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D.R.


Laurent Serrano
“La Cagnotte” au TOP
En mettant en scène au Théâtre de l'Ouest Parisien (TOP) "La Cagnotte" d'Eugène Labiche, Laurent Serrano mêle son goût de l'absurde à celui d'un maître du vaudeville.
Quel genre de théâtre vous attire particulièrement ?

La comédie. J'ai toujours tendance à tirer les choses vers l'humour. Je crois beaucoup à ce conseil de Brecht à l'un de ses assistants : "Mets de l'humour là où tu peux", l'humour est un vecteur. Avec La Cagnotte, c'est la première fois que je monte un spectacle
exempt de tout arrière-plan politique ou social. Je mets en scène cette comédie juste pour mon plaisir. Quand je l'ai lue, j'ai immédiatement pensé à un groupe de comédiens qui m'enthousiasmaient. Avec l'aide de Benoît Urbain, un compositeur avec lequel je travaille depuis plusieurs années, nous avons remplacé les couplets musicaux de Labiche par de véritables chansons, ce qui en fait une sorte de comédie musicale.

Comment exploitez-vous le pouvoir comique de la pièce ?

Je ne me pose pas la question de ce qui sera drôle ou pas. Pour une fois, j'ai imaginé ma mise en scène avec, pour point de départ, la scénographie. En fait, je ne voulais pas cadrer les choses en amont des répétitions. Le spectacle s'est construit au fur et à mesure du travail avec les acteurs, en prenant en compte les propositions de chacun. Cette pièce est une mécanique géniale, une construction folle, parfaite, impressionnante dans son accumulation de détails, de quiproquos. Rien n'est laissé au hasard. Et notre objectif était de la porter le plus loin possible dans le délire, aux limites de l'improbable. Ici, les comédiens sont masqués, ils portent des cagoules sur lesquelles sont fixés des prothèses, des postiches. Cela a augmenté la dimension grotesque des personnages et a apporté une certaine démesure à la pièce. J'ai essayé de ne pas rester
prisonnier des codes du vaudeville et des didascalies très précises de Labiche, je les ai donc ignorés afin d'avoir plus de liberté et tenter ainsi de
dépoussiérer ce genre théâtral.

Quel regard portez-vous sur le théâtre de Labiche ?

Je ne suis pas particulièrement un fan de Labiche, mais je considère La Cagnotte comme un bijou de cruauté drolatique, c'est plus que du vaudeville, on est proche du théâtre de l'absurde. Labiche a une façon diabolique de maltraiter ses personnages en les mettant implacablement, scène après scène, dans des situations terribles et loufoques. Et cela pour notre plus grand bonheur. Si je devais résumer La Cagnotte, je dirais que c'est Laurel et Hardy dans un film de Fritz Lang.
Interview par François Varlin
Paru le 04/05/2005

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