Interview par Jeanne Hoffstetter
Isabelle Carré
incarne Anne dans "Le Père" au théâtre Edouard VII
Une reprise mise en scène pour la première fois par son auteur Florian Zeller et pour laquelle la joyeuse impatience de la comédienne se manifeste déjà au détour de chaque question.
A quinze jours des répétitions, que pouvez-vous nous dire de ce projet, et comment l'avez-vous rejoint ?
Florian Zeller, qui m'avait déjà proposé d'autres pièces que je n'avais pu jouer, m'a contactée et je suis très heureuse d'avoir pu cette fois répondre oui !
A ce stade, on a fait une lecture très impressionnante émotionnellement, magnifique et bouleversante de la part de Pierre Arditi dont l'heure était venue de s'engager dans ce rôle. De ma vie, je n'ai jamais assisté à une aussi belle lecture. J'ai tellement hâte de commencer les répétitions et aussi de voir comment l'appartement, qui était traité comme un personnage dans le film, va l'être à la scène.
Vous connaissez Pierre Arditi pour avoir joué avec lui dans deux films « Cœurs » d'Alain Resnais et « Musée Haut, Musée Bas » de Jean-Michel Ribes.
C'est ça. Mais pour la petite histoire, je l'avais rencontré à 16 ans quand j'étais au cours Florent et que je passais une audition. Il m'avait dit que j'avais une vraie place dans ce métier. C'est le premier à m'avoir encouragée et il est vraiment un maître pour moi. Là, durant les répétitions, je vais pouvoir manger sans en perdre une miette tout ce que j'ai encore à apprendre !
Pénétrer par l'écriture littéraire et théâtrale les méandres de la dégénérescence cérébrale en nous touchant profondément, n'est ni simple ni habituel. Florian Zeller l'a fait de façon magistrale. Comment abordez-vous ce texte qui nous montre en outre qu'au théâtre le faux peut devenir si vrai ?
C'est magnifiquement écrit, à la fois d'une simplicité profonde et lumineuse tout en comportant de nombreuses déclinaisons, ce qui, pour le mémoriser, exige une grande concentration. Je me souviens avoir rencontré des difficultés comparables avec « Et la nuit qui chante » de Jon Fosse et « Biographie » de Max Frisch. Mais dans le texte de Florian je peux dire aussi qu'il y a quelque chose de passionnant, ce sont les silences, des courts, des longs, indiqués très précisément, le temps pour chacun de faire ressentir tout ce qui n'est pas dit. Ce que vous dites du vrai et du faux, c'est vraiment ce qui me passionne : ne plus pouvoir démêler l'un de l'autre. Avoir le sentiment que la fiction n'existe plus et que l'on est dans la vérité.
Pour avoir déjà rencontré à divers titres des relations père-fille complexes, que représente Anne à vos yeux ?
C'est toujours touchant pour moi d'aborder cette relation-là. Mon premier livre « Les Rêveurs » racontait un peu ça. Puis « Le Sourire d'Audrey Hepburn », une histoire assez méconnue de sa vie que j'ai jouée. Avec « Le Père » c'est différent, on connaît la violence des gens atteint d'Alzheimer, je l'ai rencontrée en jouant « Se souvenir des belles choses ». Ici, pour différentes raisons, la douleur d'Anne est très belle, d'autant qu'elle ne l'étale pas et n'éprouve aucun ressentiment, ce qui est très beau à une époque où il est présent partout. Ces personnages qui prennent de la hauteur sont toujours magnifiques à jouer et j'ai hâte d'être sur le plateau !
Florian Zeller, qui m'avait déjà proposé d'autres pièces que je n'avais pu jouer, m'a contactée et je suis très heureuse d'avoir pu cette fois répondre oui !
A ce stade, on a fait une lecture très impressionnante émotionnellement, magnifique et bouleversante de la part de Pierre Arditi dont l'heure était venue de s'engager dans ce rôle. De ma vie, je n'ai jamais assisté à une aussi belle lecture. J'ai tellement hâte de commencer les répétitions et aussi de voir comment l'appartement, qui était traité comme un personnage dans le film, va l'être à la scène.
Vous connaissez Pierre Arditi pour avoir joué avec lui dans deux films « Cœurs » d'Alain Resnais et « Musée Haut, Musée Bas » de Jean-Michel Ribes.
C'est ça. Mais pour la petite histoire, je l'avais rencontré à 16 ans quand j'étais au cours Florent et que je passais une audition. Il m'avait dit que j'avais une vraie place dans ce métier. C'est le premier à m'avoir encouragée et il est vraiment un maître pour moi. Là, durant les répétitions, je vais pouvoir manger sans en perdre une miette tout ce que j'ai encore à apprendre !
Pénétrer par l'écriture littéraire et théâtrale les méandres de la dégénérescence cérébrale en nous touchant profondément, n'est ni simple ni habituel. Florian Zeller l'a fait de façon magistrale. Comment abordez-vous ce texte qui nous montre en outre qu'au théâtre le faux peut devenir si vrai ?
C'est magnifiquement écrit, à la fois d'une simplicité profonde et lumineuse tout en comportant de nombreuses déclinaisons, ce qui, pour le mémoriser, exige une grande concentration. Je me souviens avoir rencontré des difficultés comparables avec « Et la nuit qui chante » de Jon Fosse et « Biographie » de Max Frisch. Mais dans le texte de Florian je peux dire aussi qu'il y a quelque chose de passionnant, ce sont les silences, des courts, des longs, indiqués très précisément, le temps pour chacun de faire ressentir tout ce qui n'est pas dit. Ce que vous dites du vrai et du faux, c'est vraiment ce qui me passionne : ne plus pouvoir démêler l'un de l'autre. Avoir le sentiment que la fiction n'existe plus et que l'on est dans la vérité.
Pour avoir déjà rencontré à divers titres des relations père-fille complexes, que représente Anne à vos yeux ?
C'est toujours touchant pour moi d'aborder cette relation-là. Mon premier livre « Les Rêveurs » racontait un peu ça. Puis « Le Sourire d'Audrey Hepburn », une histoire assez méconnue de sa vie que j'ai jouée. Avec « Le Père » c'est différent, on connaît la violence des gens atteint d'Alzheimer, je l'ai rencontrée en jouant « Se souvenir des belles choses ». Ici, pour différentes raisons, la douleur d'Anne est très belle, d'autant qu'elle ne l'étale pas et n'éprouve aucun ressentiment, ce qui est très beau à une époque où il est présent partout. Ces personnages qui prennent de la hauteur sont toujours magnifiques à jouer et j'ai hâte d'être sur le plateau !
Paru le 05/11/2026
(1 notes) THÉÂTRE ÉDOUARD VII Jusqu'au jeudi 31 décembre
COMÉDIE DRAMATIQUE. Un homme refuse toute aide de sa fille au fur et à mesure qu'il vieillit. Alors qu'il essaie de comprendre ce qui se passe autour de lui, il commence à douter de ses proches, de son esprit et même de sa propre réalité.
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