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D.R.


Raphaëline Goupilleau
L’Illusion comique
Jolie, elle irradie de plaisir en parlant de "L'Illusion comique" de Corneille dont c'est le quatre centième anniversaire. Une occasion que la famille Bierry et leur merveilleux petit théâtre du Poche-Montparnasse ne pouvaient manquer de fêter. Qu'elle joue les classiques ou les contemporains, le théâtre est sa vie, sa joie, les belles rencontres de ses débuts qu'elle appelle "la famille", Patrice Alexandre, Roland Blanche, Judith Magre, Jean-Michel Ribes, Pierre Olivier Scotto... et Marion Bierry, bien sûr, lui ont ouvert les portes d'un monde magique.
Votre carrière au théâtre est enviable. Avez-vous eu très tôt la conviction que c'était votre voie ?
Pas du tout. J'ai passé mon enfance en Afrique où nous suivions la carrière de mon père. Il m'a transmis sa passion pour ces pays, et ça, c'est le plus bel imaginaire que l'on puisse offrir à un enfant, cela vous ouvre l'esprit, les yeux, le corps, tout ! Très jeune, je ne voyais pas le théâtre comme une profession, mais comme un luxe. Lorsque je suis rentrée en France où j'ai fait mes études, j'ai suivi entre autre l'atelier d'Andréas Voutsinas, et puis les choses se sont faites...

Aujourd'hui, mise en scène par Marion Bierry, vous jouez Lyse, la suivante d'Isabelle, un personnage magnifique pour une comédienne...
C'est un véritable cadeau, merci Marion ! Le pouvoir que possède cette servante et les conséquences tragiques auxquelles il conduit, la placent tout d'un coup face à elle-même. Ce miroir la pousse alors à inventer un stratagème pour déjouer une situation dramatique dont elle est la cause.

L'Illusion comique se place au carrefour de plusieurs genres théâtraux. Comment définiriez-vous cette pièce moins jouée que les tragédies de l'auteur ?
Une merveille à découvrir ! Corneille dit ici que ce que l'on voit de quelqu'un n'est toujours qu'une partie de lui-même, mais que si l'on apprend à regarder sans jugement, on a tout à coup une autre vision. C'est le théâtre dans le théâtre, le théâtre de la vie, un regard que l'auteur pose sur lui-même, sur ce qu'est le jugement, c'est une pièce vraiment très moderne ! C'est extraordinaire d'avoir écrit ça à cette époque.

Vous n'avez jamais joué Corneille. De quelle manière avez-vous abordé ce projet ? Un peu d'angoisse ?
C'est vrai qu'au début, je me suis dit : Corneille ? Oh ! là, là ! Ce sont des vers et c'est une langue très particulière, mais lorsque vous avez un metteur en scène qui vous donne le sentiment d'être libre, tout d'un coup, tac ! ça vient et c'est tout à fait étonnant. On oublie l'angoisse, avec des partenaires tels que : Bernard Ballet, Daniel Besse, Arnaud Decarsin, Christine Gagnieux, Vincent Heden, Elisabeth Vitali.

Qu'est-ce pour vous que faire du théâtre ?
Un enrichissement. Vous arrivez avec vos petits tiroirs, votre vécu, vos désirs, vos rêves, ce que vous êtes, et, contrairement à ce qui se passe dans la vie, par la magie du théâtre tout ce qui vous est personnel est utilisable sans psychodrame. C'est formidable !
Interview par Jeanne Hoffstetter
Paru le 28/08/2006

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