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D.R.


Rafaël Bianciotto
présente Lysistrata au Théâtre 13
Avec sa compagnie, il nous présente une pièce originale d'Aristophane. Retour sur un jeune metteur en scène pratiquant le mélange des genres au plus grand profit de la comédie.
C'est à Buenos Aires où il est né en 1966 qu'il monte sur les planches à l'âge de 20 ans. 1990 marque son arrivée en France et une rencontre déterminante. "Je voulais tout arrêter avant de rencontrer Mario Gonzalez. Son travail au Conservatoire national, sur le masque, notamment, m'a fasciné, c'était exactement ce que je voulais faire. Je l'ai suivi, ai collaboré à ses mises en scène avant de jouer dans ses spectacles." Plongé dans l'univers fascinant de la Commedia dell'arte, Rafaël Bianciotto fait ses débuts dans une création à Marseille en 1993. Il travaille ensuite beaucoup autour de Molière. À New York en 1995, il monte Le Mariage forcé puis, quatre ans plus tard, avec sa compagnie, Zéfiro Théâtre et en collaboration avec Benoît Lavigne, il s'attaque à
La Jalousie du Barbouillé.
Lysistrata marque sans conteste un moment important de sa vie. "Sa date de naissance est facile à retenir, 03/03/2003, jour où une lecture a été faite partout dans le monde pour condamner l'invasion de l'Irak, projet lancé par une compagnie new-yorkaise." Quand arrive la première représentation, au théâtre de l'Athénée de Rueil-Malmaison, l'équipe est très tendue, un peu comme pour un rendez-vous d'amour. Deux ans ont été nécessaires pour mener à bien ce projet, sans aucune aide. Dans ces conditions, son succès prend un goût bien agréable.
Dans Lysistrata, Aristophane invente la grève, c'est une première en Occident. Et pas n'importe laquelle, celle du sexe. Les femmes se refusent à faire l'amour et bloquent l'argent pour stopper la guerre incessante entre Athéniens et Spartiates. Avec une trame très simple, des situations loufoques, Aristophane aborde des sujets vitaux avec une gouaille populaire et des mots crus, jamais vulgaire au demeurant. "Pour adapter le langage, nous avons fait appel à la traduction d'une helléniste", dit Rafaël Bianciotto avant d'ajouter que son travail est basé sur le contact intime avec le public.

"J'ai voulu faire un spectacle populaire"
"Il n'y a pas de quatrième mur. J'aime que le public réagisse. Chaque soir, se produit avec lui une vraie rencontre. J'ai voulu faire un spectacle populaire, dans sa langue, dans ses personnages mais aussi dans sa forme en combinant masques, marionnettes, musique, danse et chant." Face aux femmes qui marquent leurs différences, "nous avons fait des enfants, vous, vous avez fait des soldats", le but du metteur en scène n'est pas de dire qu'elles sont meilleures, mais plutôt de permettre aux hommes d'écouter leur part de féminité. Pour les mois qui viennent, Rafaël Bianciotto voudrait continuer avec Shakespeare et Macbeth. "La violence est un sujet qui me touche. Je viens d'Argentine, j'y ai connu la dictature, vu des hommes mourir sous mes yeux. Je n'ai nul besoin de montrer la violence à l'état brut, ni des choses atroces que l'on voit par ailleurs trop souvent. Les gens ne sont pas idiots, ils n'ignorent rien de la cruauté des hommes. Les intéresser en leur apportant un peu de bonheur, tel est mon but !"
Portrait par Philippe Escalier
Paru le 15/09/2005

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