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©Pascal Ito


Walter
au Palais des Glaces
Ce Belge vivant entre Bruxelles, Paris et l'Espagne où il aime se (re)poser le plus souvent possible, a exercé son métier d'ingénieur "un nombre incalculable d'années, huit!". Mais à 32 ans, lui vient l'envie de devenir une synthèse des humoristes qu'il admire depuis l'âge de 10 ans, "Coluche, dont j'étais le seul à l'école à comprendre que ses blagues sur les belges n'étaient pas méchantes, Desproges parce que j'ai toujours été plus intelligent que la moyenne (rire) et Le Luron parce qu'il il était chic". Il entre aux Cours Florent, fait un stage de one man et, tel un peintre qui copie les grands maîtres, ajoute à son apprentissage quelques Anglo-Saxons dont il s'affranchira complètement en trouvant sa voie car, ayant compris qu'il devrait créer ses propres spectacles pour exister, il monte sur scène.
Vous avez une parole libre, provocante et un verbe satirique. Pourquoi ce choix ?
Je n'ai rien à dénoncer et je n'aime pas le politiquement correct qui consiste à dire des choses fausses en dépit du bon sens pour ne heurter personne. C'est ridicule. Il faut voir le monde tel qu'il est. Moi, comme dans le conte d'Andersen, je suis l'enfant qui dit que le roi est nu ! Et j'ai choisi de m'amuser de ce monde-là.

Avez-vous des limites à ne pas franchir ?
Ce qui me fait rire doit aussi faire rire le public. La seule chose que je m'interdis, c'est de ne pas trouver la façon de l'emmener avec moi. Plus les sujets sont sensibles, plus cela demande du travail. Ainsi, en ce moment, je suis en train d'écrire sur l'affaire Weinstein. Pas facile ! J'irai, comme je le fais toujours, tester ce passage dans des scènes ouvertes car, parfois, j'ai de fausses bonnes idées. Lorsque je serai enfin satisfait, je l'incorporerai dans « Formidable » car c'est agréable de retrouver de la fraîcheur quand on joue un spectacle sur une longue durée. Pour ça, j'ajoute, j'enlève, je remets... C'est du spectacle vivant !

Le titre de votre nouveau spectacle, « Formidable », semble être un pied-de-nez à notre époque. Je me trompe ?
Mais oui ! (rire) La vie est formidable si on la prend pour ce qu'elle est, à savoir... une grande tartine de merde ! Sinon, on est déçu et on a une vie à la con. Surtout ne pas se dire que trente ans de mariage c'est le bonheur décrit par les magazines ! Que l'Europe c'est la grande union des peuples ! Comment voulez-vous que les Grecs et les Allemands marchent du même pas ! Que les homosexuels ont une vie meilleure aujourd'hui ! Maintenant, ils peuvent se marier... ils vont en baver, comme les autres ! Quant à la démocratie, quand on voit les émissions les plus populaires, comment ne pas douter de ceux qui votent ? Bref, plus on est pessimiste, plus on peut rigoler. On va tous mourir alors autant en profiter. C'est ça qui rend la vie formidable ! Je suis un véritable hédoniste, voire un peu obsessionnel car je lis des études sur ce qui, de manière prouvée, rend les gens heureux selon leur personnalité. J'essaie de ne pas contenter de plaisirs éphémères.... pour essayer d'être un peu plus formidable chaque jour. Avec ça, je peux passer dans Psychologie Magazine, non ? (rire)
Zoom par Caroline Fabre
Paru le 15/12/2018

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WALTER "FORMIDABLE !"   (10 notes)
PALAIS DES GLACES
Jusqu'au samedi 29 décembre

TEXTES. Malgré ses airs de gendre parfait, Walter a le verbe satirique et l’humeur peu propice au politiquement correct. Formidable la vie ? Sûrement… si l’on n’oublie jamais, comme l’avoue cet idéaliste pragmatique, que l’important reste de rire de tout, surtout si on le fait avec classe. Walter a chroni...


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