Zoom par Patrick Adler
La vie devant soi
Comédie des Champs Elysées
Vingt ans après son Molière pour le rôle de "Madame Rosa" Myriam Boyer a choisi de reprendre du service dans "La vie devant soi" et l'on ne peut que s'en réjouir. Si l'adaptation et la mise en scène sont surprenantes, puisqu'elles font la part belle à Tigran Mekhitarian, le rendu est tout aussi touchant et imaginatif grâce, notamment, aux interventions brillantes de Léonard Stefanica qui endosse une foultitude de personnages et même... un chien !
On eût peut-être aimé la voir plus souvent, Madame Rosa. Comme perdue dans ce salon, elle souffre en silence. Comme si l'histoire d'avant nous était déjà connue, comme si, dans ce nouvel opus, tout démarrait par la fin. Ou presque. Passant assez vite sur les adoptions de la dame puis sa période de disette et la maladie qui ne l'ont fait retenir que Momo, que sait-on de cette ancienne prostituée passée par les camps, qui regorge d'amour pour ces enfants qui, quelque part, l'aident à tenir debout ?
Elle se raconte. Un peu. Au milieu des médocs qui tombent et jonchent le sol. Sa voix grave et cassée, comme elle, nous émeut et chacune de ses apparitions laisse apparaître toutes ses fêlures, ses colères, ses peurs - peur de la mort et surtout peur de laisser un orphelin - comme sa farouche détermination. Elle l'aime, elle le contemple "son" Momo, sa créature, sa chair qui, avec poésie et ce sourire omniprésent est le récitant et l'acteur d'une histoire qui les lie à la vie à la mort.
C'est énergique et presque participatif car le "Momo" imaginé par Tigran joue face au public, l'interpelle, le rend complice, d'autant qu'il réveille en chacun des interrogations légitimes comme celle de la fin de vie.
Après "La promesse de l'aube", très réussi et déjà couronné de succès en Avignon et actuellement à la Contrescarpe, à Paris, Tigran n'en finit plus de réinventer Gary. Au nom de l'amour. Quelle belle énergie !
Elle se raconte. Un peu. Au milieu des médocs qui tombent et jonchent le sol. Sa voix grave et cassée, comme elle, nous émeut et chacune de ses apparitions laisse apparaître toutes ses fêlures, ses colères, ses peurs - peur de la mort et surtout peur de laisser un orphelin - comme sa farouche détermination. Elle l'aime, elle le contemple "son" Momo, sa créature, sa chair qui, avec poésie et ce sourire omniprésent est le récitant et l'acteur d'une histoire qui les lie à la vie à la mort.
C'est énergique et presque participatif car le "Momo" imaginé par Tigran joue face au public, l'interpelle, le rend complice, d'autant qu'il réveille en chacun des interrogations légitimes comme celle de la fin de vie.
Après "La promesse de l'aube", très réussi et déjà couronné de succès en Avignon et actuellement à la Contrescarpe, à Paris, Tigran n'en finit plus de réinventer Gary. Au nom de l'amour. Quelle belle énergie !
Paru le 28/10/2026
(5 notes) STUDIO DES CHAMPS-ELYSEES Jusqu'au dimanche 20 décembre
COMÉDIE DRAMATIQUE. Mohamed, dit Momo, est un jeune garçon musulman élevé par Madame Rosa, une vieille femme juive, ancienne déportée, qui a consacré sa vie à recueillir les enfants des autres. Mais lorsque Rosa vieillit, tombe malade et refuse catégoriquement de finir ses jours à l’hôpital, les rôles s’inversent. C’...
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