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©Palazon


Yolande Folliot
Au Clavel
Écouter Yolande Folliot parler d'un texte comme "Fin de terre", c'est se trouver face à un gourmet capable de vous raconter ses dernières découvertes culinaires avec autant d'esprit que de gourmandise...
«Lorsque l'on a des textes comme celui-là à se mettre en bouche, il faut se montrer très humble et très respectueux», dit-elle. Car elle se met les mots en bouche avec une sensualité, une gourmandise qui ne peuvent être que contagieuses. Dans Fin de terre, l'auteur, Georges de Cagliari, évoque à travers «une écriture poétique savamment construite», sa vision concernant l'avenir de notre planète et celui de nos enfants. Cinq personnages dont la personnalité et le passé émergent peu à peu nous entraînent dans les méandres de l'amour, du pouvoir, de la culpabilité, et du questionnement que suscitent les bouleversements climatiques. Le public du Festival d'Avignon avait accueilli la pièce avec une immense émotion. De longues minutes de silence s'écoulaient avant que ne crépitent les applaudissements. «Le temps pour eux de reprendre pied dans la réalité car cette pièce est un grand coup de poing.» Yolande Folliot croit dur comme fer en Fin de terre qu'elle défend depuis le début, ainsi qu'à cet auteur talentueux dont elle voudrait qu'il obtienne une vraie reconnaissance. Elle dit aussi que, bien qu'il faille, certes, s'inquiéter de ce qui nous attend, elle demeure malgré tout optimiste devant la prise de conscience grandissante des gens, et notamment de la jeunesse. Une pièce démoralisante ? «Pas du tout. Comme le dit Annick Roux : cette pièce est un 'thriller écologique', mais je ne voudrais pas en dévoiler davantage.»

"Je tiens aussi à préciser, insiste-t-elle en conclusion, qu'elle a été créée pour la première fois il y a trois ans." Pour être clair, il ne s'agit pas d'une récupération opportuniste d'un problème de société, d'autant plus sensible à la veille des élections. En outre l'emploi du temps de Yolande Folliot est chargé, elle reprend au pied levé une tournée de Célimène et le cardinal de Jacques Rampal : huit cents vers à apprendre en peu de temps. Un exploit ? «La mémoire, cela n'a rien d'extraordinaire. Un texte, il suffit de le dire, le redire, le redire encore, ce n'est pas plus difficile que ça. C'est fastidieux, pas rigolo du tout, on se trompe toujours aux mêmes endroits et je suis impatiente de jouer. Ce qui est jubilatoire c'est l'interprétation, quand arrive ce stade, on est libéré !» Formée au centre de la rue Blanche puis au Conservatoire national, sa carrière débute sous la houlette de Jean Meyer : «On peut dire que durant dix ans j'ai été sociétaire du théâtre des Célestins à Lyon !», plaisante-t-elle. Le matin même de notre rencontre, elle apprend encore qu'elle devrait repartir en tournée avec Tout est bien qui finit bien de Shakespeare, dans une mise en scène débridée de Pierre Beffeyte qui la réjouit totalement. Et «Madame», son nom dans Fin de terre, de conclure : «Être directeur de théâtre aujourd'hui, c'est un sacré métier ! Mais nous, les comédiens, nous n'avons pas à subir ça, nous sommes heureux. Vive le théâtre !»
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 15/01/2007

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