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D.R.


Christine Murillo
reprend “Dis à ma fille que je pars en voyage” au théâtre de l’Oeuvre
Face à Denise Chalem, auteur et metteur en scène de "Dis à ma fille que je pars en voyage", Christine Murillo retourne
en prison sur les planches du théâtre de l'Oeuvre pour 100 représentations qui tiennent à cœur de celle qui définit ainsi son art : "Le théâtre, c'est fait pour être éphémère. C'est fait pour se creuser la cervelle, pour y repenser."
Sa vie sur les planches
Christine Murillo n'aime pas beaucoup parler d'elle. "J'ai l'impression que ça fait trente ans que je dis la même chose", lance-t-elle d'emblée. Ce qui ne l'empêche pas, entre deux rires et deux gorgées de bière, de livrer des bribes d'une vie tout entière vouée au théâtre. "Je suis définissable par mon travail, parce que ma vie elle est comme tout le monde. C'est ce qui fait ma force : je ne me sens tellement pas passionnante, je n'ai tellement pas d'avis définitif sur les choses que, quand j'ai une pièce qui dit des choses belles, fortes, intéressantes, riches..., j'en profite." Une profession de foi qui s'applique particulièrement bien à Dis à ma fille que je pars en voyage, la pièce de Denise Chalem qu'elle reprend au théâtre de l'Œuvre en ce début de printemps, quelques mois après une création unanimement saluée au Rond-Point. Elle y joue Dominique, contrainte de partager sa cellule avec une autre femme avec laquelle ses rapports ne cesseront d'évoluer, de l'ignorance volontaire à l'amitié, en passant par tous les sentiments intermédiaires. "Un personnage magnifique, avec des secrets, des évolutions... Dominique est une femme qui a renoncé à vivre... Ou plutôt qui a réussi à trouver une vie en prison... Non, oubliez ça, ce qu'il faut dire est écrit dans la pièce quand elle dit : "Mais je me plais en taule, moi." C'est ça. D'ailleurs, c'est peut-être la première chose qui nous rapproche : moi, je me plais partout où je suis. Je deviens chez moi partout. Ma cellule, c'est chez moi."
Chez elle, d'abord et avant tout, c'est la scène, un métier qu'elle a choisi après "des détours" et commencé "pour de mauvaises raisons, pour faire mon intéressante" avant de faire "les bonnes rencontres au bon moment" à l'époque du Conservatoire. C'est là, d'ailleurs, qu'elle se lie avec Denise Chalem, avec laquelle elle travaille ici pour la première fois. "C'est encore plus valorisant d'être choisie par une amie, quelqu'un qui connaissait déjà tous mes défauts et qui malgré ça..." Ses défauts ? "Je râle. Ça peut être fatigant. Et encore, avec le temps, je suis de plus en plus zen..." Râleuse, peut-être, mais sacrément vivante, Christine Murillo, chaleureuse,
passionnée, présence imposante et légère à la fois, tellement pleine de son métier qu'elle a un mal fou à voir jouer par d'autres une pièce qu'elle a interprétée. "Ce n'est pas viscéral, c'est juste ma vie, je n'en ai pas d'autre", résume-t-elle joliment, soulignant à quel point chez elle qui a travaillé, à la Comédie-Française ou ailleurs, avec les meilleurs metteurs en scène (Régy, Roussillon, Bouté, Vincent, Lassalle, Villégier, Weber, Arias, Pelly, Didym, etc.), le théâtre et la vie se confondent. "Je n'ai aucune envie de savoir ce que c'est une vraie cellule. La pièce dit que c'est ça une cellule, alors c'est ça."
Portrait par Didier Roth-Bettoni
Paru le 09/05/2005

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