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Catherine Alcover
D.R.


La Déposition
Entre polar et hymne à l’amour
"Qu'est-ce qui a poussé Léna Fulvi à tuer sa mère... ?" Voilà la question à laquelle tente de répondre l'inspecteur chargé de l'enquête. Mise en scène par Pierre-Alain Leleu au Sudden Théâtre, cette pièce d'Hélène Pedneault conduit ses deux protagonistes au-delà des apparences. Catherine Alcover et Olivier Pajot animent ce face-à-face et se confient à nous.
Catherine Alcover :
"Sous des apparences parfois dures, Léna Fulvi
est une femme pétrie de sensibilité"

Elle a eu un véritable coup de foudre pour cette pièce et s'est longtemps battue pour la monter. Dans la peau d'une femme matricide, Catherine Alcover avoue se sentir étonnamment proche de son personnage...

Voilà près de dix ans que vous tentez de monter cette pièce. C'est une véritable histoire d'amour.
Oui. Une histoire d'amour qui a eu beaucoup de mal à s'officialiser ! En fait, dès que je l'ai lue, j'ai adoré cette pièce. Mais j'ai dû attendre dix ans pour en obtenir les droits. À ce moment-là, je l'ai créée dans le cadre du festival que j'organise chaque année dans ma grange de Piquemil, dans le Lot-et-Garonne. Et je suis folle de joie de la reprendre aujourd'hui !

Qu'est-ce qui vous a immédiatement plu dans ce texte ?
Qu'une femme ait tué sa mère ! (rires) Moi-même, je crois que quelquefois, j'aurais bien aimé le faire ! J'ai tout de suite eu l'impression d'entrer dans cette pièce, comme si elle avait été presque écrite pour moi, à partir de mon histoire. Par exemple, Léna Fulvi a deux sœurs qui ont des caractères assez proches des deux miennes. Et puis, l'écriture est magnifique. Pour moi, tout passe en premier lieu par là au théâtre. Un très bon comédien ne sauve pas un mauvais texte.

Quelle est la personnalité de votre personnage ?
Sous des apparences parfois dures, Léna Fulvi est une femme pétrie de sensibilité. Je pense que je lui ressemble beaucoup. Elle se trouve en garde-à-vue et fait face à un inspecteur qui tente de révéler les motivations profondes de son acte. Elle plaide l'accident causé par la haine. Lui, soupçonne des choses bizarres dans le dossier et finit par se prendre d'affection pour elle. Il voudrait lui éviter la prison à perpétuité.

Vos grands-parents, Colonna Romano et Pierre Alcover, étaient comédiens. Est-ce que ce sont eux qui vous ont donné envie de suivre leur voie ?
Pas vraiment. Même s'il est vrai que j'ai grandi dans une atmosphère très artistique. Chez nous, c'était un décor de théâtre ! Enfant, je voyais très souvent mes grands-parents, que j'adorais. Et puis, Sarah Bernhardt était la marraine de ma mère. Mais le fait de vouloir devenir comédienne était une option tout à fait personnelle. Ni mes parents ni mes frères et sœurs n'ont d'ailleurs suivi de carrières artistiques. Moi, j'ai toujours adoré la danse, le chant, la comédie. C'est ce qui m'a donné envie, très tôt, de partir travailler aux États-Unis, où j'ai joué dans des comédies musicales, avant de revenir en France.

Vous avez été la partenaire de Bernard Blier dans "Le Nombril", de Michel Serrault dans "Knock"... Que vous ont appris ces grands comédiens ?
Qu'il faut se donner à 300 % ! Il faut toujours être au top, que l'on soit à Paris ou dans un petit bled, en tournée. Les gens viennent et l'on doit leur donner le maximum. C'est une question de respect pour soi, pour le public et pour ses partenaires, aussi. Quoi qu'il arrive, on n'a pas le droit de se laisser aller.


