Zoom par Patrick Adler
Phèdre
Au Théâtre Lucas-Paumier
Exit Ipanema, exit le Brésil. C'est en Grèce que Suzanne nous emmène désormais, en endossant le rôle ô combien prestigieux de Phèdre. Dans la mise en scène sobre et léchée de Jean-Yves Brignon, ce sont les vers de Racine et le jeu - puissant - des acteurs qui sont mis à l'honneur. Une totale réussite !
Elle le croyait mort, Thésée. Alors, poussée par sa fidèle confidente Oenone, l'épouse Phèdre joue son va-tout et confesse à Hippolyte qu'elle l'aime passionnément. Aussitôt éconduite et apprenant le retour inattendu de son mari qu'on croyait mort, elle rejette la faute sur son beau-fils (il est le fils d'Antiope et de Thésée), arguant qu'll a abusé de ses charmes.
Thésée, contrit et rageur, entend la plainte qui va nourrir sa colère jusques aux Dieux. Tout s'écroule alors comme un château de cartes. Oenone se donne la mort, Hyppolite est emporté par les flots - la vengeance de Neptune s'est accomplie - et Phèdre, désespérée, avoue son crime à Thésée.
"C'est un peu court, jeune homme", eût dit Cyrnao. Ce n'est qu'un pitch mais, développé sur deux heures d'une intensité folle sur un plateau quasi nu où, accrochés en fond de scène seuls quelques costumes apparaissent, permettant les changements de personnages, où les jeux de lumières savamment ajustés règlent les entrées et les sorties des comédiens qui, sur un son de clarinette, évoluent sur scène, on assiste deux heures durant à une puissance de jeu incroyable. Les mots claquent avec justesse, c'est intense, hypnotisant. On s'émeut de l'incompréhension mâtinée de colère d'Hyppolite comme de l'engagement, de la dévotion d'Oenone, de l'ingénuité de Aricie, de la colère muée en désarroi de Thésée... Et que dire du rôle-titre tenu, maîtrisé, sublimé par l'immense Suzanne Legrand qui, après sa légère, désinvolte et sémillante "fille d'Ipanema" (encensée dans nos colonnes) nous livre là une prestation de très haut niveau. Elle est bouleversante dans sa douleur comme dans son mensonge. Ses silences, sa voix rauque, son débit syncopé au milieu des pleurs nous tiennent en haleine.
Jean-Yves Brignon a donné à ce drame une fluidité surprenante, peut-être grâce à cette diction impeccable du quatuor merveilleusement dirigé. Il est de ces "Classiques" qu'on aime voir revisités, surtout quand le texte est respecté à la lettre.
Oubliez ces heures ardues au collège où, contraints et forcés, vous découvriez Racine. Enrichissez-vous de ces alexandrins, si merveilleusement servis.
C'est au Lucas-Paumier et nulle part ailleurs !
Thésée, contrit et rageur, entend la plainte qui va nourrir sa colère jusques aux Dieux. Tout s'écroule alors comme un château de cartes. Oenone se donne la mort, Hyppolite est emporté par les flots - la vengeance de Neptune s'est accomplie - et Phèdre, désespérée, avoue son crime à Thésée.
"C'est un peu court, jeune homme", eût dit Cyrnao. Ce n'est qu'un pitch mais, développé sur deux heures d'une intensité folle sur un plateau quasi nu où, accrochés en fond de scène seuls quelques costumes apparaissent, permettant les changements de personnages, où les jeux de lumières savamment ajustés règlent les entrées et les sorties des comédiens qui, sur un son de clarinette, évoluent sur scène, on assiste deux heures durant à une puissance de jeu incroyable. Les mots claquent avec justesse, c'est intense, hypnotisant. On s'émeut de l'incompréhension mâtinée de colère d'Hyppolite comme de l'engagement, de la dévotion d'Oenone, de l'ingénuité de Aricie, de la colère muée en désarroi de Thésée... Et que dire du rôle-titre tenu, maîtrisé, sublimé par l'immense Suzanne Legrand qui, après sa légère, désinvolte et sémillante "fille d'Ipanema" (encensée dans nos colonnes) nous livre là une prestation de très haut niveau. Elle est bouleversante dans sa douleur comme dans son mensonge. Ses silences, sa voix rauque, son débit syncopé au milieu des pleurs nous tiennent en haleine.
Jean-Yves Brignon a donné à ce drame une fluidité surprenante, peut-être grâce à cette diction impeccable du quatuor merveilleusement dirigé. Il est de ces "Classiques" qu'on aime voir revisités, surtout quand le texte est respecté à la lettre.
Oubliez ces heures ardues au collège où, contraints et forcés, vous découvriez Racine. Enrichissez-vous de ces alexandrins, si merveilleusement servis.
C'est au Lucas-Paumier et nulle part ailleurs !
Paru le 29/10/2026
(8 notes) THÉÂTRE LUCAS-PAUMIER Jusqu'au lundi 12 avril 2027
COMÉDIE DRAMATIQUE RÉPERTOIRE CLASSIQUE. Phèdre, épouse de Thésée, croit ce dernier mort. Libérée par cette nouvelle, elle se laisse aller à avouer à Hippolyte, son beau-fils, la passion coupable qu’elle éprouve pour lui. Cet aveu met bientôt Phèdre dans une situation intenable : non seulement Hippolyte la rejette mais Thésée, qui avait ...
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