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P.Potier


Smaïn
“Rebelote” : le bon jeu de Smaïn !
Après être passé par le cinéma, la production et la mise en scène, Smaïn retrouve ses premières amours dans un one-man-show qui déménage. Les lumières époustouflantes de Gérard Pullicino forment un écrin très music-hall pour ses personnages de père au foyer, de guide touristique, de magicien et même de chanteur.
Comment vous sentez-vous depuis que ça a commencé ?
Smaïn : J'ai débuté il y a seulement une semaine. Pour l'instant je m'estime à seulement 60 % de mes capacités, il faut que ce spectacle prenne le temps de bien se huiler avant de monter en puissance. Chaque soir, j'invente de nouvelles choses et si elles
fonctionnent je les intègre aux représentations suivantes.

Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour remonter sur scène ?
Je voulais m'essayer ailleurs. Je voulais faire du cinéma avec plus ou moins de succès. C'est d'ailleurs pour ça qu'au début du spectacle, j'avoue que j'ai grossi, mais j'admets aussi que ce n'est rien à côté de mon bide au cinéma. Mais j'ai décidé de revenir à ce que j'aime le plus et ce qui m'a construit. Je suis plus heureux sur scène.

Combien de temps avez-vous mis pour écrire ce spectacle ? Est-ce que vous aviez des idées qui traînaient dans un coin et qui restaient inexploitées ?
J'ai mis un an à l'écrire et c'est vrai que j'avais des sketches qui étaient enfouis depuis longtemps. C'est notamment le cas de Mohammed Benzawak, le serveur arabe raciste, mais qui s'en défend parce qu'il habite à Villejuif (dans ce sketch, il estime que la seule manière pour les jeunes étrangers de passer en 5e, c'est de voler une voiture de sport).

Vos sketches sont-ils le fruit de vos observations et de vos expériences ?
Parfois. C'est le cas du psy (il estime que le prix de la consultation n'est pas en rapport avec les résultats, ainsi, pour lui, PSY signifie Paye, Sors et Yahla !). J'ai aussi beaucoup observé la télé-réalité qui a donné HLM Live Story. J'ai également vécu l'expérience de la fille qui me connaît, mais dont je ne me souviens plus du tout ; elle m'a inspiré la chanson T'es qui pétasse ?

C'est nouveau pour vous de vous mettre à chanter ?
En tout cas, je voulais un spectacle plus "music-hall". C'est d'ailleurs dans ce sens que nous avons travaillé avec Gérard Pullicino, Alain Bernard au clavier, et avec Thierry Martin, qui a fait des shows de magie. Il m'a permis de mettre en place le sketch de l'illusionniste.

Quels sont les personnages que vous trouvez les plus attachants ?
J'ai beaucoup d'affection pour le père au foyer un peu perdu (il y incarne un papa désemparé devant une jeunesse qui le dépasse, avec un fils qui s'offre des téléphones portables de 100 g à 600 euros). "Ça fait cher le kilo !"

Pourquoi estimiez-vous nécessaire de parler de racisme dans votre spectacle ?
Je parle surtout de xénophobie, de la haine de l'autre en général, tout simplement parce que c'est un problème auquel nous sommes toujours confrontés. En même temps, je voulais en
parler de manière différente
notamment avec mon serveur arabe et raciste.

Mais au fait, pourquoi ce spectacle s'appelle-t-il "Rebelote" ? Parce que c'est un coup de poker de revenir sur scène après dix ans d'absence ?
C'est parce que dans ce mot génial, que j'ai tout de suite déposé, il y a quatre mots : Belote, Rebelote, Rebelle et Rebeu.
Interview par Frédéric Maurice
Paru le 15/11/2004

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