Zoom par Patrick Adler
Macbett
Juliette Récamier
Crée il y a vingt ans, recréé au théâtre Juliette Récamier qui vient de rouvrir ses portes, ce "Macbett" de la Compagnie "Les Dramaticules", déjà encensé jadis par la presse et le public, n'a pas pris une ride en se réinventant et résonne plus que jamais dans ce monde tourmenté, en proie à la violence. Tous publics, il offre plusieurs grilles de lecture. Mais chacun est ébahi par la scénographie de Blandine Vieillot, la création sonore de Théo Pombet, les costumes d'Isabelle Granier et la direction d'acteurs d'une précision d'horloger de Jérémie Le Louët. Attendez-vous à plonger dans un univers fantasmagorique, à mi-chemin entre théâtre élisabéthain et conte fantastique. Ce "Macbett" est de très haute tenue. Du Grand Théâtre !
Entre farce et drame qui voient réapparaître les fantômes du passé, les sorcières et autres personnages ubuesques, il y a le texte, ardu et pourtant rendu fluide par l'interprétation des comédiens. Cette fluidité, ce doit être la marque de fabrique de Jérémy Le Louët qui donne aux accessoires comme le sceptre royal ou le trône une mobilité qui tranche avec le carcan des personnages. À l'étroit autant dans leur costume que dans leur aveuglement à l'Autorité, Macbeth et Banco se répètent, tels deux perroquets, devenant interchangeables jusque dans leurs discours qu'ils délivrent avec une emphase grotesque, faisant d'eux deux jocrisses ridicules et pathétiques. On est bien dans la farce. Mais la tragédie n'est pas loin qui pointe son nez avec les révélations soupçonneuses de la sorcière-chrysalide muée en Reine Duncan-papillon, le tout sur fond de guerre. Le champ de bataille est cauchemardesque.
Tout se joue dans une pénombre obstruée par des nuages de fumée où des fantômes chancelants apparaissent avant de disparaitre dans le noir. Les soldats se profilent dans un rouge-sang ambiant, échappant aux balles entre deux combats à l'épée sous les croassements des corbeaux et une musique sombre et lancinante qui accentue la dramaturgie.
Jérémie Le Louët illustre parfaitement l'esprit de Ionesco qui rend grotesque l'ambition de ces deux pauvres hères serviles que sont Macbett et Banco. Serviteurs zélés du Roi Duncan, despote pleutre et de la Reine Lady Duncan, dont le profil hiératique et le charme autoritaire en imposent, ils vont vite tourner casaque après les premières prémonitions de la sorcière qui se jouera ensuite de cette guerre d'égos en voyant le nouvel impétrant, Macbett, reproduira le même schéma autoritariste et mortifère. Il connaîtra le même destin funeste. De la soumission à la tyrannie, il n'y avait donc qu'un pas...
Ce "Macbett", dont l'esthétisme impose le respect, fourmille d'effets spéciaux qui le rendent jubilatoire. Les effets de brume sur le champ de bataille offrent un rendu ténébreux digne d'un film fantastique. Les gags ne sont pas en reste, qui alimentent la farce. Ainsi cette Lady Duncan chevauchant à la manière des Monty Python dans "Sacré Graal" ou le rideau invisible tiré par Macbett dont le meurtrier débarque... en short !
La pièce se déguste comme une gourmandise d'un chef étoilé, Longtemps après, on garde en bouche le plaisir des mots et il suffit de fermer les yeux pour que l'épopée tragi-comique réapparaisse. Un pur bonheur pour petits et grands !
Tout se joue dans une pénombre obstruée par des nuages de fumée où des fantômes chancelants apparaissent avant de disparaitre dans le noir. Les soldats se profilent dans un rouge-sang ambiant, échappant aux balles entre deux combats à l'épée sous les croassements des corbeaux et une musique sombre et lancinante qui accentue la dramaturgie.
Jérémie Le Louët illustre parfaitement l'esprit de Ionesco qui rend grotesque l'ambition de ces deux pauvres hères serviles que sont Macbett et Banco. Serviteurs zélés du Roi Duncan, despote pleutre et de la Reine Lady Duncan, dont le profil hiératique et le charme autoritaire en imposent, ils vont vite tourner casaque après les premières prémonitions de la sorcière qui se jouera ensuite de cette guerre d'égos en voyant le nouvel impétrant, Macbett, reproduira le même schéma autoritariste et mortifère. Il connaîtra le même destin funeste. De la soumission à la tyrannie, il n'y avait donc qu'un pas...
Ce "Macbett", dont l'esthétisme impose le respect, fourmille d'effets spéciaux qui le rendent jubilatoire. Les effets de brume sur le champ de bataille offrent un rendu ténébreux digne d'un film fantastique. Les gags ne sont pas en reste, qui alimentent la farce. Ainsi cette Lady Duncan chevauchant à la manière des Monty Python dans "Sacré Graal" ou le rideau invisible tiré par Macbett dont le meurtrier débarque... en short !
La pièce se déguste comme une gourmandise d'un chef étoilé, Longtemps après, on garde en bouche le plaisir des mots et il suffit de fermer les yeux pour que l'épopée tragi-comique réapparaisse. Un pur bonheur pour petits et grands !
Paru le 28/10/2026
(31 notes) THÉÂTRE JULIETTE RÉCAMIER (TJR) Jusqu'au dimanche 20 décembre
COMÉDIE DRAMATIQUE à partir de 10 ans. Ionesco défie Shakespeare dans cette mise en abîme du mythe. Les fidèles Macbett et Banco, qui ne connaissent ni la peur ni l’ambition, rencontrent d’étranges sorcières. Sous leur influence diabolique, ils découvrent l’envie, la jalousie, et sombrent peu à peu dans la folie. Dans un déferlement « ...
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