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D.R.


Jean-Marie Lecoq
joue Le Mariage de Barillon de Feydeau sous la direction de Jacques Échantillon au Palais-Royal.
Metteur en scène de groupes musicaux, récent interprète de son propre spectacle, il demeure un grand amateur de comédies. Dans ce registre, Jean-Marie Lecoq partage avec Feydeau une longue histoire d'amour dont un nouvel épisode se joue au Palais-Royal avec "Le Mariage de Barillon".
En observant votre parcours, on a le sentiment que vous adorez mélanger les genres.
En effet, j'aime trop la diversité pour avoir voulu me spécialiser. Je prends autant de plaisir à mettre en scène Les Désaxés ou le groupe Indigo, qu'à être dirigé par Alain Sachs dans Le Fil à la patte ou à interpréter mon propre spectacle.

Justement, pour un homme de troupe, ce fut un peu surprenant de vous découvrir seul en scène ?
J'avais déjà joué seul mais il y a très longtemps. Avec Adam, le sans-logis de la logique j'ai voulu faire, non pas un one-man-show, mais un soliloque loufoque ! Parfois, on a envie de se mesurer, voir ce dont on est capable. Je ne suis pas allé dans la facilité en prenant des textes d'un autre. J'en suis sorti très heureux, ravi d'avoir trimbalé mon univers. Je ne voulais pas me montrer en surface mais au contraire dire le fond de ma pensée. Et quand le public adhère, qu'est-ce qu'on est heureux !

Quel est le secret pour bien jouer Feydeau ?
C'est très spécial, il faut de la sincérité et sans se prendre au sérieux, avoir le souci permanent du rythme. Feydeau c'est de la musique ! Pour bien le jouer, il est préférable d'avoir de l'oreille.

Que se passe-t-il dans Le Mariage de Barillon et qu'y faites-vous ?
Ici Feydeau se rapprocherait de Labiche. On est dans un monde absurde, avec des personnages très étonnants (comme monsieur Jambart qui a laissé sa femme pour aller pêcher la morue à Terre-Neuve) ! Il s'agit d'un mariage qui s'opère dans un tel désordre que la belle-mère, du fait d'une erreur d'écriture, se retrouve mariée à son gendre. Dans ce délire total, je suis le maire, mais ce n'est pas moi qui ai fait l'erreur !

Par ailleurs, vous préparez un Secret Défense. Il n'est pas défendu d'en parler ?
Tout le monde sait qu'il n'y a plus de secret de l'instruction (rires) ! Jean-Paul Farré et Christian Giudicelli ont imaginé les procès de Jeanne d'Arc, Napoléon et de Gaulle. La base est historique, l'enquête menée par une juge, le tout bien épaulé par un groupe de six musiciens. Avec ma complice Anne-Marie Gros, nous réglons la mise en scène.

Votre carrière que beaucoup aurait bien voulu avoir n'a, néanmoins, jamais explosé. C'est une chose que vous regrettez ?
Jamais de la vie ! Vous savez, formé sur le tas et sur le tard, c'est à 30 ans que le théâtre s'est révélé être ma voie. Pour le cinéma, j'y ai fait quelques apparitions, il faut être disponible, ce qui n'est pas souvent mon cas. Depuis mes débuts, je me réjouis de n'avoir jamais connu de passage à vide. Chaque aventure a débouché sur une autre. Et puis, je suis resté un homme simple... la preuve, je roule en Kangoo !

3 questions au metteur en scène, Jacques Échantillon

Pourquoi avez-vous choisi Feydeau ?
L'idée vient de Claire Vernet que j'ai mise en scène dans Les Fourberies de Scapin à la Comédie-Française. Elle voulait retravailler avec moi et m'a donné plusieurs Feydeau à lire. J'ai choisi cette pièce, plus folle que les autres, où un célibataire endurci de 45 ans épouse une jeunette avec tous les déboires que cela peut entraîner. Tout ce beau monde finit par cohabiter dans la même maison. Je suis sensible à la satire féroce qui, chez Feydeau, se camoufle sous le rire. Mon travail, le décor d'Agostino Pace, très astucieux et très construit ou les costumes de Pascale Bordet entendent souligner cet esprit corrosif.

Ce sera aussi une pièce aux tonalités musicales ?
Feydeau a introduit deux ou trois bouts de chansons dans sa pièce. J'en ai glissé tout le long. Ils sont interprétés par les comédiens qui se mettent au piano. Ils ne poussent pas la chansonnette, mais nous offre un petit couplet. Pas question de comédie musicale : la chanson s'intègre dans l'action, comme un clin d'œil ou une ponctuation.
Comment ressentez-vous le succès remporté par Le roi se meurt ?
J'en suis très heureux, il correspond à ma ligne de conduite depuis que je fais ce métier qui consiste à m'insérer dans de vraies aventures de théâtre et non pas des coups médiatiques. J'ai trouvé une équipe généreuse et très soudée. C'est l'une des raisons pour lesquelles cela fonctionne si bien. La distribution est cohérente, le travail de Georges Werler est juste. Tout le monde joue le jeu et l'on obtient une reconnaissance du monde du théâtre. Ce bonheur va pouvoir continuer puisque nous serons en tournée de décembre à avril 2006.
Interview par Philippe Escalier
Paru le 03/10/2005

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