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D.R.


Didier Long
orchestre le retour d’Isabelle Adjani au théâtre
Depuis "Le Boxeur et le Violoniste", sa première mise en scène et son premier succès, Didier Long s'est bâti une place à part dans le monde du théâtre. Discret et pudique, l'homme qui dirige aujourd'hui Isabelle Adjani dans le rôle titre de "La dernière nuit pour Marie Stuart" au Marigny parle de sa nouvelle aventure avec une ferveur communicative. Loin de la fureur médiatique, la rencontre avec cet homme de cœur - avant tout serviteur de son art - réserve autant de surprises et de bonheur que l'un de ses spectacles.
D'où vient cette envie de monter La dernière nuit pour Marie Stuart ?
J'ai découvert un jour cette pièce écrite en 1970 par Wolfgang Hildesheimer, un auteur peu connu en France, si l'on excepte sa biographie de Mozart et j'ai trouvé intéressant de confronter création et sujet historique

S'agit-il d'un rôle sur mesure pour Isabelle Adjani qui n'a pas joué sur les planches depuis cinq ans ?
Oui, quand j'ai lu la pièce, j'ai immédiatement pensé à Isabelle. J'ai envie de dire que le théâtre a besoin d'elle. Elle a une dimension intérieure extraordinaire, une intelligence intuitive des textes incomparable et un idéalisme forcené, sans oublier un engagement à toute épreuve. Sans cette actrice pour qui le sens prévaut toujours sur l'apparence, je n'aurais jamais monté la pièce.

Comment se passe le travail avec une telle comédienne ?
C'est la question que tout le monde me pose, mais je ne suis pas sûr que ce soit la bonne ! L'idée part de ce que l'on veut faire de la pièce et comment on va créer des ponts et des résonances avec la vie actuelle.

À l'opéra, pour prendre cet exemple-là, on sait qu'entre le metteur en scène, les chanteurs et le chef d'orchestre, les rapports génèrent parfois de l'électricité !
L'électricité est une bonne énergie quand elle nous fait avancer ! Au théâtre, je suis vraiment attaché au concept de troupe. Chacun a une partition très précise à jouer. Alors si la question est de savoir si l'on s'entend bien, la réponse est oui ! Très bien ! Isabelle Adjani s'est engagée totalement et quant à moi, j'ai vraiment besoin d'harmonie pour construire. Maintenant, elle est l'une des rares stars en France et, à ce titre, elle génère des bruits et des rumeurs incroyables, je suis bien placé pour m'en rendre compte aujourd'hui ! J'ai, par exemple, entendu dire que nous nous étions battus... or jusqu'à présent, nous ne nous sommes jamais battus qu'au restaurant, pour savoir lequel de nous deux allait payer l'addition !

Vous sentez-vous libre dans votre travail ?
Certainement, c'est d'ailleurs une grande chance. Je n'ai travaillé que sur un ou deux projets qui m'ont été proposés, le reste du temps, j'ai choisi mes pièces. J'aime me lancer des défis, ne jamais refaire ce que j'ai déjà pu accomplir et aborder des univers tout à fait différents. Créer de nouvelles pièces est aussi une chose qui m'importe beaucoup. Dans tous les cas, j'ai besoin d'être en passion et en désir par rapport à des spectacles qui sont des tranches de vie dans lesquelles on s'immerge totalement.
Interview par Philippe Escalier
Paru le 02/10/2006

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