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D.R.


Ce qu’aime Judith Magre…
“Aimer être regardé, c’est le propre des acteurs.”
Judith Magre est à l'affiche du Théâtre du Rond Point dans "Dieu est un steward de bonne composition", aux côtés de Michel Aumont et de Claude Brasseur. Mise en scène par un ami, Jean-Michel Ribes, elle y est heureuse.
"Jamais je n'aurais pensé être actrice, j'étais introvertie, très coincée, capable de violence..." La femme qui vient de parler est une grande dame du théâtre français. C'est Judith Magre. Depuis elle s'est bien rattrapée. Et la vie de théâtre lui plaît : "J'aime entrer dans un théâtre, en sentir l'odeur, retrouver ma loge, être avec les copains acteurs - on se retrouve enfantin. Je m'y sens chez moi." Sur une scène, elle donne toute sa mesure. Royale, magistrale, théâtrale, elle est une voix, une présence, l'élégance.
"Sur le plateau, je suis un vampire, je pompe l'énergie de tous ces gens qui me regardent. J'adore avoir dans ma loge toutes les couleurs possibles et dessiner sur ma tête avec mes petits pinceaux ce que je faisais sur mes cahiers d'écolière. Pour me rendre plus intéressante. Je me dis que ça peut marcher ! Abracadabra !, faire en sorte qu'un certain nombre de personnes se laisse prendre."

Accoucher d'un rôle

Dès l'instant où elle vous ouvre sa porte, elle vous saisit par son sourire, son regard qui vient se planter dans vos yeux pour ne plus vous lâcher. Lorsqu'elle parle, Judith Magre captive, démontre, raconte, passionne. Elle aime sa vie de comédienne : "On se sent bien quand on joue. En scène, on est toujours soi-même, mais dans des conditions que la vie ne vous offre pas ; on est capable de tas de choses que l'on ne ferait pas." Elle aime aussi les répétitions. "J'aime lorsque l'on travaille à la table, que l'on voit la maquette du décor, la rencontre avec la costumière, que tout se met en place. En répétitions, on est toujours dans un état de fragilité, c'est dur d'accoucher d'un rôle, mais c'est superbe en même temps. Il y a toujours un moment où l'on craque, où l'on veut tout foutre en l'air, se mettre à pleurer." Elle éclate de rire à chaque instant, se justifiant : "Je suis une dépressive gaie ! J'aime bien rigoler."

Coup de foudre

Judith Magre ne fait pas son numéro, ne se regarde pas vivre. Faire la diva, elle ne comprend même pas ce que cela signifie. "Je ne pense pas au passé, je ne pense pas au futur et je pense très peu au présent." Instinctive, elle se trompe rarement dans ses choix : "J'ai toujours fonctionné au coup de foudre, savoir dès la première seconde que quelque chose se passe, en amour comme en amitié !" En revanche, elle aime être regardée, "c'est le propre des acteurs", elle aime au théâtre les éclairages, et, dans la vie, les hommes qui la remarquent. Cela évite de perdre son temps avec les autres ! Enfin, Judith Magre c'est Judith Magre. Pour la saisir, il faut peut-être la séduire.
Portrait par François Varlin
Paru le 15/01/2005

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