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D.R.


Le grand retour de Farid Chopel
Après dix longues années d'absence d'une nuit noire au cours de laquelle il a sombré dans l'alcoolisme, Farid Chopel est enfin de retour avec un nouveau spectacle "Le Pont du milieu". Pour notre plus grande joie, c'est le même homme que nous retrouvons. Avec la complicité de la metteuse
en scène Brigitte Morel et sur la scène du Rive-Gauche, Farid a choisi de retracer son parcours avec humour, dérision et émotion.
Parlez-nous de vos retrouvailles avec la scène et le public !
Ça s'est fait petit à petit. Au début, je doutais. Avant, quand j'écrivais un spectacle, je ne me posais pas de questions et ça fonctionnait. Finalement, le public a tout de suite accroché. Pour la première, j'étais raide comme un bout de bois ! Mais la souplesse qui m'a toujours caractérisé m'est vite revenue. C'est un bonheur de retrouver la scène, car il n'y a que ça que je sache faire !

C'est donc un spectacle entièrement biographique ?
Absolument. Pendant toutes mes années d'absence, je cherchais en vain une idée de spectacle. Je suis retombé sur des vidéos d'un spectacle d'improvisation que j'avais donné à l'Espace Kiron, il y a vingt ans et dont le thème était Mes
Mémoires. J'ai donc décidé de raconter mon parcours, de prendre des périodes, des tranches de vie par ordre chronologique jusqu'à aujourd'hui et c'est un argument pour rire. L'émotion qui s'en dégage, je ne l'avais pas préméditée, elle est sortie toute seule.

Vous avez visiblement choisi de ne pas évoquer vos dix années de dérive...
J'y fais juste allusion à la fin sur le mode tragi-comique. Ça ne m'intéressait pas de m'appesantir là-dessus. Je n'avais pas envie qu'on dise : "Le pauvre, il a vécu des périodes dures !" Je voulais surtout parler de ma longue et merveilleuse enfance, de la famille lorraine de mon beau-père qui m'a accueilli à bras ouverts en pleine guerre d'Algérie !

"La gloire ne saurait être
qu'un deuil éclatant du bonheur", écrivait Madame de Staël. Ça vous parle ?
Complètement ! J'ai eu beaucoup de chance dans le métier. J'ai commencé dans la rue, puis je me suis retrouvé dans une salle à Bordeaux où j'ai cassé la baraque ! À partir de là, les succès se sont enchaînés. Ça ne m'a pas tourné la tête pour autant ! Ce qui m'a été fatal, c'est le plaisir ! Je voulais nager dans le plaisir. C'était d'abord le plaisir de la scène que je prolongeais par de longues sorties en boîte où j'ai pris l'habitude de boire, beaucoup. Puis j'ai fini par passer mes journées à boire. Du coup, je ne travaillais plus, je me suis retrouvé sans appart, sans compte en banque. J'avais atteint un tel degré d'alcoolisme que j'ai failli mourir plusieurs fois. Alors que tout le monde me croyait perdu, je suis allé voir un psychanalyste qui m'a remis sur pied. Il m'a permis de me retrouver et donc de retrouver la scène, ma véritable maison !
Interview par Alain Bugnard
Paru le 18/01/2005

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