Dossier par Philippe Escalier
Alexis Michalik
prend les rênes du Théâtre Hébertot
Le dramaturge s'offre un écrin parisien et y installera sa prochaine création dès janvier 2027
C'est l'une des reprises les plus commentées de la saison. Le Théâtre Hébertot, édifié en 1838 sur le boulevard des Batignolles et piloté trente années durant par Jacques Hébertot, change de mains. Depuis le printemps 2026, Alexis Michalik en assure la direction artistique aux côtés de trois associés, Caroline Verdu, directrice de la Pépinière, Benjamin Bellecour et Camille Torre, cofondateurs avec lui de la société de production Acmé. Francis Lombrail, qui tenait la maison depuis quatorze ans, reste de l'aventure, gage de continuité pour une salle qui a multiplié les succès.
Pour l'auteur d'« Edmond », révélé quinze ans plus tôt par « Le Porteur d'histoire » puis « Le Cercle des illusionnistes », l'opération relève d'une conviction ancienne. Posséder un lieu, c'est disposer d'un port d'attache où défendre le théâtre que l'on aime. Il devient ainsi codirecteur de deux maisons, lui qui avait déjà repris, en septembre 2025, le Théâtre des Salinières à Bordeaux, avec Morgan Spillemaecker, directeur du Théâtre de la Renaissance, et Salomé Lelouch. La direction collégiale du Hébertot prolonge cette logique, celle d'un créateur qui veut maîtriser toute la chaîne, du texte à la scène jusqu'à la salle elle-même.
Un héritage prestigieux
Les nouveaux propriétaires reçoivent en partage une salle à l'histoire dense, qui vit naître des pièces de Jean Cocteau, Jean Giraudoux, Albert Camus ou André Malraux. Sous la direction de Francis Lombrail, le Hébertot avait enchaîné les rendez-vous marquants, « Le Père » de Florian Zeller porté par Robert Hirsch, « Le Roi se meurt » d'Eugène Ionesco avec Michel Bouquet, plus récemment « 12 hommes en colère ». La nouvelle équipe entend prolonger cette exigence en misant sur les auteurs vivants et la création contemporaine, terrain de prédilection de son directeur artistique. Sa première saison s'ouvrira en janvier 2027.
Une création pour ouvrir le nouveau chapitre
C'est précisément à cette date que le metteur en scène y présentera « Le Mariage de David et Leïla ou le jour de l'éclipse », dont il signe le texte et la mise en scène, à l'affiche à partir du 30 janvier. Dans un château isolé, deux familles célèbrent une union interreligieuse, celle de David, poète rêveur, et de Leïla, chirurgienne accomplie. Ce sera sa première création depuis « Passeport », en 2024, et un test grandeur nature pour le lieu qu'il vient de faire sien.
Car l'homme ne connaît guère de répit. « Passeport », récit d'un jeune Érythréen en quête de titre de séjour, poursuit sa tournée après une longue série à la Renaissance, non sans heurts, sa déprogrammation en juin par la mairie RN de Castres ayant relancé le débat sur la liberté de création. Ses œuvres antérieures, d'« Intra Muros » à « Une histoire d'amour », continuent de tourner en France et à l'étranger. Entre l'écriture, la scène et désormais la gestion de deux théâtres, Alexis Michalik s'impose comme l'une des figures les plus influentes du théâtre privé français, celle d'un artiste décidé à peser autant sur les plateaux que sur les fauteuils qu'il occupe.
Pour l'auteur d'« Edmond », révélé quinze ans plus tôt par « Le Porteur d'histoire » puis « Le Cercle des illusionnistes », l'opération relève d'une conviction ancienne. Posséder un lieu, c'est disposer d'un port d'attache où défendre le théâtre que l'on aime. Il devient ainsi codirecteur de deux maisons, lui qui avait déjà repris, en septembre 2025, le Théâtre des Salinières à Bordeaux, avec Morgan Spillemaecker, directeur du Théâtre de la Renaissance, et Salomé Lelouch. La direction collégiale du Hébertot prolonge cette logique, celle d'un créateur qui veut maîtriser toute la chaîne, du texte à la scène jusqu'à la salle elle-même.
Un héritage prestigieux
Les nouveaux propriétaires reçoivent en partage une salle à l'histoire dense, qui vit naître des pièces de Jean Cocteau, Jean Giraudoux, Albert Camus ou André Malraux. Sous la direction de Francis Lombrail, le Hébertot avait enchaîné les rendez-vous marquants, « Le Père » de Florian Zeller porté par Robert Hirsch, « Le Roi se meurt » d'Eugène Ionesco avec Michel Bouquet, plus récemment « 12 hommes en colère ». La nouvelle équipe entend prolonger cette exigence en misant sur les auteurs vivants et la création contemporaine, terrain de prédilection de son directeur artistique. Sa première saison s'ouvrira en janvier 2027.
Une création pour ouvrir le nouveau chapitre
C'est précisément à cette date que le metteur en scène y présentera « Le Mariage de David et Leïla ou le jour de l'éclipse », dont il signe le texte et la mise en scène, à l'affiche à partir du 30 janvier. Dans un château isolé, deux familles célèbrent une union interreligieuse, celle de David, poète rêveur, et de Leïla, chirurgienne accomplie. Ce sera sa première création depuis « Passeport », en 2024, et un test grandeur nature pour le lieu qu'il vient de faire sien.
Car l'homme ne connaît guère de répit. « Passeport », récit d'un jeune Érythréen en quête de titre de séjour, poursuit sa tournée après une longue série à la Renaissance, non sans heurts, sa déprogrammation en juin par la mairie RN de Castres ayant relancé le débat sur la liberté de création. Ses œuvres antérieures, d'« Intra Muros » à « Une histoire d'amour », continuent de tourner en France et à l'étranger. Entre l'écriture, la scène et désormais la gestion de deux théâtres, Alexis Michalik s'impose comme l'une des figures les plus influentes du théâtre privé français, celle d'un artiste décidé à peser autant sur les plateaux que sur les fauteuils qu'il occupe.
Paru le 01/11/2026




