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D.R.


Thomas Le Douarec passe à la danse
“Du théâtre et de la danse, il n’y a pas de dissonance, les pas s’accordent.”
Ce metteur en scène passe de Corneille à Obaldia avec aisance, accordant ses pas avec le succès.
À partir du 20 janvier au Trévise, il envoie valser les textes et entre dans la danse avec "Sentires", un ballet contemporain de danse flamenca.
La danse et le théâtre forment deux familles bien distinctes. Il est donc rare de voir un metteur en scène de théâtre se risquer à passer de l'une à l'autre. "J'ai toujours aimé la danse, il y a en a toujours eu dans mes spectacles." Il a attrapé le virus quand il était contrôleur au Théâtre de la Ville, véritable antre de la danse contemporaine. "Je n'ai jamais connu ces émotions au théâtre. Ma sensibilité de spectateur fut très marquée par ce que je découvrais, le langage du corps. Avec le théâtre - fait avant tout de mots -, c'est le cerveau qui reçoit les premières émotions. Avec la danse et la musique, point de références cérébrales, c'est l'âme qui reçoit en premier." C'est par Le Cid que Thomas Le Douarec rencontre le flamenco. "Je voulais faire un Cid andalou, retrouver les racines de la pièce." Du coup, il file à Séville chercher un groupe flamenco et finit par le trouver à Roubaix ! Le danseur est un jeune gitan, El Cuélé. Le Douarec est subjugué par l'état de transe dans lequel ce danseur entre à chaque spectacle. Mais on n'enferme pas la spontanéité et l'improvisation dans un spectacle formaté. L'oiseau rare quitte la cage du Cid et il faut le remplacer. Après de nombreuses auditions, allant de déception en découragement, Thomas Le Douarec trouve une nouvelle perle rare, Raquel Gomez. Elle a une formation de comédienne et de danseuse. Pendant trois ans, travestie en homme, elle charmera le public du Cid par sa grâce et son talent. C'est en assistant à un spectacle de Raquel Gomez et de Macarena Vergara, que naît l'idée de monter un ballet contemporain de danse flamenca.

Sentires est une vision féminine de la danse qui montre un "flamenco sous influence". L'origine de cette forme artistique prend ces racines bien loin de l'Espagne et s'est ensuite promenée suivant les pérégrinations des gens du voyage. Le spectacle est découpé en quatre tableaux : flamenco tzigane, flamenco iranien, flamenco latino-américain et flamenco classique espagnol. Quatre formes, quatre femmes, Maria Inès Sadras, Karine Gonzalez, Macarena Vergara et Raquel Gomez. Elles sont les danseuses et les chorégraphes. Thomas Le Douarec forme le lien par une scénographie et une mise en lumières, mettant à leur service son amour de la danse. En Avignon, le public a réservé à Sentires un accueil chaleureux. "On a refusé du monde tous les jours. Les gens étaient debout à la fin.
C'était extraordinaire à voir." Beaucoup venant sur son nom, pensaient assister à une pièce. "Ils sortaient
enchantés par ce qu'ils avaient découvert."
Thomas Le Douarec s'est investi plus que tout dans ce spectacle, se transformant en producteur.
Portrait par Marie-Céline Nivière
Paru le 28/02/2005

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