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Pierre Cassignard et Philippe Torreton
D.R.
Philippe Torreton et Anne-Marie Étienne
pour « On ne refait pas l’avenir » aux Bouffes-Parisiens
Anne-Marie Étienne, comédienne, réalisatrice, metteur en scène et auteur, a écrit pour un comédien de grand talent, Philippe Torreton, « On ne refait pas l'avenir », une comédie aussi légère et touchante que le film « La vie est belle » de Franck Capra.
Philippe TORRETON

Imaginez, pour la spectatrice professionnelle que je suis, ce que peut signifier de rencontrer Philippe Torreton, comédien que je considère comme étant l'un de nos plus grands.
Mon tout premier article dans Pariscope portait sur Le Malade imaginaire de Molière, dans la mise en scène de Gildas Bourdet à la Comédie-Française. C'était en 1991 et Philippe Torreton faisait partie de la « grande maison » depuis un an. Il sortait du Conservatoire, où il avait été l'élève de Madeleine Marion, Catherine Hiegel et Daniel Mesguich. Pour moi, ce fut le choc. Ce garçon interprétant le rôle de Thomas Diafoirus avait une présence énorme. Son jeu était d'une grande subtilité. Voilà, j'étais devenue une fan. Après, il y eut Le Barbier de Séville de Beaumarchais, sa prestation quasi muette dans le rôle de Colin dans George Dandin, grandiose avec trois fois rien...
Il fut un Arlequin magnifique dans La Double Inconstance de Marivaux, un Tartuffe original et l'un des meilleurs Scapin, dans la très originale mise en scène de Jean-Louis Benoît... Je vous avais prévenus, je suis une inconditionnelle.

Bertrand Tavernier, réalisateur qui aime les comédiens, utilisa son talent dans L.627, L'Appât, puis dans le remarquable Capitaine Conan, et enfin dans le touchant Ça commence aujourd'hui.
Philippe Torreton reçut les suprêmes récompenses la même année, un césar pour Capitaine Conan et un Molière pour Les Fourberies de Scapin.

En 1999, Philippe Torreton claque la porte du Français. Et ce fut la prestigieuse cour d'honneur du palais des Papes d'Avignon, avec Henri IV de Shakespeare, dans une mise en scène de Jean-Louis Benoît, pièce reprise ensuite à la Cartoucherie, au théâtre de l'Aquarium. Aujourd'hui, le voilà pour la première fois sur une scène de théâtre privé, dans une mise en scène d'un auteur contemporain. Et là son talent éclate encore. Fan je l'étais, fan je le reste.


Anne-Marie ÉTIENNE

Ma première rencontre avec Anne-Marie Étienne fut médiatique, même si cela resta discret. C'était en 1989, elle avait réalisé son premier film, Un été après l'autre. Tout le monde parlait de l'interprétation étonnante et bouleversante de son actrice principale. Anne-Marie Étienne avait su voir en l'exubérante Annie Cordy autre chose que « Tata Yoyo ».

Notre première vraie rencontre eut lieu en 1995 au théâtre du Lucernaire, où elle interprétait, avec Fabrice Eberhard, une pièce qu'elle avait écrite, Cette nuit ou jamais, et que Pascal Légitimus avait mis en scène.
Je dois avouer que j'étais fort jalouse. Comment ! Torreton avait une femme ! Il me fallait bien reconnaître que cet homme avait vraiment toutes les chances, car Anne-Marie Étienne est une femme remarquable. Elle possède cette rare faculté d'écoute, un sens de l'humour très fin, le sens des valeurs...
Nous retrouvions tout cela dans sa seconde pièce, Une mesure d'avance, qui fut jouée en 1996 au théâtre Saint-Georges avec Maria Pacôme dans le rôle principal. Sa nouvelle pièce, On ne refait pas l'avenir, dont elle signe la mise en scène, lui ressemble encore plus. Entre ses deux dernières pièces, elle a réalisé un autre film, Tôt ou tard, avec pour acteur principal Philippe Torreton. Elle nous prépare une nouvelle pièce pour la saison prochaine, Il s'appelait Harry.



La pièce :
« ON NE REFAIT PAS L'AVENIR »

Xavier rentre un soir chez lui et trouve, vautré sur son canapé, un inconnu vêtu de blanc (Pierre Cassignard), qui se présente comme étant son « ange gardien ». Il est là pour l'aider à prendre la vie du bon côté. Car Xavier va droit à la catastrophe. Éditeur de renom, il n'a plus d'exigences littéraires mais « fait des coups » commerciaux. Il a une fiancée (Carole Richert), mais l'aime-t-il vraiment ? Ses amis (Anne Loiret et Serge Maillat), les respecte-t-il ? Bref, Xavier est un type comme tant d'autres, qui vit dans le paraître, court après le temps, bouscule les sentiments...

Anne-Marie Étienne ne nous fait pas de leçon de morale, ce n'est pas son genre. Elle nous parle de notre quotidien, de nos travers, de nos abnégations, de nos joies, de nos peines. On se retrouve dans ses personnages. Et si ce n'est pas nous, ce sera notre voisin.
Portrait par Marie-Céline Nivière
Paru le 15/11/2000

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