L'auteur :
Hélène Pedneault

Née à Jonquière, au Québec, en 1952, cette femme de lettres et d'idées s'est d'abord fait connaître comme journaliste, par ses interventions engagées à Radio-Canada et dans des magazines comme La Vie en rose, où elle signe ses "Chroniques délinquantes" de 1982 à 1987. Féministe et indépendantiste résolue, Hélène Pedneault mène ses combats sur tous les fronts de l'écriture : biographie, nouvelle, théâtre,
pamphlet, chanson, scénario, chronique, roman... "La Déposition" est sa première pièce de théâtre. Elle a été créée à Montréal en 1988 et s'est depuis jouée dans de nombreux pays (Belgique, Suisse, Italie, Allemagne, Hollande, États-Unis...).


Olivier Pajot :

"Je suis vraiment content de revenir au théâtre"

C'est au cinéma et à la télévision qu'il a le plus joué, interprétant souvent des rôles de notables pas toujours bien sous tous rapports... Quelques années après "L'Hygiène de l'assassin", Olivier Pajot se tourne de nouveau vers le théâtre, lieu d'expression qu'il souhaite actuellement privilégier.

"Un jour, j'ai réalisé que je ne voulais pas attendre d'avoir 60 ans pour me dire que j'aurais peut-être pu devenir comédien. Il fallait que je sache si j'étais vraiment fait pour ça. J'avais 35 ans." Olivier Pajot évoque son parcours avec la sérénité de celui qui a été à deux doigts de passer à côté de ses rêves, de sa vie. Car ses parents n'étaient pas du genre à laisser leur fils arrêter ses études pour partir tenter sa chance sur des planches de théâtre. Lorsqu'à 17 ans, il leur ouvre son cœur et leur confie ses véritables envies, le verdict est sans appel : c'est non. Il plie donc, et accomplit son devoir de fils de bonne famille, mais garde au fond de lui l'espoir secret d'embrasser, un jour, la carrière de comédien. "Une fois que j'ai eu prouvé que, socialement, je pouvais arriver là où l'on voulait que j'arrive, je me suis inscrit au cours Balachova où j'ai suivi l'enseignement de Véra Gregh et de Claude Aufaure durant un an, parallèlement à mon ancien travail. Je me suis ainsi retrouvé avec des élèves d'une vingtaine d'années, parmi lesquels je faisais un peu figure de doyen ! À la fin de l'année, il s'est trouvé que Sylvie Joly cherchait un partenaire pour une pièce qui s'appelait Triple Mixte. Véra Gregh a pensé à moi et m'a mis en contact avec elle." C'était en 1985, Sylvie Joly est séduite, il fait ses débuts sur la scène du théâtre Fontaine et abandonne définitivement son ancienne activité.

À la suite de Triple Mixte, il est sollicité pour de nombreux films et téléfilms, plus rarement au théâtre. "Vu l'image que l'on peut avoir de moi, on m'a souvent proposé des personnages d'avocats, de médecins... Bien sûr, si ce ne sont que des rôles de fonction, ce n'est pas spécialement intéressant. Mais si, tout à coup, il s'agit d'un médecin pervers, d'un banquier ripou..., là ça devient captivant. Car j'aime aussi jouer les pourris, les faux-culs ! Mais il faut être attentif à ne pas donner dans le cliché. J'essaie de toucher l'individu dans ses zones d'ombre, de révéler le personnage dans des aspects qui ne sont pas évidents. C'est d'ailleurs ce qui m'a intéressé dans La Déposition. Cet inspecteur n'est pas du tout une caricature de flic. Ce qui se passe entre les deux personnages est humainement très fort et fait surgir beaucoup de choses souterraines. C'est vraiment une très belle relation qui se noue entre elle et lui."

Si Olivier Pajot rêvait de devenir comédien, c'était tout simplement pour créer et partir à sa propre découverte. Aujourd'hui, son but est atteint, mais il lui reste cependant un regret : celui de ne pas assez jouer sur scène. "Je suis vraiment content de revenir au théâtre. Je crois que c'est là que l'on touche au plus près de la création. Parce que l'on travaille dans la durée. Au cinéma et à la télévision, tout est plus morcelé. Au théâtre, les répétitions ont beaucoup d'importance, on construit les choses jour après jour, on élabore, on peaufine... Plus j'avance, plus je réalise que c'est vers ces émotions-là que j'ai envie d'aller."
Dossier par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 27/09/2004

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