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D.R.


Eudes Labrusse
Il monte au Théâtre 13 Le Collier de perles du gouverneur Li-Qing, une fable dont il est l’auteur.
Dans son jeune âge, Eudes Labrusse montait des spectacles de marionnettes pour ses frères. Issu d'une famille où le spectacle tient la part belle, il était presque naturel que cet agrégé de lettres finisse par écrire pour le théâtre. Directeur de compagnie à Mantes-la-Jolie, il se met aussi au service des jeunes et des scolaires pour lesquels il organise des ateliers avec d'autres comédiens, un travail pédagogique de fond très suivi.
De la banlieue jusqu'à la Chine

C'est donc dans cette banlieue mantaise qu'il crée sa dernière pièce, il y a deux ans. Une pièce sur l'identité, la féminité, les rapports hommes-femmes, qui n'a pas laissé indifférent dans ces quartiers où ces sujets sont très sensibles. Après deux ans de tournée, Le Collier de perles du gouverneur Li-Qing vient à Paris sur la scène du Théâtre 13. Une intrigue qui se passe dans l'empire du Milieu où pour échapper à un mariage forcé, une jeune femme s'enfuit, se travestit, gravit les marches du pouvoir et devient intendant de sa province. Pour Eudes, c'est "une réflexion, une interrogation sur l'identité sexuelle qui aurait pu se passer dans un pays du Maghreb, ou ailleurs... Cette distance, permet une certaine universalité, mais c'est aussi un prétexte agréable pour écrire avec des sonorités chinoises, des noms, des proverbes ; un jeu poétique. Cela se passe quelque part, un jour, sur la Route de la soie. On ne sait pas très bien où ni quand". Une forme littéraire, la fable, qui n'est pas un genre théâtral à la base. Mais Eudes Labrusse a voulu que soit soulignée, en manière de clin d'œil, sa volonté de raconter une histoire, tout simplement. Avec un début et une fin, là où le théâtre contemporain a souvent peur de raconter.

Entre narration et dialogues

Eudes Labrusse a, dans son écriture, choisi de faire un aller-retour entre narration et dialogues. Le spectateur peut ainsi pénétrer la pensée des personnages, mais s'en détacher aussi. "Cela donne quelque chose d'assez étrange, dans le registre de l'émotion", souligne-t-il. Pour sa mise en scène, il a voulu travailler avec Jérôme Imard, un comédien, afin de bénéficier de son regard extérieur sur le texte en le portant à la scène. La Chine, le décor et la musique en jouent un peu, les comédiens et les costumes en revanche ne sont pas chinois. Un pianiste vient compléter la distribution de quatre protagonistes, comme une cinquième voix. Ils évoluent dans un espace précis où ils contournent, traversent un large cercle de bois. Une proposition scénique intéressante. Un spectacle pour tous, jeunes, adolescents, adultes. Un voyage.
Portrait par François Varlin
Paru le 15/01/2005

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