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D.R.


"L'eventail de Lady Windermere"
Dans une nouvelle mise en scène signée Sébastien Azzopardi, avec Geneviève Casile en tête de distribution, "L'Éventail de Lady Windermere" ouvre brillamment la rentrée du Théâtre 14.
Jean-Philippe Beche est Lord Windermere...

Oscar Wilde... Drôle, tragique, poétique et truffée de mots d'esprit, son œuvre étincelle comme le diamant et les yeux de Mister Beche brillent d'un plaisir gourmand à l'idée de prolonger sur une scène parisienne cette belle aventure commencée en 2004 au Festival d'Anjou. Ce grand jeune homme volubile et chaleureux jouait il y a peu de temps Les Rustres de Goldoni, au côté de Michel Galabru. Qui le croirait ? Voici vingt-quatre ans qu'il fait du théâtre ! Élevé à Lyon dans une famille où la littérature était reine, il se souvient avec enthousiasme du sentiment qu'enfant il éprouvait au théâtre des Célestins. "J'ai eu cette chance d'aller voir très tôt tous les classiques, les acteurs, le rideau rouge, l'atmosphère... J'ai pris ça en pleine figure et je ne m'en suis pas remis ! J'étais déterminé à faire partie de ce monde et mes parents m'ont toujours soutenu." Adulte, Jean-Philippe Beche se passionne pour Shakespeare, s'émerveille de ce pouvoir unique que possède le théâtre d'unir tant d'individus dissemblables devant le spectacle de la comédie humaine. Il raconte la chance merveilleuse du comédien de pouvoir mettre sa propre vie entre parenthèses pour en vivre tant d'autres jusqu'à y croire. "Les gens dans la salle rient, pleurent, se posent des questions, nous partageons avec eux une même aventure et, pour moi, rien ne vaut ces moments où s'installe entre nous une totale symbiose." Très tôt l'acteur travaille les beaux textes qui le faisaient rêver, enfant, fait en chemin de belles rencontres : Jean Négroni, Andréas Voutsinas... Convaincu qu'il ne doit rien laisser au hasard, il s'initie aux différentes méthodes comme l'Actor's Studio. "Il faut connaître tout ça, ensuite on prend, on laisse, on se trouve soi-même. Mais il faut se méfier, prendre ensuite du recul, acquérir de la maturité pour pouvoir reconnaître ce qui vous convient. Le seul enseignement qui vaille au fond c'est le vôtre, et s'il y a une chose en laquelle je crois, c'est le travail. Pour moi, le talent c'est du travail, du travail et encore du travail !" Et le voilà qui a, son tour, écrit une pièce "furieusement romantique" et se laisse envahir par le désir fou de mettre en scène... "Ces trois aspects réunis vont me porter bonheur !" Celui qui aime plus que tout les grands textes tragiques, de ceux qui permettent de sublimer la vie, ses joies, ses douleurs en passant du rire aux larmes, est comblé en devenant Lord Windermere, "un rôle magnifique d'homme intègre prêt à toutes les bêtises pour sauver sa femme, l'éloigner de tout ce qui pourrait la blesser. J'aime l'idée de lui ressembler".

Élisa Sergent est Lady Windermere...

Un air de gaieté vient parfaire la joliesse de son visage dont le sourire vous dit qu'intelligente et avide elle croque la vie avec enthousiasme. Elle n'est pas encore sortie du cours Florent qu'elle commence à jouer et qu'ensuite les choses s'enchaînent tout naturellement. Le théâtre arrive dans sa vie "un peu tard", alors qu'elle prépare une licence d'anglais, "et voilà, dit-elle en riant, il m'a rattrapée ! Alors je suis montée à Paris comme on dit, pour entrer au cours Florent car on ne s'improvise pas comédien, même si l'on a ça en nous. Il faut travailler, apprendre. Je l'ai fait et maintenant ça fonctionne bien, je suis contente". Sur sa lancée, elle fait du chant (soprano léger), quant à parler de théâtre et du métier de comédienne avec cette toute jeune femme, c'est avant tout ne pas chercher midi à quatorze heures, ne pas se prendre la tête entre les deux mains, "c'est tout simplement le plaisir de dire de beaux textes, d'être sur scène avec une troupe et d'échanger avec le public, de lui offrir du plaisir en lui permettant de s'évader". Les pieds sur terre et le théâtre pour bannière, elle dirige avec son compagnon la Compagnie Sébastien Azzopardi "le côté administratif est rébarbatif, mais ça nous offre la liberté de choix, nous n'avons pas besoin d'attendre que l'on nous propose quelque chose qui corresponde à nos désirs !". Rêver d'un rôle ne lui ressemble pas, comédie, classiques, tragédie, Boulevard, elle a envie de tout jouer. Elle enchaîne et jongle avec les rôles et, si cela existait, on pourrait dire qu'elle possède actuellement le don d'ubiquité. Le Barbier de Séville, Le Mariage de Barillon, Faisons un rêve, Le Tour du monde en 80 jours et, à nouveau, L'Éventail de Lady Windermere de Wilde, "cet auteur brillant et cruel" qu'elle retrouve avec délice trois ans après avoir incarné Lady Agatha auprès de Caroline Cellier. Si l'adaptation est toujours celle de Pierre Laville, c'est Sébastien, son compagnon, qui, cette fois, met en scène et lui offre le superbe rôle de Lady Windermere face à Geneviève Casile qu'elle admire. "C'est un rôle magnifique tout en subtilité que celui de cette lady élevée dans le rose, très morale, puritaine, et qui brutalement va se rendre compte qu'au sein même de la société privilégiée qui est la sienne les gens ne sont pas aussi limpides qu'elle veut le croire. À son tour, elle va devoir tricher, accepter des compromis. Bien qu'elle le refuse au départ, elle va être amenée à vivre des choses contraires à sa morale. Elle qui prône l'honnêteté va découvrir qu'un mensonge peut aussi être un bien. On assiste à une sorte de parcours initiatique tout à fait passionnant. Je suis heureuse !" Si l'on en juge par l'accueil enthousiaste des festivaliers l'an passé, Élisa Sergent et tous ceux qui l'entourent ont toutes les raisons de l'être.

3 questions à
Sébastien Azzopardi,
metteur en scène

Beaumarchais, Guitry, Jules Verne... Vous adaptez, jouez et mettez en scène sans relâche des auteurs très divers. Qu'aimez-vous chez Oscar Wilde ?
C'est la rencontre entre l'intelligence et la sensibilité. On ne trouve ça qu'exceptionnellement. Monter Wilde est jubilatoire pour un jeune metteur en scène !

Alors que tout le monde connaît ses aphorismes et Le Portrait de Dorian Gray, les comédies de Wilde sont peu connues chez nous...
Il est mort à 46 ans et n'en a écrit que trois ce qui limite le champ des possibles. Il est donc formidable de pouvoir le découvrir à chaque nouvelle production.

Quel parti pris avez-vous choisi quant à la mise en scène ?
Elle privilégiera le texte. Il faut passer de la comédie au drame avec le plus de légèreté possible, ne pas alourdir la dimension mélodramatique. Elle doit respecter à la fois l'élégance, l'humour et l'émotion.
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 27/09/2006

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