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© Ludovic Baron
Interview par Philippe Escalier
Virginie Lemoine
met en scène « Le Guide du parfait gentleman assassin »

Tirée du succès de Broadway « A Gentleman's Guide to Love and Murder », adaptée par Stéphane Laporte, la comédie musicale est installée au Théâtre du Palais-Royal depuis le 21 août, avec onze comédiens-chanteurs et trois musiciens. À la mise en scène, Virginie Lemoine, familière du théâtre comme de la comédie musicale.
L'histoire : une immense fortune, un titre de comte, et une famille entière en travers du chemin. Londres, 1909. Un jeune homme sans le sou entreprend d'éliminer ses prédécesseurs, méthodiquement et avec panache.

Virginie, quelle est la plus grande difficulté à laquelle vous avez eu à vous attaquer ?

Le nombre de décors. À la lecture du livret, j'ai eu le sentiment de tenir là mon tout premier défi, tant les changements d'espaces sont fréquents. La difficulté s'accroît quand on sait que le Théâtre du Palais-Royal dispose de peu d'espace de stockage.
L'autre tour de force, c'est Benoît Cauden, qui incarne à lui seul les huit membres de la famille, dont sept sont appelés à disparaître.
Nous avons passé une journée de travail à la maison. Nous avons défini chaque personnage, ce qui allait le caractériser, puis cherché les moyens de le faire exister le plus efficacement possible. Nous sommes allés très vite, car Benoît Cauden, qui est pour moi un pur génie, travaille avec une rapidité et une efficacité redoutables. À cette chance s'ajoute celle d'avoir onze comédiens-chanteurs formidables sur le plateau. Du velours. Nous sommes très heureux de cette distribution. Et de cette musique, composée au début des années 2000, qui donne l'impression de venir de la fin du XIXe siècle.

Les décors dont nous parlions, et les costumes, sont essentiels dans ce spectacle plein d'humour.

Axel Boursier, notre créateur de costumes, a su concilier la beauté des étoffes et la nécessité d'en changer très vite, sous la lumière de Mehdi Izza. Mon frère Grégoire Lemoine, qui signe les décors, a voulu jouer la modernité. En l'absence de projection vidéo, ils gardent toute leur importance et c'est aussi sur eux que repose le burlesque inhérent à l'œuvre. Il y a des morts, certes, mais ce sont chaque fois des accidents cocasses qui prêtent à rire. Le drame, en vérité, se loge dans le contexte amoureux, avec ces deux femmes dont l'amour échappe à notre gentleman.

Stéphane Laporte, compagnon de route de longue date, signe l'adaptation. Comment est-il intervenu ?

Je ne compte plus nos collaborations, toujours menées avec un immense plaisir. Sur ce projet, je l'ai beaucoup sollicité. Je l'ai tenu informé à chaque étape de la création, il assiste à toutes les répétitions, ce qui me rassure beaucoup. Le travail s'est fait en équipe, avec également Mariejo Buffon, notre chorégraphe, et Charlotte Gauthier, la directrice musicale.

Vous voilà donc armée d'une équipe nombreuse, ce qui devient rare dans le théâtre privé.

En effet, et nous sommes redevables à Sébastien Azzopardi du Théâtre du Palais-Royal, à Atelier Théâtre Actuel de Fleur et Thibaud Houdinière, à Caramba Culture Live et à Play Two, qui nous suivent et nous soutiennent.
Paru le 17/10/2026

(47 notes)
GUIDE DU PARFAIT GENTLEMAN ASSASSIN
THÉÂTRE DU PALAIS-ROYAL
Jusqu'au dimanche 20 décembre

COMÉDIE MUSICALE. Londres, 1906. Un jeune homme sans-le-sou apprend par accident qu’il est légataire d’une immense fortune et d’un titre de Comte. Seule ombre au tableau : huit héritiers le précédent. Qu’à cela ne tienne : il entreprend, méthodiquement mais toujours avec panache, de les éliminer un par un.

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