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Phil Journé


Jean-Luc Tardieu
“Le théâtre est un remède au mal de notre siècle : l’isolationnisme.”
Avec passion il vit depuis des années l'histoire du théâtre, et jubile à l'idée de mettre en scène au Marigny, Régis Laspalès dans un "Landru" signé Laurent Ruquier.
Poussé par son goût immodéré pour le spectacle, le jeune provincial choisit pour entrer dans l'arène, "le nec plus ultra, en postulant pour un boulot au Festival d'Avignon". Engagé comme régisseur stagiaire en 1963 alors que Jean Vilar abandonne la direction du TNP, c'en est fait de son destin. Jean-Luc Tardieu continue donc le voyage en intégrant le Conservatoire national de région de Nantes. Très vite il entame une carrière d'acteur, nourrie par le ferment de la décentralisation, dont c'était la grande époque. Sa belle voix de baryton le pousse à compléter sa formation au Conservatoire national supérieur de musique, avant que le hasard ne le ramène à Nantes, sa ville natale. Vacante, la direction de la Maison de la culture lui tend les bras, il s'y jette avec enthousiasme et ne la quittera qu'après quinze ans. "La direction était disponible et je passais devant la porte à ce moment-là. C'est tout !", se plaît-il à raconter. "La décentralisation ne pouvait que me passionner. Nous allions vers des populations génératrices d'un public extraordinaire, qui ne dissociait pas le divertissement du culturel. Ce que l'on a beaucoup trop tendance à faire aujourd'hui. Je ne vois pas pourquoi on devrait les opposer. Nous sommes dans un climat de branchitude regrettable."

"Nous avons besoin de plaire, mais plaire ne veut pas dire faire la pute !"

Jamais pourtant la notion de spectacle ne pourra être dissociée de celle de spectateurs. Le théâtre étant un art éphémère qui appelle une réactivité immédiate, doit-il alors être prêt à tout pour plaire ? "Nous avons besoin de plaire, absolument. Mais plaire ne veut pas dire faire la pute !" Au regard de la longue liste de ses mises en scène, les opinions de Jean-Luc Tardieu ne sont pas vaines paroles. Il sait tout à la fois divertir et faire réfléchir un public nombreux. De Cocteau-Marais à La Veuve joyeuse, de Duras à Edmond Rostand, de Hugo à Proust.... Des coups de cœur éclectiques, des distributions parfois surprenantes, mais du théâtre, du bon. "'Au théâtre, le sommeil est une opinion', disait Hugo. J'adore ce mot ! Et il ne faut pas oublier que l'art fondateur du théâtre, ça reste quand même l'écriture. Nous ne sommes pas, nous les metteurs en scène, les créateurs numéro un. Ma jouissance à moi est d'essayer de trouver le LA." Le LA qu'incontestablement il trouve à travers le texte de Laurent Ruquier et le grand talent de Laspalès. "C'est une pièce fascinante dans son évolution. Sous un aspect vaudevillo-policier, il y a une véritable réflexion sur la justice et l'esprit humain, le tout avec un remarquable sens du dialogue." Un dernier mot ? "Le théâtre c'est l'émotion partagée. Au moment où le drame de notre civilisation est l'isolationnisme, je pense que c'est un remède à prescrire sur-le-champ ! Le théâtre est un remède au mal de notre siècle."
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 02/01/2006

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