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D.R.


Thomas Quillardet
Pour l’amour du Brésil
Comédien et metteur en scène, ce jeune homme à la tête bien faite monte au théâtre Mouffetard "Le Baiser sur l'asphalte" du Brésilien Nelson Rodrigues.
Aussi plaisant au physique qu'à l'esprit, ce jeune homme de 26 ans ne s'en laisse pas conter. Après avoir suivi différentes formations théâtrales dont celle d'Annie Noël aux ateliers Sapajou, après avoir vécu l'art pour l'art dans ces cocons que sont les cours, il décide d'ajouter une corde à son arc en allant apprendre chez Jean-Louis Martin-Barbaz, comment penser ce métier d'un point de vue plus concret. Comment se colleter à cet univers difficile, comment nourrir à la fois le rêve et en vivre. Sa curiosité pour l'univers théâtral est sans limites, il est ouvreur à Chaillot, puis à l'Odéon, comédien, il défend les textes qu'il aime, mène à bien de beaux projets. La lumière le passionne, enfin, en 2002, il crée la Compagnie Mugiscué. "J'aime dire : "Je fais du théâtre" et non pas : "Je suis comédien, ou metteur en scène." Ce qui m'intéresse, c'est l'objet théâtre dans sa globalité. La question que je me pose toujours est de savoir si j'ai quelque chose à dire, à apporter." Aujourd'hui, il monte Le Baiser sur l'asphalte de Nelson Rodrigues. Un auteur (décédé en 1980) célèbre dans son pays, quasiment inconnu chez nous, que Thomas Quillardet découvre à la faveur d'un voyage au Brésil. Ce pays lui fait à ce point le coup du charme qu'il y retourne chaque année, apprend le portugais, noue des amitiés et finit par se dire : "Autant essayer de faire quelque chose d'intéressant de mes deux passions."

"Ma fierté aujourd'hui est de faire découvrir des auteurs que l'on ne connaît pas"

Bien que ne partageant pas toujours le goût de l'auteur pour les faits divers sordides, la pièce lui plaît par son écriture syncopée, son rythme rapide, la justesse des personnages. "À partir d'un fait divers de deux lignes, Rodrigues bascule brusquement vers autre chose, il atteint l'universel et nous touche. Il réussit à transformer un phrasé de tous les jours en un véritable langage théâtral. C'est ce que j'appelle le fait d'un poète." Un jeune homme se fait renverser par un bus, un passant s'approche et l'embrasse sur la bouche. Début de l'histoire à partir de laquelle l'auteur parle de notre société. "La pièce n'entend pas dénoncer quoi que ce soit. La manipulation médiatique, la rumeur, la parole assassine et l'écrasement de ceux qui ne possèdent pas la force oratoire, sont les éléments fondateurs de ce texte, qui peut-être fera réfléchir." Thomas Quillardet enfile les idées passionnantes comme d'autres les perles. Organiser des lectures de romans devant un public plongé dans le noir absolu, afin de le conduire à privilégier le texte et le phrasé du comédien, par exemple. Ouvrir un petit théâtre là où il n'y a pas grand-chose, amener peu à peu les gens à découvrir des textes plus pointus. "Je pense qu'il faudrait dix ans pour que ça porte ses fruits, mais ce temps-là malheureusement on ne l'a plus et c'est ça le problème !" Le texte, le texte, le texte... Celui qui se voit avant tout comme un passeur d'écriture est très fier aujourd'hui, "Parce que je suis dans ma mission, celle de faire découvrir des auteurs que l'on ne connaît pas."
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 12/10/2005

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