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D.R.


Sotha et Philippe Manesse
Directeurs du Café de la Gare
Fondé en 1971, le Café de la Gare, installé
en plein Marais, a accueilli plusieurs "sociétaires" illustres tels que Miou-Miou ou Patrick Dewaere. L'esprit du lieu veut qu'ici les comédiens soient tous patrons, mais il en faut bien un pour "présider" à ses destinées. Rencontre avec Philippe Manesse, pilier de la première heure...
Comment définir la mentalité des "sociétaires" du Café de la Gare ?

Philippe Manesse : Nous maintenons un rapport direct avec le public, mais surtout nous ne basons pas nos pièces sur le vedettariat. Personne n'est devenu connu alors qu'il était au Café de la Gare, et ici tout le monde est payé de la même façon. Nous sommes tous sur un pied d'égalité. Le succès personnel est toujours arrivé plus tard. Coluche a vraiment démarré à partir du moment où Paul Lederman s'est occupé de lui.

Vous dirigez le Café de la Gare depuis 1997. Comment vont les affaires ?

En ce moment, on ne se débrouille pas mal, J'aime beaucoup ce que vous faites est un vrai succès, mais il y a quelques mois, nous avons dû arrêter La Partenaire de l'inspecteur Murdock : nous perdions 200 euros par soir. Comme tous les théâtres, nous manquons de médiatisation. Nous n'avons jamais rempli
seulement sur notre nom.

Qu'est-ce qui a vraiment changé depuis cette époque ?

Le politiquement correct. On ne pourrait plus dire aujourd'hui ce qu'on disait il y a trente ans sans se faire taxer de raciste comme Dieudonné. Nous devons bien réfléchir à ce que nous écrivons : s'il n'y a qu'une seule réplique vulgaire dans une pièce, il y a des chances pour que tout le monde considère la pièce comme vulgaire.

Quels sont vos meilleurs souvenirs d'acteur ?

Nous défendons un jeu très naturaliste et le boulot d'improvisation est très important. Je me souviens de créations d'impros avec Henri Guybet pour la pièce Roger, Roger et Roger : on en avait rajouté 40 % au texte original. Je monte des spectacles d'abord pour être dedans et m'amuser. Et le public nous suit, il nous donne des indications : nous sommes très en phase.

Combien de personnes travaillent avec vous ?

Nous sommes une dizaine de permanents. Et je considère Henri Guybet comme l'un des nôtres, même s'il n'est pas là souvent. Je ne jouerais pas comme ça si je ne l'avais pas connu, mais c'est aussi une affaire de famille : je dirige le Café de la Gare avec Sotha, mon ex qui est aussi une des fondatrices et l'auteure de plus de la moitié des pièces qui se sont jouées ici. Nous travaillons très souvent avec nos enfants Jérémy et Timothée, avec Philippe Rony, le compagnon de Sotha, et leur fille Manon.

Comment élaborez-vous votre programmation ?

Tout le monde veut passer au Café de la Gare, alors nous devons faire des choix. Mais nous réservons les lundi et mardi pour des coups de cœur. Je l'ai fait pour Maïwenn et je le fais en ce moment pour Trinidad.

Comment vous sentez-vous aujourd'hui ?

Je suis heureux, je joue et je paye mes dettes et j'aimerais bien un jour écrire une pièce sur la religion.
Interview par Frédéric Maurice
Paru le 09/05/2005

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