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D.R.


Étienne Bierry
en son théâtre
Séduit par la rencontre entre le magnifique texte d'Isabelle de Toledo et les metteurs en scène Annick Blancheteau et Jean Mourière, Étienne Bierry remonte sur scène pour jouer "Sur un air de tango" au Poche-Montparnasse. Amoureux de cette belle histoire de famille, heureux de travailler avec Olivier Marchal et Lisa Schuster, Étienne Bierry nous a répondu avec la fraîcheur de ses 87 printemps.
Sur un air de tango fait beaucoup parler de lui, la réussite est totale, le théâtre ne désemplit pas. Vous pourriez le reprendre dans un autre lieu ?
Je n'ai pas envie d'être ailleurs et puis, pour tout spectacle, il y a toujours l'écrin, l'endroit où il doit être joué. Nous avons là une pièce intimiste et le Poche lui va comme un gant. Je ne suis pas sûr qu'elle ait le même impact dans une salle plus grande.

Depuis combien de temps êtes-vous à la tête du Poche-Montparnasse ?
Exactement quarante-huit ans ! Avec ma femme Renée Delmas, nous sommes de loin les doyens, après avoir été les plus jeunes ! Au départ, j'exerçais la profession parallèle de producteur de radio. J'étais comédien (j'ai joué dans tous les théâtres de Paris) mais en dilettante, sans la nécessité du gagne-pain. Puis vers les années 58, le Poche est arrivé. J'en ai été quelque part un peu le mécène. Petit à petit, j'y ai pris goût. J'ai pu, grâce à lui, avoir une liberté de choix, ce qui me semble essentiel. Prisonnier pendant la guerre, je me suis évadé. De la même façon, je me suis libéré pour devenir le directeur du Poche-Montparnasse à qui, progressivement j'ai accordé une place de plus en plus grande.

Diriez-vous que le travail est synonyme de longévité ?
Je ne me suis jamais arrêté, il est vrai. Mais je dois vous avouer qu'avant de monter Sur un air de tango, je n'avais pas une fringale de théâtre, c'était même plutôt
l'inverse ! En vous disant cela, je pense à ce mot merveilleux de Fontenelle, mort centenaire, passé allégrement du xviie au xviiie qui, à la question "comment ça va ?" répondait "ça s'en va" ! Pour ma part, je ne sais pas comment ça s'en va, je suis en pleine forme physique avec une bonne mémoire ! Mais en effet, rester présent sur une scène contribue à la longévité, quoique les rôles de vieillards soient rares, de toutes les façons.

Vos enfants Stéphane et Marion sont aussi allés vers le théâtre. Vous n'avez pas dû les pousser dans ce sens j'imagine ?
Je ne tenais pas trop à ce que mes enfants fassent le même métier que moi. Le jour où ma fille m'a dit qu'elle voulait être comédienne et metteur en scène, je lui ai conseillé de choisir plutôt une école étrangère que le Conservatoire. Quand je vois Stéphane jouer mais aussi peindre, je me dis qu'ils sont tous deux très doués et ce n'est pas un orgueil paternel mal placé qui me fait parler. Je n'ai jamais eu aucune prétention dynastique vous savez !

Sur un air de tango se joue jusqu'à quand ?
Nous n'avons pas de date de fin. Le Poche m'a apporté cette liberté. Mais finalement, c'est aussi très dur d'être libre, de faire des choix. Ma seule fierté est que toute ma vie j'aurais eu le choix, de rester, de m'en aller, de devenir comédien, de monter ceci ou cela, ou de m'arrêter quand je le souhaiterais.
Interview par Philippe Escalier
Paru le 24/02/2006

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