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D.R.


Danse Sing
Sophye Nolet, une Québécoise à Paris !
À la tête de "Danse Sing", une jeune femme toute simple qui fait déjà figure de phénomène sur les rives du Saint-Laurent. Danseuse, chanteuse, chorégraphe, metteuse en scène, productrice..., Sophye Nolet semble douée de tous les talents, dont celui d'avoir conquis les États-Unis. Son spectacle musical "100 % made in Québec", s'installe aux Folies-Bergère. Rencontre déjeunatoire...
C'est le jour le plus long. Rendez-vous a été pris bien avant le début du spectacle afin d'éviter la frénésie d'un planning automnal surchargé. L'artiste québécoise est de passage à Paris. Nous voilà en route pour un restaurant très "théâtre" du 2e arrondissement. Jean-Claude Auclair, son producteur français, ainsi que sa fille de 10 ans (qui participait au spectacle à Montréal), nous accompagnent. À l'entrée de la salle, Charlotte de Turckheim déjeune avec Jean-Claude Brialy. Saluts de part et d'autre. Sophye Nolet, cordiale, suit le mouvement des bonjours, ne sachant pourtant pas de qui il s'agit. On l'informe, lui précise qu'à la rentrée, le one-woman-show de la comédienne aura lieu dans le théâtre du comédien. Nous nous installons, consultons le menu, commandons. L'ambiance est décontractée, joyeuse, même. C'est le premier jour de l'été.

Entrée : Mousse de sourires

Ma première impression à son sujet ? Tout simplement la sympathie. Sophye Nolet dégage une forme de naturel souriant, d'amabilité sans chichis. Un sourire ne coûte rien..., vous connaissez la suite. La jeune femme semble avoir fait sien ce principe. Et je ne parle pas des attitudes surgelées que servent parfois certains poseurs. Dès la première poignée de main, le premier toast porté, le doute n'est plus permis : chez elle, il s'agit bien de sourires frais et de première qualité. Elle me confie sa joie d'être à Paris, de monter son spectacle aux Folies-Bergère, lieu pour elle "plus important que n'importe quel endroit sur Broadway". "C'est vraiment une salle mythique, qui m'a toujours fait rêver", ajoute-t-elle, enthousiaste, "je m'étais promis, qu'un jour, je danserais là". Toujours est le terme adéquat quand on sait que Sophye Nolet a fait ses premiers pas de danseuse à l'âge de 3 ans. "J'ai pris des cours de danse, de théâtre, de chant... J'ai très vite compris que si je voulais vivre de ma passion, il fallait pratiquer plusieurs disciplines." Semi-professionnelle dès 12 ans, ses parents lui demandent cependant "d'apprendre un vrai métier, au cas où...". Elle poursuit donc ses études et prévoit de devenir vétérinaire si le monde artistique ne veut pas d'elle. Mais il n'en sera rien. Ses désirs s'affirment et ses dons se confirment. Pour gagner son indépendance, elle "tâte de différents jobs", dont celui de mannequin. Eh oui, en plus, c'est une belle fille !

Plat : Femme d'affaires sur son lit de rêveuse

S'apercevant assez vite que les opportunités d'exercer sa passion du music-hall au Québec sont ténues, Sophye Nolet prend son destin en main et fonde sa maison de production. Elle n'a que 18 ans. "Ce qui m'a beaucoup servi et qui me sert encore, tous les matins quand je me lève, c'est de croire en mes rêves. Toute ma vie, j'ai travaillé dur pour qu'ils deviennent réalité. Monter ma société de production m'a permis de mettre toutes les chances de mon côté. C'était soit ça, soit m'exiler aux États-Unis, à Toronto ou en Europe. Car, à l'époque, aucun producteur ne voulait prendre le risque de financer ce genre de spectacles au Québec. Danse Sing a été une grande première." Créé au Casino de Montréal en 1998, son show remplit le Capitol de Québec en 1999, avant de conquérir l'étranger. En quelques années, elle prouve à ses concitoyens que music-hall ne rime pas seulement avec Broadway ou Las Vegas.
"J'ai toujours été 50 % artiste, 50 % femme d'affaires", avoue-t-elle avec légèreté, soucieuse de ne pas sembler se prendre au sérieux. "Je crois que ces deux facettes étaient vraiment nécessaires pour arriver là où je voulais arriver. Mais je ne me suis jamais forcée pour effectuer les tâches administratives. D'une certaine façon, je trouve ça aussi très intéressant." Créative mais rigoureuse, rêveuse mais efficace, Sophye Nolet est sujette à un vrai dédoublement de personnalité ! Sans arrêt au four et au moulin, elle a un œil sur tout. "Ce qui m'emballe le plus dans mon métier, c'est d'avoir des idées, imaginer des histoires, des spectacles, des mises en scène et de mettre tout ça sur pied. J'aime fourrer mon nez partout, comprendre comment les choses fonctionnent ! Car j'ai besoin d'être au courant de tout ce qui se passe pour me sentir vraiment enrobée par mes
spectacles."

Dessert :
Parfait de musiques aux chorégraphies

Quand lui est venue l'idée de créer Danse Sing, Sophye Nolet a tout de suite pensé rendre hommage à son grand-père maternel, musicien qui gagnait sa vie dans les cabarets de Montréal. "Je me suis laissée emporter et inspirer par lui, par sa carrière. C'est pour ça que le spectacle commence en 1930. Je me suis amusée à imaginer ce à quoi ces années-là pouvaient ressembler." Construit autour de différents tableaux reprenant les grands succès internationaux des années 1930 à nos jours, Danse Sing est une immersion totale dans le monde de la musique et de la danse. "Ce que je voulais, c'est créer un show de pur divertissement, grâce auquel les gens pourraient revivre leurs souvenirs. Tout est raconté en chansons, en musiques, en chorégraphies, en costumes, en décors... J'ai tenu à ce que le rythme soit très dynamique, à ce que les tableaux s'enchaînent assez rapidement. En fait, il est rare que l'on chante une chanson vraiment au complet. On se permet souvent de faire un panel de titres sous forme de medleys. D'ailleurs, aux Folies-Bergère, le spectacle débutera par une sorte d'éventail de chansons françaises, pour vraiment mettre le public dans l'ambiance."

Près de deux heures ont passé depuis le début de notre déjeuner. Nous sortons du restaurant. Elle continue de me parler de Danse Sing, de sa troupe, de sa mère, de son frère, de son père qui font aussi partie de l'équipe. Quelques pas encore, puis le moment est venu de nous quitter. "Nous nous voyons en novembre, alors !", lance-t-elle en me disant au revoir. Elle me fait un dernier signe de la main avant de changer de trottoir. La rue s'abandonnait à une très belle lumière, souhaitant ainsi la bienvenue à notre visiteuse d'outre-Atlantique. C'était l'été.
Portrait par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 20/11/2004

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