Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

D.R.


"Tentative d'opérette en Dingochine"
Une histoire dans l'histoire... Celle d'une troupe de comédiens atypiques lancée dans la répétition d'une opérette de Franz Lehar "Le Pays du sourire". Un pur divertissement né de la plume intelligente et drôle de Serge Valletti.
Difficile de parler de lui en quelques mots. Tentative de recherche de "bribes d'identité" d'un iconoclaste au pays du rire et de l'humour : acteur, il travaille sous la direction de Daniel Mesguich, Georges Lavaudant et Bruno Bayen... ou s'en va jouer dans une cave parisienne pour deux spectateurs et une bougie, histoire de prouver que sans argent tout reste possible. Il s'illustre à la radio, au cinéma ou bien à la télévision. Auteur, il rit comme Dubillard ou se joue de l'absurde comme Beckett, fait partie des chouchous du théâtre subventionné, rend les acteurs heureux comme des enfants qui jouent, est largement traduit à l'étranger mais demeure inconnu ou presque du grand public. Metteur en scène, il dit : "C'était donc ça la mise en scène dont on me rebattait les oreilles depuis des années (...) Ce n'était que cela : un travail de quincailliers..." Un travail qu'il place en second préférant laisser à d'autres le soin de monter les pièces qui lui entrent dans la tête et en sortent souvent ayant oublié à l'intérieur le début ou bien la fin, à moins que ce ne soit les deux. Serge Valletti c'est un peu tout ça et bien d'autres choses encore... Un dernier détail : l'homme aux cheveux bouclés qui écrit aussi des romans et qui aime rire de tout, est né à Marseille en 1951.

Brigitte Faure :
Mlle Lacour la soprano
qui interprète Mlle Mi


Formée au Conservatoire d'art dramatique de Dijon ainsi qu'à l'école de Comédie de Leningrad, elle joue García Lorca, Marivaux, Brecht ou Camus, participe à de nombreux spectacles musicaux, chante Marie Dubas, Suzy Delair, Arletty ou même Mistinguett et parsème le tout de quelques incursions à la télévision, au cinéma pour Patrick Grandperret. Celle qui se définit aussi comme étant une bonne vivante (on la croit sur parole !) possède une belle voix de soprano et, les répétitions tout juste commencées, se réjouit de faire partie de ce "véritable divertissement". "Je suis Mlle Lacour qui remplace Laetitia qui devait jouer Mlle Mi dans Le Pays du sourire ! C'est jouissif, on chante, on joue, on peut laisser libre cours à sa fantaisie mais attention, tout ça sur un texte très, très bien écrit. Nous devons chanter l'intégralité du Pays du sourire et jouer le texte de Valletti entre les morceaux. C'est un exercice périlleux mais tellement réjouissant ! Pour le public c'est un vrai divertissement, il laisse tout à l'entrée et vient s'amuser. L'intrigue de l'opérette se tricote peu à peu alors que se joue le déroulement de la répétition, car nous sommes une troupe de comédiens complètement farfelus qui ont décidé de nous lancer dans cette aventure très scabreuse : chanter Le Pays du sourire. Les motivations des personnages et celles des acteurs s'imbriquent les unes dans les autres, tout se mélange au fur et à mesure et ils finissent par ne plus savoir qui ils sont !"

Jean-Paul Audrain :
Monsieur Tchang, le voisin baryton
qui interprète Gustave


Il abandonne l'enseignement de l'éducation physique à 29 ans pour vivre son rêve : faire du théâtre. Depuis, il n'arrête pas, joue Racine, Victor Hugo, Sophocle, Molière, Ramuz... Fait de la mise en scène, se prend aussi de passion pour le chant et travaille sa voix de baryton avant de fonder sa propre compagnie. "Mais le public lui ne se perd pas dans l'histoire qui est simple, au fond", ajoute-t-il aux propos de Brigitte Faure. Initiateur du projet, Jean-Paul Audrain s'enthousiasme : "Le paradoxe de la pièce est qu'elle est à la fois extrêmement drôle, le texte rythmé, l'écriture exigeante, supposent des acteurs non seulement capables de jouer du Feydeau, mais aussi de chanter, car quand ça chante, ça chante vraiment ! Elle demande une vigilance de tous les instants et une condition physique excellente. De toute manière, les acteurs lyriques sont tous des athlètes ! L'acteur qui joue du Valletti ne doit jamais rester au ras des pâquerettes, mais apporter son manger, sa propre personnalité. C'est totalement jouissif !" Soutenue par un pianiste de grand talent, la troupe invite le public à venir en famille assister à ce jeu du chat et de la souris, à cette partie de coq-à-l'âne qui, pour être parfois caricaturale, n'en est jamais vulgaire pour autant. "Il s'agit d'un rapport au théâtre très simple et très sain qui prend à témoin le public et ne le prend pas pour un idiot. Une belle occasion de réconcilier ceux qui auraient tourné le dos au théâtre d'y revenir", conclut Alexandre Ribeyrolles, le metteur en scène.
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 17/11/2006

-
Haut