respiration.
Portrait par Didier Roth-Bettoni
Paru le 15/06/2007

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