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D.R.


The Great Zoltan
Ange ou sorcier au Vingtième Théâtre
Après sa création au Festival d'Avignon en 2003, Gérard Majax présente aujourd'hui "The Great Zoltan" au public parisien. Plus qu'une suite de numéros d'illusion, il s'agit d'une véritable pièce de théâtre qui, à travers la vie du magicien Zoltan, dénonce la dérive de certains prestidigitateurs vers l'obscurantisme. La cerise sur le gâteau ? Jean-Claude Dreyfus, baguette de metteur en scène en main, insuffle au spectacle son humour et son sens du baroque.
Gérard Majax :
"Un magicien doit avant tout être un bon comédien"

"Y'a un truc", "Putpocket", "Abracadabra"...
Ses nombreuses émissions de radio et de télévision, ainsi que ses shows à travers le monde, ont fait de Gérard Majax l'un des illusionnistes français les plus populaires. Il revient aujourd'hui avec nous sur son parcours et nous parle de "The Great Zoltan".

Sur la scène du Vingtième Théâtre

"The Great Zoltan, c'est à la fois du théâtre et de l'illusion. Mais les éléments du spectacle sont tous très liés, c'est-à-dire que les tours de magie, les effets visuels, ont une relation étroite avec l'histoire qui est racontée. Et puis, l'humour est omniprésent, car je voulais avant tout que The Great Zoltan soit drôle. Je tiens tout de même à préciser que ce spectacle est déconseillé aux enfants de moins de 10 ans, car les allusions
culturelles et la forme d'humour employées ne peuvent pas les toucher. Évidemment, les enfants de 7 ou 8 ans considérés comme des graines de génie par leurs parents sont les bienvenus ! Mais ce que je ne souhaite pas, c'est qu'il y ait des petits de 4 ou 5 ans qui viennent pour voir des lapins sortir d'un chapeau. Je crois qu'ils ne comprendraient pas et seraient déçus."
De retour sur scène, Gérard Majax retrace la vie rocambolesque de Zoltan, artiste du monde magique traditionnel qui décide de se tourner vers l'univers dangereux de la sorcellerie et des sectes. "Zoltan représente un peu les risques de ce métier. Car certains magiciens peuvent être parfois tentés de profiter de la crédulité des gens en prétendant posséder de réels dons paranormaux." Numéros de magie, démonstrations parapsychologiques mystérieuses, scènes et anecdotes humoristiques, Gérard Majax a créé un spectacle drôle et riche qui lui donne une fois de plus l'occasion d'attirer l'attention des spectateurs sur les dangers de certains manipulateurs. "J'admets tout à fait que certaines personnes, qui croient sincèrement qu'il existe des phénomènes surnaturels, fassent des expériences et des études dans ce domaine-là. En revanche, ce qui me dérange, ce sont les gens malhonnêtes qui utilisent des trucs que je connais pour faire croire à un public qu'ils possèdent de véritables pouvoirs. Je ne supporte pas ça."

"J'aurais voulu être psychologue"

Né à Nice, arrivé à Paris à l'âge de 5 ans, Gérard Majax se passionne très tôt pour la prestidigitation. Tout d'abord à travers les aventures de Mandrak le Magicien, qu'il découvre, eh oui, dans Mickey Magazine ! Puis un jour, il casse sa tirelire et achète un tour de magie à un camelot de la Porte de Clignancourt. "J'avais 12 ans, ça m'a vraiment donné le virus. Quelques années plus tard, parallèlement à mes études, j'ai commencé à faire des numéros dans des cabarets et des restaurants-spectacles parisiens. Mais c'était pour gagner ma vie et aider mes parents qui ne roulaient vraiment pas sur l'or... À l'époque, je ne pensais pas du tout à en faire mon métier. D'ailleurs, j'ai suivi l'École Normale pour être instituteur, et je me suis même inscrit à l'Institut de Psychologie de la Sorbonne. Je voulais devenir psychologue."
Abracadabra : la vie en a voulu autrement ! De spectacles en spectacles (notamment en première partie de Poiret et Serrault), il rencontre Eddy Barclay qui le prend sous son aile, persuadé qu'il doit devenir artiste. Gérard Majax finit cependant ses études et ce n'est que lorsque Bruno Coquatrix et Johnny Stark lui proposent d'intégrer la troupe du "Music-Hall de France" pour une tournée internationale, en 1970, qu'il range ses diplômes dans un tiroir et opte définitivement pour la carrière de magicien. "C'était vraiment un spectacle magnifique, qui durait près de deux heures trente ! On était une troupe de 90 artistes avec, entre autres, Mireille Mathieu, Michel Delpech, le Grand Orchestre de Paul Mauriat, les Ballets d'Arthur Plaschaert... On a voyagé dans toute l'Europe et, ensuite, aux États-Unis."

