Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

D.R.


“C’est jamais facile !”
Pour voir LA comédie de la saison, il faut s'orienter vers le théâtre Michel où la passion d'une jeune étudiante pour son professeur quinquagénaire provoque une cascade de conséquences imprévisibles. Signée Jean-Claude Islert "C'est jamais facile" est une formidable machinerie comique, parfaitement huilée, jouée par cinq comédiens au diapason, sous la baguette de Jean-Luc Moreau. Maaïke Jansen et Roger Miremont tiennent les deux rôles principaux. Avant d'aller croiser le fer sur scène en nous laissant en compagnie de l'auteur, ils ont tous deux répondu à nos questions.
Maaïke Jansen
En tailleur blanc, cheveux blonds, cette comédienne ayant beaucoup d'allure, désarmante de naturel et de spontanéité, parle un peu comme elle joue, avec une vitalité exemplaire.

Maaïke Jansen, quelle est l'origine de votre nom ?
Je suis hollandaise. Je n'ai pas une goutte de sang français dans les veines. Agriculteur, avec quatorze frères et sœurs, il était difficile pour mon père de rester travailler dans son petit pays. Mes parents sont partis et je suis née dans l'Aube où nous formions une communauté, avec notre pasteur, nos écoles. Nous mangions même à la mode des Pays-Bas, ce qui n'est pas marrant car c'est une cuisine horrible !

Je vous ai vue dans Hypothèque au théâtre de l'œuvre avec Roland Giraud. Est-ce facile de jouer avec son mari ?
Vous savez, il est exigeant ! Il veut que ce soit nickel, alors je n'ai pas intérêt à plaisanter ! Mais c'est plus pratique parce qu'on peut partir travailler ensemble en moto ! Non, sérieusement, c'est toujours agréable de jouer quand on se connaît bien !

Outre un bon texte et un bon partenaire, vous êtes aussi bien entourée dans C'est jamais facile ?
C'est divin ! Roger Miremont, Ingrid Donnadieu et Myriam Moraly sont bien sur scène, bien dans la vie aussi. Tout comme Nicolas Jouhet, c'est un bel humain. Oui, on a une très belle équipe ! Myriam a le projet de me faire tourner dans son prochain court-métrage où j'aurais un rôle de clodo ! Oui, une clodo, vous avez bien entendu !

Quand on vous voit, on se dit que c'est un rôle qui va vous donner du travail !
Pas du tout, il suffit que je ne me lave plus les cheveux ! (Rires.)

Entre théâtre, ciné et télé, vous avez eu une carrière assez équilibrée, même si elle ne rend pas tout à fait justice à votre talent !
Je ne me plains pas. Je ne voulais pas penser qu'à mon métier et pourtant, je l'aime à la folie. J'ai reçu beaucoup de grands comédiens à la maison, j'ai pu voir l'angoisse qui était la leur. Je suis une personne équilibrée, avec beaucoup de joie de vivre, malgré les malheurs qui sont le lot de tout un chacun. Maintenant j'ai deux secrets, je fais mon jardin, je plante, je cultive, ça me donne une force formidable. Et puis la foi, pour moi c'est capital. La vie spirituelle est ce qu'il y a de plus important au monde. Vraiment !

Roger Miremont
Cet ancien pensionnaire de la Comédie-Française a abordé tous les styles et dans tous les domaines. Derrière le comédien jouant souvent des personnages tourmentés se cache un homme sensible, soucieux de son équilibre et des problèmes de son époque.

C'est un joli rôle que vous avez là, a-t-il été écrit pour vous ?
Non, mais en effet, le rôle est parfait, c'est pour cela que, tout de suite, je l'ai accepté. Il m'a fait beaucoup rire et dans le même temps, d'instinct, j'ai pensé que ce serait bien d'être avec Maaïke. On se complète : Jean-Luc Moreau a dit qu'elle avait une féminité virile alors que j'ai une masculinité féminine... enfin bref, on va bien ensemble !

Vous jouez un personnage qui vit avec quelqu'un de beaucoup plus jeune. Comment voyez-vous le fait de vieillir ?
Comme tout le monde... faut faire avec. Mais je ne crois pas que ce soit ce qui m'angoisse le plus. Disons que la vie moderne en ville m'effraie davantage. Je ne suis pas un cow-boy, mais je suis bien dans les grands espaces. La côte des Landes, au bord de l'océan, avec les vagues, là je suis bien. Sinon, je vais dans la Creuse pour me reposer et je dors. À Paris, tout le monde est un peu énervé.

Quand on vous voit, difficile d'ignorer que vous êtes sportif !
Je suis quelqu'un qui a un corps. Depuis longtemps, j'ai eu la chance de faire beaucoup d'exercices (de la danse, des arts martiaux) et c'est très bien. On sait aujourd'hui (grâce à l'École de Palo-Alto notamment) l'influence du physique sur le cerveau qui a une partie cognitive et une autre émotionnelle. Notre système éducatif joue uniquement sur le premier. Je suis content que dans les entreprises, par exemple, ils soient en train de découvrir l'importance des émotions.

À quelle aune jugez-vous le succès de vos rôles ?
C'est très variable. Beaucoup de choses rentrent en jeu. Quand j'ai joué Monsieur chasse, j'ai eu des critiques dithyrambiques. J'étais content, mais, au fond, qu'est-ce que cela veut dire ? Pour revendiquer le fait que ce soit bon, il faut aussi que ce soit vendable puisque nous sommes dans une période de commerce effréné, avec pour support de vente, la télé. Disons que les rires incessants dans la salle, comme en ce moment, constituent une bonne marque de réussite.

Que faites-vous lorsque vous ne jouez pas ?
Je m'occupe de ma famille, j'essaie de leur faire la cuisine, ils disent que c'est bien mais c'est surtout parce qu'ils sont contents de ne pas avoir à la faire ! Je lis et je regarde des films. J'ai aussi suivi un cursus universitaire en ressources humaines et coaching l'an dernier, je dois rendre un mémoire sur la face cachée des émotions... et vous me faites penser que je suis en retard !

3 questions à l'auteur,
Jean-Claude Islert

Comment avez-vous eu l'idée du sujet de cette pièce ?
Ce n'est pas du vécu, par contre, l'histoire est arrivée à l'un de mes camarades qui a eu plein de problèmes lorsqu'il a voulu rompre. Au lieu de le voir dramatiquement, j'ai trouvé préférable de l'aborder en vaudeville, d'autant que j'ai une vieille passion pour Feydeau et Labiche. Mais en vérité, au premier abord, c'est quasiment un drame !

Vous avez écrit une comédie exemplaire. Selon vous, quels en sont les secrets ?
D'abord prendre un sujet actuel qui parle au public. Ensuite, je suis très rigoureux sur la construction. Il n'y a pas de bonne comédie sans une mécanique imparable, quasi mathématique. C'est au sein de cette armature solide que l'art de dialoguer peut s'exprimer.

Une fois la pièce montée, reste-t-il une place pour l'auteur ?
Bien sûr ! Jean-Luc Moreau est un vieux copain, les comédiens sont là depuis le début (ils ont participé à la lecture), j'ai été à leur écoute et on a tous travaillé la main dans la main, ce qui me va comme un gant car j'adore le travail en équipe.
Dossier par Philippe Escalier
Paru le 05/12/2005

-
Haut