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Fr berthon


Gilles Bouillon
La joie de mettre en scène
Gilles Bouillon est un homme comblé. Directeur de centre dramatique à Bourges puis à Tours, il y dirige depuis un an le Nouvel Olympia, salle entièrement neuve dont s'est dotée la ville. Metteur en scène d'opéra et de théâtre, il présente à Paris au Théâtre Artistic-Athévains sa dernière création : "Léonce et Lena" de Büchner.
Les attentes du public de province sont-elles différentes de celles du public parisien ?
Oui. Le public de Tours voit quantité de spectacles, il est fin connaisseur et n'a pas d'a priori sur celui qui signe une mise en scène. Il aime ou pas. À Paris, le public est moins aisé à définir ; il n'est pas plus difficile à surprendre, mais veut voir une proposition de mise en scène. Peut-être se déplace-t-il plus sur des noms d'acteurs, alors qu'en province, il se déplace sur le titre de la pièce.

Quelles sont les spécificités qui séparent mise en scène d'une pièce et mise en scène d'un opéra ?
À l'opéra, les temps de répétition sont très courts. Dès les premiers jours, les rôles chantés sont forcément sus. Une sorte de compétition s'installe entre les artistes. Ils chantent bien ou pas, juste ou non. Répéter, penser en musique, est jubilatoire. La psychologie est différente de celle des acteurs, les temps d'accouchement ne sont pas les mêmes. On ne prépare pas autant les choses au théâtre. Je ne pourrais plus me passer de l'un ou de l'autre.

Quelles sont les raisons qui vous poussent à réaliser une mise en scène ?
Je veux une relation avec le public, jouer devant des salles pleines. Cela compte beaucoup. Je vais vers des textes que je connais, que je repère. Pour Léonce et Lena, je voulais un texte permettant de profiter de l'élan et de la superficie du plateau de notre nouvelle salle de Tours, où la pièce est créée, une nouvelle traduction venait d'être faite, et je savais quel serait mon comédien : Quentin Baillot, formidable Léonce. On ne peut pas se dire "je vais monter Hamlet" par exemple, et chercher ensuite celui qui jouera le rôle. Il faut avoir en premier lieu le comédien. Ce qui me motive c'est le désir, et ces raisons participent du désir.


Quels sont les partis pris de votre mise en scène ?
C'est une comédie. On y sent à la fois la fantaisie et le conte de fées. C'est aussi une fable
politique sur le pouvoir, une critique très intelligente du romantisme et de l'idéalisme. Büchner est un virtuose, un voleur incroyable : il fabrique son œuvre à partir de différents éléments pris de part et d'autre. Il faut restituer cela sans écraser l'œuvre. Les scènes sont courtes et changent de lieu sans arrêt. L'ampleur ou la masse des décors ne doit pas tuer le propos. Je veux restituer le texte comme une œuvre contemporaine sur la désinvolture, la paresse, le manque de repères sociaux et idéaux... C'est une espèce d'immense territoire très contemporain, post-moderne.
Interview par François Varlin
Paru le 15/11/2004

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