Zoom par Patrick Adler
Laponie
Théâtre de la Renaissance
Après "Le Prénom" et "Le Comte de Monte-Christo", Mathieu Delaporte et Alexandre de la Patellière nous livrent leur nouvel opus : "Laponie", une comédie très efficace, adaptée d'une pièce espagnole. Vous pouvez compter sur la vis comica d'un François-Xavier Demaison en pleine forme, l'inventivité de Patrick Mille et l'énergie des irrésistibles "Sœurs Pétard" : les diaboliques Ophélia Kolb et Elisa Erka. "Laponie" est une comédie familiale qui tient toutes ses promesses et se joue déjà souvent à guichets fermés. Alors... courez à La Renaissance !
Ah, ces repas qui dérapent... On en a connu des sévères, des violents. "Festen", j'imagine que ça vous parle. Avec "Laponie", le froid n'est qu'à l'extérieur et comme le chalet finlandais est chauffé, soyez rassurés. Là où ça risque de chauffer, en revanche, c'est quand on apprend que l'une des deux enfants a annoncé à son cousin que le Père Noël n'existe pas.
Et dire qu'ils ont fait des milliers de kilomètres pour fêter cette fin d'année en Laponie, au pays... du Père Noël, là où habite cette sœur qu'elle n'a pas vue depuis des lustres. Au choc de la nouvelle s'ensuit le choc de deux cultures : à la magie de la fête chrétienne s'oppose le protestantisme nordique qui nous rappelle un peu "Le festin de Babette".
À la bonne bouffe française s'oppose le veganisme finlandais et plus on avance dans la soirée, plus on gratte là où ça fait mal et c'est toute la magie de l'enfance qui s'effondre, la tradition mise au ban, les ressentiments familiaux qui surgissent et d'autres vérités, celles-là plus intimes, qui se font jour.
Ce pourrait être plombant, cette désillusion après cette bombe lâchée et ses effets collatéraux mais voir ces deux mondes s'opposer déclenche l'hilarité. Comment rattraper le repas, déjà indigeste pour le couple invité ? Quid des cadeaux ? Visiblement, les Nordiques n'ont pas cette culture... Les anathèmes pleuvent : on se traite de radins d'un côté, de capitalistes de l'autre. Comment faire ? Quid du Père Noël, d'Olaf le voisin qui était missionné pour l'incarner devant les enfants ? Avec tout l'aquavit qu'il a dans le sang, pas sûr qu'il soit en état. Si vous ajoutez à cela la symphonie des accents jouée par inénarrable Patrick Mille quand il s'exprime en finnois et cette diction mécanique et ce son guttural en français et le génial François-Xavier Demaison qui nous gratifie d'un florilège d'imitations - Reggiani Cluzet, Lagerfeld - à hurler de rire, faisant de cette parenthèse son "moment" de théâtre, celui où il "ramasse" tout et vous avez là toute la saveur de la comédie familiale, celle où l'on rit de bon cœur, celle qui nous parle, celle qui nous rapproche, celle qui fait sens. Demaison est ce mari pleutre qui, comme "la bonne du curé" d'Annie Cordy, voudrait bien mais peut point et s'abrite toujours derrière une formule : "Je suis Charlie", "Je suis Julie"... Ophélia Kolb et Elisa Erka sont ces deux sœurs éloignées depuis longtemps, l'une a épousé "le Nord" comme disait feu Galabru, l'autre est plus en révolte ("une vraie Française" dirait son beau-frère finlandais). Elles sont éloignées et proches à la fois car les liens du sang sont, au fond, plus forts que tout.
Dans ce ring symbolique où ils s'affrontent, quid des enfants ? Faut-il leur dire la vérité ou garder la magie de ces petits moments comme le Père Noël, la petite souris... Et s'ils savaient déjà...
Dans cette pièce - très réussie sur la place de la vérité dans le cercle intime, il y a une fenêtre grande ouverte pour le rire, ce rire franc et joyeux qui balaie toutes les certitudes, toutes les angoisses. Et il y a aussi... le sauna ! Vivement Noël ! En attendant venez le fêter en avance à La Renaissance !
Et dire qu'ils ont fait des milliers de kilomètres pour fêter cette fin d'année en Laponie, au pays... du Père Noël, là où habite cette sœur qu'elle n'a pas vue depuis des lustres. Au choc de la nouvelle s'ensuit le choc de deux cultures : à la magie de la fête chrétienne s'oppose le protestantisme nordique qui nous rappelle un peu "Le festin de Babette".
À la bonne bouffe française s'oppose le veganisme finlandais et plus on avance dans la soirée, plus on gratte là où ça fait mal et c'est toute la magie de l'enfance qui s'effondre, la tradition mise au ban, les ressentiments familiaux qui surgissent et d'autres vérités, celles-là plus intimes, qui se font jour.
Ce pourrait être plombant, cette désillusion après cette bombe lâchée et ses effets collatéraux mais voir ces deux mondes s'opposer déclenche l'hilarité. Comment rattraper le repas, déjà indigeste pour le couple invité ? Quid des cadeaux ? Visiblement, les Nordiques n'ont pas cette culture... Les anathèmes pleuvent : on se traite de radins d'un côté, de capitalistes de l'autre. Comment faire ? Quid du Père Noël, d'Olaf le voisin qui était missionné pour l'incarner devant les enfants ? Avec tout l'aquavit qu'il a dans le sang, pas sûr qu'il soit en état. Si vous ajoutez à cela la symphonie des accents jouée par inénarrable Patrick Mille quand il s'exprime en finnois et cette diction mécanique et ce son guttural en français et le génial François-Xavier Demaison qui nous gratifie d'un florilège d'imitations - Reggiani Cluzet, Lagerfeld - à hurler de rire, faisant de cette parenthèse son "moment" de théâtre, celui où il "ramasse" tout et vous avez là toute la saveur de la comédie familiale, celle où l'on rit de bon cœur, celle qui nous parle, celle qui nous rapproche, celle qui fait sens. Demaison est ce mari pleutre qui, comme "la bonne du curé" d'Annie Cordy, voudrait bien mais peut point et s'abrite toujours derrière une formule : "Je suis Charlie", "Je suis Julie"... Ophélia Kolb et Elisa Erka sont ces deux sœurs éloignées depuis longtemps, l'une a épousé "le Nord" comme disait feu Galabru, l'autre est plus en révolte ("une vraie Française" dirait son beau-frère finlandais). Elles sont éloignées et proches à la fois car les liens du sang sont, au fond, plus forts que tout.
Dans ce ring symbolique où ils s'affrontent, quid des enfants ? Faut-il leur dire la vérité ou garder la magie de ces petits moments comme le Père Noël, la petite souris... Et s'ils savaient déjà...
Dans cette pièce - très réussie sur la place de la vérité dans le cercle intime, il y a une fenêtre grande ouverte pour le rire, ce rire franc et joyeux qui balaie toutes les certitudes, toutes les angoisses. Et il y a aussi... le sauna ! Vivement Noël ! En attendant venez le fêter en avance à La Renaissance !
Paru le 13/10/2026
(2 notes) THÉÂTRE DE LA RENAISSANCE Jusqu'au jeudi 31 décembre
COMÉDIE. Après des années sans se voir, deux sœurs (Ophélia Kolb et Elisa Erka) et leurs maris (François-Xavier Demaison et Patrick Mille) se retrouvent pour passer le réveillon ensemble au pays du Père Noël. Mais quand la fille de l’une révèle au fils de l’autre que le Père Noël n’existe pas, la soirée ba...
|