La magie à la télévision

À son retour en France, il imagine des principes d'émissions de télévision sur la magie. Nombre de producteurs refusent jusqu'à ce qu'Armand Jamot lui octroie un quart d'heure avant le journal télévisé d'Antenne 2, en 1976. Y'a un truc est né : le succès est immédiat. Gérard Majax devient une vedette et enchaîne, d'année en année, divers concepts télévisuels. "J'ai très vite compris qu'un magicien ne pouvait vraiment exister, atteindre une certaine dimension, qu'en passant à la télévision. Pour cela, j'ai construit mes tours autour du principe de temps forts et de temps faibles, ce qui permet de faire des gros plans. Traditionnellement, les illusionnistes s'appuient sur des techniques visant à capter l'attention du public sur la main droite pendant que la main gauche déclenche un mécanisme, fait quelque chose. Mais cette technique-là ne permet pas de faire des gros plans sur les mains et n'est donc pas envisageable à la télévision."

L'art de la manipulation

"La magie est l'une des rares activités artistiques qui parviennent à toucher des personnes de tous les âges et de tous les milieux. Chacun y trouve son compte. Selon moi, un magicien doit avant tout être un bon comédien, savoir créer une ambiance, une mise en scène, se servir de l'humour... En soi, La technique ce n'est pas grand-chose. Le plus important, c'est vraiment l'habillage. Il faut concevoir un véritable spectacle autour des numéros de magie. Selon l'artiste qui l'exécutera, le même tour sera merveilleux ou ennuyeux à mourir !"
Contrairement à certains illusionnistes, Gérard Majax n'a pas eu de maître magicien. C'est seul qu'il a trouvé son propre style et construit son univers, faisant fi des grosses machineries pour privilégier l'art de la manipulation. "Si j'étais né dans une famille ayant de l'argent, j'aurais peut-être tout de suite acheté des boîtes truquées. Mais ce n'était pas le cas, j'ai donc dû, dès le départ, me débrouiller avec de petits moyens. C'est ce qui m'a donné le goût de la manipulation, même pour des grandes scènes, puisque j'ai travaillé dans des salles de 15 000 personnes en Chine ou en Russie. Je n'ai jamais voulu créer des spectacles avec de gros appareils : car ça, ce n'est vraiment pas mon truc !"


Jean-Claude Dreyfus :

"Je suis opportuniste de bons projets"

L'univers de la magie ne lui est pas inconnu. C'est en effet comme illusionniste que Jean-Claude Dreyfus a fait ses débuts. En mettant en scène "The Great Zoltan", le comédien revient à ses premières amours.

Pourquoi, avez-vous décidé, un jour, d'arrêter la magie pour devenir comédien ?
En pratiquant l'illusion, je me suis rendu compte que ce que j'aimais, en fait, c'était beaucoup plus assister à un numéro qu'être moi-même sur scène en tant que magicien. Ce qui m'a toujours plu dans la magie, c'est de me retrouver comme un enfant, émerveillé, ne pas comprendre, ne pas déceler les trucs utilisés. J'ai réalisé, après presque dix ans de pratique, que je n'étais pas vraiment fait pour ça. J'ai donc fini par me diriger vers une autre sorte d'illusion : celle du jeu d'acteur.

"The Great Zoltan" est donc, pour vous, une sorte de "madeleine de Proust"...
Oui, si vous voulez ! Je n'ai jamais cessé d'aimer la magie. Et c'est aujourd'hui un grand plaisir de travailler avec Gérard Majax, qui est un grand manipulateur d'objets, mais pas un manipulateur de publics ! La morale de ce spectacle, c'est finalement qu'avec du travail, la magie est à la portée de tout le monde et qu'il faut se méfier de la parapsychologie.

Quel a été le "cœur" de votre travail de metteur en scène ?
J'ai essayé de créer une harmonie générale, une continuité ludique liant tous les éléments du spectacle. Ceci, évidemment, en apportant à The Great Zoltan un peu de mon univers, en le teintant d'une couleur un peu baroque.

Vous avez pour projet de monter une deuxième pièce, cette année. Est-ce la naissance d'une nouvelle carrière ?
Non, je ne crois pas. Je suis simplement opportuniste de bons projets. Quand on me propose quelque chose qui me plaît, je le fais. C'est aussi simple que cela. Mais je n'ai aucune velléité d'être un metteur en scène. Ce n'est pas mon métier. Je suis plutôt un acteur qui travaille avec d'autres acteurs. Et puis, je dois dire que ce que l'on me propose actuellement en tant que comédien ne me convient pas toujours. C'est parfois difficile de trouver des rôles qui vous plaisent complètement, pour lesquels vous ressentez un vrai coup de cœur, comme ça a été le cas, par exemple, pour L'Acheteur, de Serge Gisquière, que j'espère reprendre prochainement.
Dossier par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 09/09/2004

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