Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

©Crapule


Didier Bénureau
va vous soigner au Studio des Champs-Élysées
"Moralès" et "La Belle-Mère" ont été longtemps ses marques de fabrique : Bénureau revient avec "Bobo", son nouveau spectacle. Ça va forcément faire mal.
L'année de vos 50 ans, la scène vous manquait ?
J'ai joué beaucoup en province, mais j'avais envie de rejouer sur une scène parisienne avec un nouveau spectacle. J'ai eu un peu de mal à m'y remettre, mais mon écriture s'est affinée, elle est plus rigoureuse. Désormais, mes flèches sont décochées avec plus de précision. Xavier Durringer m'a permis aussi de théâtraliser mes sketches ; il y a même des moments d'émotion.

Est-ce que vous envisagez de ne plus jouer Moralès ?
Ne pas le faire, ce serait un peu comme aller voir un concert d'Aznavour sans qu'il chante La Bohème.
Moralès me saoulait un peu. Je n'ai pas du tout intégré d'anciens sketches. J'en avais marre qu'on me parle de ça, même si je prends toujours autant de plaisir à l'interpréter.

Avez-vous vu venir le culte que vos fans ont voué à Moralès ?
C'est d'abord parce que ce sketch passait bien à la radio. Et Rire et Chansons n'arrêtait pas de le diffuser. Mes autres sketches perdaient de leur efficacité parce qu'on avait besoin de l'image et non pas seulement du son. Et, paradoxalement, Moralès n'était pas le moment du spectacle où les gens riaient le plus. Dans le nouveau spectacle, j'ai intégré un évêque belge un peu barjot qui vit sa foi de manière très libre. Il devrait plaire aux spectateurs.

Que signifie Bobo, le titre de votre spectacle ?
Ce sont les personnages que je vais jouer : à la fois des bourgeois écolos-chics et des méchants qui ont des bobos à l'âme. Comme je l'ai dit, il y a notamment un évêque belge un peu barjot. Je me moque aussi de la consommation et de la surconsommation, des gens qui achètent parce que ça les rassure. Pour créer mes personnages, j'aime travailler à partir des gens que je croise. Ça part souvent du réel.

Comment expliquez-vous que votre succès soit surtout le fait d'aficionados, un peu sur le modèle d'un Jean-Jacques Vannier ou d'un Albert Dupontel ? Êtes-vous un comique élitiste ?
Quand je vois mon public, je ne trouve pas qu'il soit élitiste. Il y a vraiment tous les âges et toutes les catégories socio-professionnelles. Peut-être que c'est un public plus sensible aux choses écrites. Ils aiment quand je dénonce des comportements et j'apprécie que les gens se moquent avec moi. Pour Moralès, les militaires riaient beaucoup, ils aiment se moquer d'eux-mêmes. Et pour ma part, je n'aime pas provoquer pour provoquer.

Vous alternez le théâtre et le cinéma. Qu'est-ce que la scène représente pour vous par rapport au grand écran ?
C'est une cour de récréation. C'est une liberté totale face au public qui me suit. Il n'y a pas les enjeux du cinéma. Et, de toute façon, le cinéma ne me propose pas de choses intéressantes. D'ailleurs, je me lance dans l'écriture d'un long-métrage. Ce sera une comédie que je veux rigolote et lumineuse.
Interview par Frédéric Maurice
Paru le 25/12/2006

-
Haut