Zoom par Patrick Adler
Walt : La folie Disney
À la Huchette
« L'avenir appartient à ceux (et celles) qui se lèvent tôt », dit-on. Vous n'allez pas le regretter en vous rendant à la Huchette pour assister à la performance exceptionnelle du comédien Clément Vieu dans « Walt : La folie Disney ». Après un Avignon à guichets fermés au Chêne Noir (excusez du peu), il débarque à Paris. Et c'est un événement théâtral à ne pas manquer car ce comédien est bluffant, époustouflant, génial. Les mots me manquent...
Syndrome de Guy Degrenne ? La pub, ça ne vous rappelle rien ?
Walt, c'était un cancre, un bon à rien, un abruti, nul au violon, passant son temps à faire des gribouillis. Ça, c'est ce que disait son père. Quelques décennies après, il devient le premier créateur d'un film d'animation qui fera des millions d'entrées et générera des milliards de dollars. Alors, prêts pour l'aventure « Blanche Neige » ?
On ne sort jamais complètement de son enfance. On accepte les coups, les remontrances, les humiliations ou on s'en moque, on ronge son frein, on attend son heure, on se bat contre le destin familial. Walt aura tout misé sur le conte de Grimm mais ce personnage de princesse diaphane, comme ses accompagnants, végétaux, animaux, il va les redessiner, leur offrir une nouvelle vie, en un mot, les animer. Pour ce faire, il deviendra à son tour autocrate, d'une exigence folle, défiant toutes les lois, faisant fi des conseils, déroutant les banquiers, les financiers - ils finiront bien par céder -, acceptant les hypothèques, courant dans toute l'Europe à la recherche de livres d'images pour inspirer les scénaristes, dessinateurs, coloristes.
Comme le petit cheval blanc de la chanson de Georges Brassens, il sera « le petit cheval blanc, tous derrière et lui devant ».
Assis à son bureau, un verre de scotch à la main, il parle, téléphone, s'anime, se lève, ouvre le bureau sur le coté (formidable création de Juliette Azzopardi et Jean-Benoit Thibaud), s'allonge (le bureau est devenu lit), se relève. L'homme est fiévreux, hyperactif, focus, focus, focus sur son projet au point d'inquiéter ses congénères sur sa santé mentale. On le dit fou, il en rit. Lui, il crée, passant du simple dessin aux ombres chinoises, mimant les situations, s'essayant même aux voix à donner à ses personnages. Pour incarner un tel génie, il fallait la classe, l'élégance, l'assurance et surtout le métier de Clément Vieu. Fine moustache, costume élégant, il porte beau, a le charme et le charisme de ces acteurs américains qui nous ont fait rêver et un abattage époustouflant. Il est ce créateur torturé, en proie au doute mais qui ne lâche rien. Jamais. Au risque de tromper sa femme avec sa création imaginaire : Blanche Neige, ne plus être présent dans le foyer familial, faire de son bureau-lit son antre, sa thébaïde. C'est puissant, magistral, impérial. Clément Vieu, comme le modèle qu'il incarne, est de la race des Seigneurs.
Disney avait un dessein : propager la culture au plus grand nombre. Ce bâtisseur de l'impossible, méprisé et incompris souvent, reconnu et adulé ensuite nous démontre que derrière un petit vendeur de journaux, derrière un gribouilleur et violoniste amateur se cache parfois une âme de chef d'orchestre. Il aura tout pensé, de bout en bout et réussi à tout faire exécuter. Ce « passeur d'histoire » comme il se présentait avait cet atout majeur de bien connaître l'homme, au sens large du terme. C'est peut-être cela, la première clef du succès : connaître l'autre !
Courez voir ce petit chef-d'œuvre !
Walt, c'était un cancre, un bon à rien, un abruti, nul au violon, passant son temps à faire des gribouillis. Ça, c'est ce que disait son père. Quelques décennies après, il devient le premier créateur d'un film d'animation qui fera des millions d'entrées et générera des milliards de dollars. Alors, prêts pour l'aventure « Blanche Neige » ?
On ne sort jamais complètement de son enfance. On accepte les coups, les remontrances, les humiliations ou on s'en moque, on ronge son frein, on attend son heure, on se bat contre le destin familial. Walt aura tout misé sur le conte de Grimm mais ce personnage de princesse diaphane, comme ses accompagnants, végétaux, animaux, il va les redessiner, leur offrir une nouvelle vie, en un mot, les animer. Pour ce faire, il deviendra à son tour autocrate, d'une exigence folle, défiant toutes les lois, faisant fi des conseils, déroutant les banquiers, les financiers - ils finiront bien par céder -, acceptant les hypothèques, courant dans toute l'Europe à la recherche de livres d'images pour inspirer les scénaristes, dessinateurs, coloristes.
Comme le petit cheval blanc de la chanson de Georges Brassens, il sera « le petit cheval blanc, tous derrière et lui devant ».
Assis à son bureau, un verre de scotch à la main, il parle, téléphone, s'anime, se lève, ouvre le bureau sur le coté (formidable création de Juliette Azzopardi et Jean-Benoit Thibaud), s'allonge (le bureau est devenu lit), se relève. L'homme est fiévreux, hyperactif, focus, focus, focus sur son projet au point d'inquiéter ses congénères sur sa santé mentale. On le dit fou, il en rit. Lui, il crée, passant du simple dessin aux ombres chinoises, mimant les situations, s'essayant même aux voix à donner à ses personnages. Pour incarner un tel génie, il fallait la classe, l'élégance, l'assurance et surtout le métier de Clément Vieu. Fine moustache, costume élégant, il porte beau, a le charme et le charisme de ces acteurs américains qui nous ont fait rêver et un abattage époustouflant. Il est ce créateur torturé, en proie au doute mais qui ne lâche rien. Jamais. Au risque de tromper sa femme avec sa création imaginaire : Blanche Neige, ne plus être présent dans le foyer familial, faire de son bureau-lit son antre, sa thébaïde. C'est puissant, magistral, impérial. Clément Vieu, comme le modèle qu'il incarne, est de la race des Seigneurs.
Disney avait un dessein : propager la culture au plus grand nombre. Ce bâtisseur de l'impossible, méprisé et incompris souvent, reconnu et adulé ensuite nous démontre que derrière un petit vendeur de journaux, derrière un gribouilleur et violoniste amateur se cache parfois une âme de chef d'orchestre. Il aura tout pensé, de bout en bout et réussi à tout faire exécuter. Ce « passeur d'histoire » comme il se présentait avait cet atout majeur de bien connaître l'homme, au sens large du terme. C'est peut-être cela, la première clef du succès : connaître l'autre !
Courez voir ce petit chef-d'œuvre !
Paru le 24/09/2026
(26 notes) THÉÂTRE DE LA HUCHETTE Jusqu'au samedi 21 novembre
THÉÂTRE CONTEMPORAIN à partir de 12 ans. Qui était Walter Elias Disney ? Certainement, l’homme le plus méconnu de la terre. Un nom controversé, adulé, incompris… Coincé entre la vie et l’imaginaire, Walt avait un rêve : marquer l’histoire et offrir ses lettres de noblesse au cartoon. Prêt à tout pour atteindre le sublime, il a frôlé le d...
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