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D.R.


Daniel-Jean Colloredo
Amour et compassion
Après avoir joué un père homophobe aux côtés de Jean-Edouard Lipa dans "Le Talon d'Achille", Daniel-Jean Colloredo est à l'affiche du nouveau spectacle de Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé, "Love! Valour! Compassion!", de Terrence McNally, au théâtre de la Porte Saint-Martin.
Il y incarne avec humour, émotion et tendresse, le personnage de Dany, un costumier homosexuel en phase terminale du sida.
Quel est le sujet de cette pièce ?

C'est une bande de copains homos qui se retrouvent un été lors de trois week-ends. L'action a été transposée en France, dans le Lubéron, dans la propriété d'un des personnages - un chorégraphe d'une cinquantaine d'années. Ce dernier est en train de monter un spectacle pour un gala de bienfaisance en faveur de la lutte contre le sida et veut faire participer ses amis les plus chers à une version du Lac des cygnes, en tutus, diadèmes et plumes ! Nous avons une piscine sur scène, des transats, des arbres, un cyclo avec des cieux différents qui donnent une
atmosphère de fin de journée, de fin de vie...

Vous reprenez le rôle interprété au cinéma par Jason Alexander...

C'est un personnage merveilleux qui théâtralise tout : sa vie, ses amours, ses peines, car il est malade, en phase terminale du sida. Il a peur, il est seul, il aime ses amis. Il a la passion du théâtre et de la comédie musicale. Il n'est pas artiste mais a besoin de sublimer sa vie pour oublier que la fin est proche. Il est à la fois attachant et insupportable, grotesque et terriblement émouvant. Il est aussi caustique et lance à ses amis quelques piques. Il n'est pas méchant mais amer, car il a un amour immense de la vie.
Jason Alexander est un personnage rond, fantasque, ubuesque et en même temps terrien. Je ne dis pas que je suis un clown, mais ce sont les personnages que j'aime jouer !

Avez-vous été fidèle à l'œuvre de Terrence McNally ?

Jean Dalric et Jacques Collard se sont attachés à la traduction. Ils en sont très proches et ont veillé à ne pas faire de contresens puisqu'en France et aux États-Unis, le jeu n'est pas tout à fait le même. Les Américains sont des gens qui parlent beaucoup, en tout sens, de choses extrêmement superficielles pour arriver à des choses essentielles, profondes. La pièce américaine est très longue. La nôtre dure une heure cinquante. Nous avons condensé. L'écriture de Terrence McNally est extraordinaire : tout est juste. Elle est à la fois poétique - avec des envolées lyriques - et crue. On passe du rire au drame.

Ne craignez-vous pas que l'on taxe ce spectacle de pièce "gay" ?

Cette pièce n'est ni politique, ni revendicatrice, ni ghetto. C'est simplement une histoire d'hommes. Certains sont en couple et s'aiment, se déchirent, se séparent. On ne peut pas affirmer qu'il s'agisse d'un spectacle tout public, mais en même temps, il parle de choses essentielles : la vie, la mort, l'amour, la peur, le doute, les années qui passent. Et ces thèmes sont universels.
Interview par Alain Bugnard
Paru le 28/03/2005

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