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D.R.


“Le Tigre”
Confrontation à la fois dramatique et comique aux multiples rebondissements, "Le Tigre" de Murray Schisgal a conquis le public grâce à l'interprétation de Lionel Rousselot et de Célia Granier-Deferre, mis en scène par Hélène Zidi-Chéruy.
Lionel Rousselot
De la force, beaucoup de modestie et un trop-plein de sensibilité, on sent chez Lionel Rousselot les qualités qui le rendront apte à nourrir de grands rôles. Si sur scène il joue - et bien -, dans la vie, il est la sincérité même !

À quel moment s'est faite la rencontre avec Le Tigre ?
C'était en thalasso, il y a un an à Quiberon. Avec Hélène Zidi-Chéruy (elle était mon coach à l'époque), nous étions une dizaine de comédiens invités dans le cadre du festival de café-théâtre de l'hôtel Accor, moment idéal pour bien préparer la rentrée ! Avec Célia, nous voulions monter une pièce. Quand nous avons découvert Gloria et Benjamin, les deux personnages du Tigre, nous n'avons pas hésité. Hélène a entendu que nous avions ce projet à cœur. Elle nous a fait passer une courte audition, après quoi, elle a décidé de monter la pièce dans son théâtre.

Benjamin, votre personnage est atteint d'un léger bégaiement. Avec surprise, on constate que dans la vie, c'est aussi votre cas. C'est une chose que vous avez essayé de transformer en atout ?
Ce n'est ni un atout ni un handicap, j'ai beaucoup travaillé pour l'atténuer. Maintenant, il y a des jours où tout va bien, d'autres moins, mais sur scène, il se remarque à peine. Quelque part, c'est un peu ma marque de fabrique !

Comment avez-vous débuté ?
Je suis né près de Toulon où j'ai fait une année de conservatoire et deux ans de café-théâtre. À 19 ans, je débarque à Paris où je prends des cours aux Enfants Terribles. De là, je rentre dans une compagnie avec laquelle je joue Horacio dans Hamlet. Viendront d'autres choses comme des courts-métrages avant que je parte pour New York. C'était une période difficile de ma vie, j'avais besoin de changer d'air ! Là-bas, j'ai bossé dans des bars. En rentrant, j'étais encore plein de doutes, prêt à tout laisser tomber et puis j'ai rencontré Hélène Zidi-Chéruy. Elle m'a proposé de travailler avec elle... et depuis tout a changé ! J'ai redécouvert l'envie de jouer en même temps que mon côté comique, le conservatoire m'ayant, sur ce point, beaucoup bridé. Puis est arrivé Le Tigre, ma première vraie et grande expérience.

Vous n'avez jamais regretté le choix de Paris ?
Non, je suis avant tout un citadin, j'aime m'endormir avec le bruit des voitures autour de moi. Il me faut vivre à toute vitesse (lors de mon séjour aux USA, j'étais plus speed que les New-Yorkais !) et je mourrais sûrement très jeune d'une crise cardiaque ! D'ailleurs, si j'aime ce métier, c'est aussi parce qu'il procure des sensations très fortes.

Y aura-t-il d'autres occasions de vous voir dans les mois qui viennent ?
Oui, j'apparais dans Le Pressentiment, le premier film de Jean-Pierre Darroussin, à qui j'ai la chance de donner la réplique ainsi qu'à Hippolyte Girardot. J'y joue un rôle de flambeur mythomane. Pour ma première fois au cinéma, quelle expérience ! Tout est millimétré, mais Jean-Pierre dirige en douceur. J'ai pu m'épanouir, malgré le trac, la chaleur et les quarante personnes qui, durant le tournage, nous fixaient, un blog à la main.

Célia Granier-Deferre

Cette jeune femme blonde au visage fin, née dans le milieu du cinéma, a suivi son propre parcours. Après avoir repris sa carrière en main, elle aborde la trentaine, visiblement sereine.

Comment est née votre envie de jouer ?
Elle est venue un peu comme un cheveu sur la soupe, au moment où j'avais une vie assez recluse dans
l'appartement paternel "bouffant" de la télé sans modération. Cela a commencé par "passe ton bac et je te paye des cours de théâtre !". Durant mes trois années chez Périmony, un agent m'a repérée. Entre-temps j'ai adoré le travail d'Eva Saint-Paul que j'ai suivie lorsqu'elle a monté son propre cours. J'ai commencé à travailler pour la télé, des rôles secondaires, amusants. Cela marchait tout seul mais sans exigence folle. Dix ans ont passé. L'arrivée de ma fille a tout remis en question. Je ne me voyais pas en train de lui dire que je faisais juste des petites séries sympas. J'ai entendu parler du Laboratoire de l'acteur et j'y ai débarqué la trouille au ventre.

Le fait d'avoir un nom connu vous a aidée ?
Un père cinéaste, ce n'est pas toujours facile, surtout à l'adolescence, les autres imaginent que vous êtes pleine de fric. Puis il y a eu la sortie de certains films osés comme Cours privé avec une nana à moitié à poil sur toutes les affiches de Paris avec son nom au-dessus... Ça fait drôle ! Plus tard, j'ai appris à connaître et admirer, l'œuvre de mon père. S'il m'a offert mon premier rôle au côté de Charlotte Rampling dans La Dernière Fête, je ne l'ai jamais
utilisé comme piston.

Après Le Tigre, que se passe-t-il ?
Il y a une autre mise en scène d'Hélène Zidi-Chéruy, Lavage délicat de Lilian Lloyd, l'histoire de deux jeunes paumés qui se retrouvent un soir dans un bar. C'est un peu plus calme que dans Le Tigre, quoique ce soit aussi des êtres avec des failles. Sinon, j'ai tourné dans un Louis Page, ainsi que dans le film à venir de Benoît Cohen, Hélas et Hourra.

Hélène Zidi-Chéruy
metteur en scène
Outre l'envie de diriger les acteurs, il y a chez cette femme, généreuse de nature, le goût de la pédagogie. L'actrice fonde en 2000, au théâtre de l'Atelier, Le Laboratoire de l'acteur. Le stage initial de dix jours va, en réalité, durer un mois à la demande de ses élèves. Depuis, les demandes n'ont cessé d'affluer et Hélène Zidi-Chéruy, en petits groupes, réalise un travail en profondeur, insistant sur les aspects psychologiques d'un métier où les remises en question sont indispensables pour qui veut avancer. Respect de l'humain et exigence se retrouvent aussi dans sa gestion du théâtre qu'elle dirige avec son mari, Frédéric Chéruy : "Pour nous, il serait bien plus rentable d'arrêter de travailler et de louer la salle, trois fois dans la soirée." En réalité, la programmation obéit aux seuls coups de cœur, comme celui qui nous permet de voir Le Tigre ou d'entendre le chanteur Marc Citti en concert. "On est là pour aider les artistes, respecter une éthique, c'est cela qui rend notre vie passionnante !"
Dossier par Philippe Escalier
Paru le 21/11/2005

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