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D.R.


Philippe Avron
ou comment se libérer du malheur du monde
Formé à l'école de Lecoq, du T.N.P. et des cabarets, Philippe Avron est un brillant artisan du métier. Depuis quelques années, il est passé à l'écriture et nous offre des petits bijoux bien ciselés. Les deux derniers, "Je suis un saumon" et "Le Fantôme de Shakespeare", furent couronnés par un Molière. Il revient avec "Rire fragile" au théâtre du Ranelagh.
Il a gardé une silhouette de jeune homme et un sourire éclatant de l'enfance. Le thème de son nouveau spectacle lui sied à merveille. Le rire est pour lui un excellent moyen de communication. "Tout ne me fait pas rire dans la vie, mais j'ai envie de rire avec tout le monde." Il considère qu'il n'a pas eu de véritable relation humaine tant qu'il n'a pas ri avec la personne. C'est un homme d'écoute, d'observation. Il est attentif à ce qui se passe autour de lui. Ce sont dans ces choses de la vie qu'il puise son inspiration. Ses rapports avec les gens passent souvent par le rire. Il cite Nietzsche : "Rire, c'est se libérer du malheur du monde." Or "tout le monde n'a pas le don de faire rire. C'est difficile. En revanche, le don de gaieté est plus facile". Avron prend l'exemple du marché où la gaieté est aussi colorée que les étalages. "C'est joyeux un marché ! Ça blague, s'interpelle, créant une atmosphère." Cette gaieté n'est pas uniquement un système de vente, mais une manière de rendre tout plus facile. "Il y a beaucoup d'humanité dans le rire, pas dans la cruauté." Je souligne qu'il existe l'humour noir. "Bien sûr, il y a des rires sadiques. Moi ce qui me frappe, c'est le rire humain."

Le spectacle débute par une visite de quartier. Il nomme cela faire l'abeille. On rencontre le boucher, la boulangère, le papetier... Il butine, fait son miel de tous ces petits bavardages. Dans la seconde partie, nous retrouvons ce cher professeur de philosophie. Personnage déjà présent dans le Shakespeare. Ce sont les élèves qui font la classe. Cette partie s'achève par le cours d'un grand maître du rire, Raymond Devos. La dernière partie est une invitation au voyage, avec Bartabas "le dalaï-lama des équidés". C'est un voyage humain dans le monde du rire.

Avron construit ses spectacles avec le public, dans des villes laboratoires, comme Bruxelles, Niort... "Au commencement, c'était une conférence, puis je suis passé aux personnages, à l'occupation de l'espace et c'est devenu du théâtre." Il éprouve une grande tendresse et un profond respect à l'égard de ces gens qui "viennent pour ce phénomène qu'est le théâtre". Le public le lui rend bien en répondant présent à tous ses spectacles.

Ses dates
1960-1964 : Il est au T.N.P. dirigé par Jean Vilar. En même temps, écume les cabarets en duo avec Claude Evrard * 1964 : "L'Idiot" à l'Atelier, mis en scène André Barsacq, grand prix de la critique * 1968 : "La Tempête" de Shakespeare, mise en scène Peter Brook * 1971 : "Quentin Durward", série télé de Gilles Grangier * 1977 : "Hamlet" de Shakespeare, mise en scène Benno Besson * 1980 : Rôle de Sganarelle dans "Dom Juan" de Molière, mise en scène de Planchon. "Pierrot d'Asnières" * 1994 : "Ma cour d'honneur" * 1998 : "Je suis un saumon" * 2002 : "Le Fantôme de Shakespeare".
Portrait par Marie-Céline Nivière
Paru le 15/09/2004

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