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D.R.


Jérôme Savary
Bateleur chéri du public
Ce qu'il aime plus que tout ce saltimbanque irrespectueux, pétri d'amour, d'exigence et d'énergie, c'est raconter des histoires, larguer les amarres et embarquer le public pour des voyages qui fleurent bon la liberté... Actuellement : "À la recherche de Joséphine, on l'appelait La Revue nègre".
Sous sa direction, la vieille dame un peu abandonnée qu'était l'Opéra-Comique a retrouvé sa jeunesse, et ses spectateurs. À croire que la belle endormie attendait son prince charmant pour recouvrer la mémoire, elle qui fut en d'autres temps une scène avant-gardiste où l'on se bousculait. On l'avait oublié, pas Jérôme Savary. S'il monte La Vie parisienne ou La Veuve joyeuse, c'est en version "revisitée" à sa manière, mais ce qu'il aime peut-être plus que tout, ce sont les créations, ainsi en est-il de "sa" Joséphine. L'idée lui trottait dans la tête depuis dix ans sans qu'il parvienne à la saisir vraiment, à trouver "le truc" qu'il fallait. "Aujourd'hui, je pense qu'il s'agit d'un de mes meilleurs spectacles avec le Cabaret d'il y a une vingtaine d'années monté à Mogador. Mais attention, ce n'est pas une Revue. Une revue est une succession de tableaux, les gens se divertissent, mais on ne raconte pas d'histoire. Moi, j'ai monté un vrai spectacle de théâtre musical qui met en scène la négritude, qui relate l'histoire des esclaves, celle du jazz et de ses influences, pour se terminer sur l'arrivée de Joséphine Baker à Paris en 1925, où elle a créé une véritable révolution avec La Revue nègre, son insolence, sa drôlerie... Elle était complètement dadaïste ! N'oublions pas non plus que le jazz a représenté pour les Noirs américains la noblesse et la liberté."






Le déclic, Jérôme Savary le trouve quelques mois après le passage de Katrina, devant la Nouvelle-Orléans dévastée. "Ça a été quelque chose de quasiment biblique, comme si Dieu avait voulu se punir. C'est en voyant la plus grande ville noire des États-Unis ainsi balayée que j'ai eu l'idée d'y situer la première partie de mon histoire qui se déroule en noir et blanc. La seconde se passe à Paris, avec plumes, escalier, figurants, strass, paillettes et costumes copies de Poiret." Une troupe composée de musiciens et de danseurs exceptionnels venus en partie de la Nouvelle-Orléans. Il y a de la gaieté dans l'air bien sûr, mais aussi de l'émotion, il y a... Mais, comme l'a dit Gotlib "les spectacles de Savary ça ne se raconte pas". Lui, Savary vous raconte avec tristesse ce qui n'existera plus jamais là-bas, vous parle de la solitude et de l'abandon qui y règnent aujourd'hui, puis revient à Joséphine, insiste sur le fait qu'il n'y a aucun play-back et ajoute qu'ils iront ensuite jouer là-bas, dans la ville fantôme. On le sait, le père du Magic Circus quitte l'Opéra-Comique lequel le salue et le remercie en programmant cinq de ses spectacles durant la saison 2006-2007, on ne saurait moins faire. Triste le clown ? Un peu, mais la vie continue et le voici lancé dans une autre passionnante aventure avec La Boîte à rêves, une résidence artistique internationale installée dans le Sud, à Béziers, où sa propre compagnie ainsi que des compagnies étrangères pourront vivre et travailler. Que ceux qui l'aiment ici se réjouissent malgré tout Jérôme Savary ne dit pas adieu à Paris pour autant.
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 08/12/2006

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