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D.R.


"Dura Lex"
au Vingtième Théâtre
Stephen Adly Guirgis, qualifié par le 'New York Times' de "plus grand auteur américain de moins de 40 ans", traite du sujet sécuritaire en portant un regard acéré, mais dépourvu de parti pris, sur l'homme, l'idée de justice et le système pénitentiaire. Très spectaculaire, "Dura Lex" - mise en scène par Marianne Groves - permet de découvrir un thème actuel défendu par cinq acteurs visiblement galvanisés par les exigences dramatiques d'une pièce marquante.
Londres, juin 2002. Marianne Groves assiste, un peu par hasard à une représentation de Dura Lex. Séduite, elle décide illico de se lancer sa traduction. Trois années de démarches acharnées sont nécessaires pour qu'en 2005, la création puisse avoir lieu lors du Festival Off d'Avignon. Des efforts récompensés par une salle comble, une presse élogieuse, une tournée et, surtout, l'obtention d'un prix de l'Adami facilitant grandement sa reprise à Paris. Sur un petit nuage, la jeune metteur en scène tire profit du temps écoulé pour peaufiner sa vision d'une pièce contrastée, très loin de tout esprit manichéen et moralisateur.
Œuvre sur le doute, écrite avec des tonalités différentes pour mieux épouser les caractères opposés des personnages, Dura Lex affiche un dynamisme exemplaire, presque cinématographique. "Les constructions de Stephen Adly Guirgis s'inspirent de techniques de montage de cinéma", précise Marianne Groves avant d'ajouter que cela n'avait rien d'étonnant pour un auteur connu comme scénariste de séries cultes telles que NYPD Blues ou Under Cover. Pour finir, elle ne dissimule pas le plaisir pris à travailler avec son équipe après une adaptation et une traduction réalisées dans le but de conserver intacte la vivacité et le rythme d'un texte atypique. Un exercice délicat auquel elle est maintenant habituée. Marianne Groves a, en effet, enchaîné diverses adaptations anglo-françaises à l'image de ce film à venir avec Denis Lavant et Béatrice Dalle.

Dimitri Storoge

On retrouve dans l'intensité de son regard la force qu'il exprime si bien sur scène. Ce jeune comédien, sorti en 2002 du Conservatoire national d'Art dramatique de Paris, a été remarqué par Marianne Groves pour sa prestation dans Ni pour ni contre de Cédric Klapisch. Son jeu et sa personnalité (on sent chez lui une forte capacité d'écoute, d'introspection et de réflexion) semblent le prédisposer à endosser de beaux rôles hors des sentiers battus. Impossible de l'observer sans songer à la facilité avec laquelle il entre dans les habits de ce jeune Portoricain révolté refusant de s'incliner devant l'injustice. Avec lui, Angel Cruz s'incarne avec une belle authenticité. Rien qui ne laisse supposer un désir de s'orienter vers le théâtre apparu, somme toute, assez récemment. "Jeune, je voulais être pompier, aviateur ou Président de la République... ! Le constat s'est imposé plus tard : je ne désirais pas devenir tel ou tel personnage mais les jouer tous !"

Édouard Montoute

Dans Dura Lex, aucun rôle n'est facile, surtout pas celui de Lucius, serial killer noir au parcours édifiant, cherchant à se racheter par une foi sans concession. Édouard Montoute se joue des difficultés avec une aisance de grand seigneur. Venu du cours Florent, il connaît bien l'univers de Marianne Groves pour avoir participé à trois de ses spectacles (dont Alby la famine). Il a aussi été dirigé par Pierre Pradinas, Xavier Durringer et place Othello joué au théâtre de la Bastille dans ses rôles marquants. Au cinéma, avec Astérix et Obélix, les trois Taxi, Enfermés dehors ou encore La Haine, il affiche un joli palmarès. Généreux, expressif, parfois même volubile quand vient le moment d'aborder le spectacle, ce comédien avoue être à l'aise avec les personnages polymorphes. Avec Lucius, condamné à mort, transformé par sa détention, il est servi !

Beata Nilska

Elle commence le théâtre dés l'âge de 5 ans, passant par le Conservatoire de Varsovie avant de rejoindre le cours Florent. Elle obtient trois nominations aux Molière, dont celle de meilleure révélation théâtrale en 2000 dans À torts et à raison mis en scène par Marcel Bluwal. Au cinéma, elle tourne avec Éric Rochant, Gérard lauzier, Pierre Granier-Deferre et Andrzej Wajda. Les spectateurs vont la découvrir au Vingtième Théâtre dans la peau d'une avocate prise de compassion (voire de passion) pour son client, n'hésitant pas à enfreindre pour lui ses codes de conduite habituels.

Morgan Perez

Il ne faudrait surtout pas se fier à son regard de velours car Morgan Perez se révèle très à l'aise dans les rôles de "méchant". Il fallait bien cela pour donner corps à Valdez, un gardien de prison intransigeant et brutal. Un rôle de composition que l'on oublie au moment où le jeune comédien relate, avec le sourire, ses envies de jouer venant de loin : "À 6 ans, je me levais la nuit pour écrire des histoires que je jouais le lendemain." Acteur depuis un peu plus de vingt ans, issu (lui aussi !) du cours Florent, il a notamment joué Tchekhov (Les Trois Sœurs) et Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray, mis en scène par Thomas Le Douarec. Après Dura Lex, on pourra le voir dans L'Échange de Paul Claudel dirigé par Marja Leena Junker au Grand Théâtre du Luxembourg.

À noter que John Berrebi (membre du Studio Pygmalion depuis 1998) tiendra le rôle du second gardien. Ce comédien qui dirige des stages de formation à la voix, a joué nombre d'auteurs dont Pier Paolo Pasolini, Beaumarchais, Racine ou Gilbert Ponte.
Dossier par Philippe Escalier
Paru le 15/09/2006

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