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© Marie Clouzié
Portrait par Patrick Adler
Rudy Milstein

« Rudy, il s'appelle Rudy, c'est un garçon pas comme les autres... » En détournant ce standard de Starmania, on se dit qu'il mérite bien cet hommage, Rudy Milstein. Oui, on peut s'enorgueillir de connaître ce grand garçon au look débraillé, aux cheveux rarement coiffés, à ce post-ado attachant qui, contre vents et marées, arbore un large sourire et une décontraction qui forcent d'emblée la sympathie.
Oui, Rudy est un homme amène, poli, courtois et... talentueux en diable. Issu de « La bande à Palmade », il a su comme d'autres, s'imposer tant dans le jeu que dans l'écriture. Brillantissime dans « Mes chers parents », la comédie-culte qui se joue depuis des années au Théâtre de Paris, il s'est ensuite lancé dans l'écriture de « C'est pas facile d'être heureux quand on va mal ». Première pièce, premier succès. Avec, à la clef, deux Molières, des salles pleines. Suivront un film « Tout va super » (joli succès) et... le deuxième opus, alors que se joue en tournée comme à Paris le premier.

Quid de « J'espère que nos enfants iront mieux que nous » ? Rudy est-il en passe de devenir le Woody Allen français ? A sa manière légère, décontractée de parler de ses névroses, de les assumer en bloc, il y a assurément du Woody chez lui. S'il affiche un feel good de bon aloi, il y a derrière tout cela gravité, sérieux, sens. La tête dans les nuages, il n'en a pas moins les pieds sur terre. Fin observateur, il se nourrit de tout, de ses propres expériences comme de celles de son entourage. Ainsi peut-il décortiquer avec talent nos petites mesquineries du quotidien, nos faiblesses, nos failles. Il interroge, il s'interroge, il nous interroge et c'est en cela que, depuis « C'est pas facile d'être heureux... », il capte l'attention d'un public toujours plus nombreux qui se reconnait dans ses interrogations comme dans son analyse de notre monde. Il a rajeuni l'écriture, c'est un public plus jeune (beaucoup de trentenaires) qui, depuis le Théâtre Lepic (qui collectionne les statuettes, bravo Salomé Lelouch), le suit et draine parents, enfants et amis.

En s'attaquant à la parentalité aujourd'hui, il porte à la fois un regard lucide et acide sur le couple. Faut-il faire des enfants si on n'a pas réglé ses problèmes personnels ? Un enfant n'est pas un jouet, une expérience.

Dans la pièce, ce sont deux couples amis de longue date qui se font face. L'un est dysfonctionnel, l'autre pas. S'il y a de la friture chez le premier, tout fonctionne en revanche côté parentalité. Trois enfants. Chez le second, couple modèle (mari aimant, soutien inconditionnel de son épouse), la mécanique de procréation semble défectueuse : quelques fausses couches avant d'accueillir le nouveau-né pour lequel les vilaines fées prédisent via un test génétique révolutionnaire, un avenir chahuté, peu favorable. Effrayant ! On est entre « 1984 » de Orwell et « Black Mirror », la série de Charlie Brooker dont Rudy Milstein avoue s'être inspiré. Attendez-vous à être mis sous tension mais... dans l'humour à La Pépinière ! Bravo, Rudy !
Paru le 30/10/2026

(48 notes)
J’ESPÈRE QUE NOS ENFANTS IRONT MIEUX QUE NOUS
PÉPINIÈRE THÉÂTRE (LA)
Jusqu'au samedi 2 janvier 2027

THÉÂTRE CONTEMPORAIN. Marie et Anne sont meilleures amies. Marie accouche enfin de son premier enfant après des années d'échec, Anne de son troisième alors qu'elle n'en voulait pas. A la maternité, un nouveau test génétique révèle à Marie que son fils aura des soucis à l'age adulte. Paniquée et seule face aux deux berc...

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