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D.R.


Barbara Schulz
L’énergie et la grâce dans Pygmalion
Connue du grand public grâce à "My Fair Lady", comédie musicale signée George Cukor, la pièce de George Bernard Shaw est à l'affiche du théâtre Comedia mise en scène par Nicolas Briançon avec Barbara Schulz dans le rôle d'Eliza Doolittle.
Depuis vos débuts, vous n'avez eu que de très beaux rôles. Lequel vous a le plus marquée ?
Le public m'a connue avec Joyeuses Pâques et m'a assimilée à la fille marrante du Boulevard. Mais Antigone a marqué le début de plein de choses. Cette pièce m'a rassurée en me montrant que je pourrais être crédible dans la tragédie. Pour moi, c'était plus qu'un rôle, c'était une mission !

Comment se passe votre cohabitation avec les deux Nicolas ?
Idéalement ! Avec Nicolas Briançon, je suis en terrain de connaissance, je savais que je pouvais le suivre aveuglément. Avec Nicolas Vaude, nous avons la même énergie de jeu, la même vitesse, les mêmes défauts...

Lesquels ?
(Rires)... Parler parfois trop vite, mais bon, pour Pygmalion ça tombe bien ! En tout cas, entre nous cela a fonctionné tout de suite. Un peu trop même... puisqu'il vient chiper mes gâteaux dans la loge quand
je ne suis pas là !

Est-ce pour cela que sur scène vous lui jetez vos pantoufles à la figure... ce qui pourrait être dangereux !
J'ai un strabisme divergent qui fait que je suis nulle pour viser ! J'ai dit à Nicolas "ne t'inquiète pas, je vais te viser mais je ne t'aurai jamais" ! Mais à force de m'entraîner, je me demande si je ne vais pas finir par l'avoir !

Avez-vous conscience qu'avec cette pièce vous allez aux Molière ?
Non, pas du tout ! Vous savez, je me vois toujours petite ! J'ai l'impression que je ne peux prétendre qu'à des récompenses comme l'espoir ou à la révélation. Ensuite, je me dis "mais zut, tu as 33 ans, tu es une femme, tu as un enfant !".

Une jolie petite fille qui explique que depuis quelques mois, vous ayez pris un peu de recul !
Oui, j'ai d'abord voulu penser à mon bébé et puis je savais que j'allais faire Pygmalion, alors j'ai été un peu feignante. Je n'avais pas envie d'autre chose.

Avec la nature que vous avez, vous parvenez à rester sans rien faire ?
Pas vraiment parce que j'ai mauvaise conscience. Quand je joue, je suis incapable de me reposer parce que j'ai toujours le cœur qui fait boum-boum !

Ça s'arrête quand ?
Quand je dors ! En fait, ce n'est pas vraiment du trac, c'est un état particulier de fébrilité. Mis à part lors des premières représentations, je n'ai jamais peur avant d'entrer en scène où je m'amuse vraiment.

Avec Pygmalion, tout repose sur vous et Nicolas Vaude. N'est-ce pas éprouvant ?
Jusqu'à présent, j'ai toujours eu des "boucliers". Si ma première pièce a été faite avec des amateurs, j'ai enchaîné avec Jérôme Savary à Chaillot. Ensuite j'ai joué avec Depardieu, puis Arditi, enfin en compagnie de Robert Hossein. J'étais Antigone certes, mais Hossein était là.
Et maintenant, en effet, il n'y a que nous deux !

Vous êtes en train de devenir des "boucliers" !
Vous voulez dire qu'on n'est plus des "petits" ?

Exactement !
Philippe Escalier
Paru le 07/04/2006

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